Le textile «Made in Algeria» veut s’internationaliser. Des démarches sont déjà entreprises par la société Holding Textiles et Cuirs GETEX pour nouer des partenariats avec des marques internationales actives dans le domaine de la fabrication locale de vêtements et de chaussures. Une démarche qui s’inscrit dans les efforts du groupe public pour le renforcement de sa position sur le marché national, régional et international.
Par Hakim O.
C’est ce que le président-directeur général du groupe, Toufik Berkani, a déclaré à l’APS, précisant que des opérations de prospection et de négociation avec de grandes marques et des opérateurs internationaux dans le secteur du textile, de l’habillement et des produits en cuir sont déjà lancées.
En effet, le groupe public, en pleine renaissance, ambitionne de conclure des contrats de fabrication en sous‑traitance, selon les normes internationales, permettant aux unités de production nationale de s’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales du textile, du prêt‑à‑porter et du cuir.
Cette démarche s’inscrit ainsi en droite ligne avec les efforts des pouvoirs publics visant à développer la filière du textile, notamment à travers de grands partenariats industriels, à l’instar de celui conclu il y a quelques années entre GETEX et TAYAL.
En effet, l’État, à travers cette nouvelle politique, vise à bâtir un écosystème industriel intégré, fondé sur des compétences nationales qualifiées, capables d’opérer un saut qualitatif dans ce domaine, de renforcer la compétitivité du produit local et de promouvoir le label «Made in Algeria».
«Ces partenariats contribueront également à consolider la position du groupe public aux niveaux local, régional et international, ainsi qu’à garantir des parts de marché supplémentaires, notamment sur le continent africain, à travers l’élargissement des exportations du produit national», a ajouté M. Berkani.
Le responsable a, par ailleurs, mis en avant l’adoption, par le Holding GETEX, d’une approche orientée vers l’ouverture sur les marchés extérieurs, à travers une participation régulière aux manifestations économiques et foires internationales, notamment en Afrique, telles que celles organisées en Mauritanie, au Tchad, au Sénégal et en Tunisie.
En plus des partenariats, GETEX a tracé un plan d’action ambitieux pour l’année 2026 reposant essentiellement sur la relance et l’exploitation des unités industrielles non exploitées et leur orientation vers des spécialités à valeur ajoutée, le renforcement et la modernisation de l’outil de production, à travers le parachèvement des projets de réhabilitation, de renouveau industriel et d’acquisition d’équipements modernes.
Renforcer l’intégration industrielle
L’investissement dans la production de la matière première est également au centre des intérêts du groupe. D’ailleurs, un projet est en cours d’étude pour la création d’une unité de production de fibres et de fils industriels en polyester.
D’une capacité de 20 000 tonnes/an, dira le même responsable, ce projet permettra de renforcer l’intégration industrielle et de réduire la dépendance à l’importation, et ce, en sus des projets de production de textiles non‑tissés destinés au secteur médical, de tissus éponge, ainsi que l’élargissement des unités de fabrication de chaussures et de produits en cuir.
Il est à rappeler que le groupe public Textiles et Cuirs GETEX a réalisé « un rebond qualitatif » dans le chiffre d’affaires l’année dernière, soit plus de 20 milliards de DA, avec une hausse de plus de 60 % par rapport à 2021, et une augmentation de plus de 20 % entre 2024 et 2025. Cela confirme l’entrée du groupe dans un processus ascendant durable.
Cette croissance est le fruit de la nouvelle politique portée par la société holding, axée sur l’augmentation de la production tout en l’adaptant aux besoins des ménages et le renforcement de la visibilité de ses produits sur le marché national.
Des efforts ont été en effet consentis en matière d’expansion du réseau commercial et de promotion de la production nationale, à travers l’ouverture de nouveaux points à Adrar, Tlemcen et Alger, ainsi que dans d’autres wilayas prochainement.
À travers cette stratégie, GETEX, qui emploie près de 8 000 travailleurs, ambitionne de consolider la présence de ses marques sur le marché national et de contribuer au développement du secteur textile et de l’habillement en Algérie.
En renforçant sa présence commerciale et en participant aux événements économiques nationaux, le groupe confirme sa volonté de contribuer au développement des industries textile et du cuir en Algérie et de soutenir la diversification de l’économie nationale, notamment à travers la promotion des exportations hors hydrocarbures.
H. O.
Vers l’ouverture de 7 nouvelles usines
Le groupe public Textile et Cuir GETEX a lancé un programme d’investissement qui vise l’ouverture de sept nouvelles usines au niveau national et la création de plus de 1 000 nouveaux emplois, notamment dans le Sud, au courant de 2026, a fait savoir le PDG de la société holding. Précisant que ce plan d’investissement s’inscrit dans une démarche de diversification de produits et de développement de nouvelles collections qui répondent aux exigences du marché national, Toufik Berkani a annoncé, à ce titre, qu’une infrastructure a été affectée dans la wilaya d’Adrar pour la création d’une nouvelle unité de couture.
Si le coût total de l’investissement et la capacité des nouvelles unités n’ont pas encore été révélés, l’intervenant avait souligné à la presse que ces nouvelles unités seront implantées dans les wilayas d’Adrar, Oran, Blida, Relizane, Bejaïa, Sétif ou encore Tizi Ouzou. En effet, cet investissement s’inscrit dans le cadre de la stratégie du groupe GETEX qui souhaite augmenter sa part de marché à 20 % en Algérie, contre 5 % actuellement. Ces différents projets d’investissement devraient également permettre au groupe d’améliorer ses performances dans l’industrie locale.
D’autre part, le groupe œuvre à soutenir la transition numérique et la modernisation des systèmes de gestion au niveau de ses unités et filiales avec l’intégration des technologies modernes, notamment la numérisation et l’intelligence artificielle à différentes phases de production et de gestion, ce qui contribuera à augmenter la production, à améliorer la qualité et à réduire les coûts. Le groupe public s’appuie, pour ce faire, sur une expertise cumulée et reconnue dans les domaines du textile, du cuir et de l’industrie des chaussures, avec une main‑d’œuvre qualifiée ayant acquis ses compétences à travers des années de pratique, et bénéficié de programmes de formation au profit des cadres et des techniciens, en vue d’accompagner les transformations technologiques et d’améliorer la performance de la production.
Par ailleurs, le responsable a annoncé l’organisation de la 2ᵉ édition du défilé de mode, en juin prochain, dans le but de mettre en relief les capacités de l’industrie nationale et de lancer une nouvelle marque commerciale destinée au marché de consommation. Le groupe GETEX supervise un portefeuille qui comprend cinq entreprises industrielles et une filiale spécialisée dans la commercialisation, avec un total de 40 unités de production dans 20 wilayas et un réseau commercial qui compte 56 magasins répartis sur le territoire national.
H. O.







