Tout s’achemine à la montée en puissance de l’industrie sidérurgique algérienne : mise en production du méga gisement de Gara Djebilet, usines de traitement de ce minerai, achèvement en septembre prochain de la partie laminés à froid de l’usine d’acier plat du complexe sidérurgique de Bethioua ainsi que de nouveaux projets d’investissements étrangers.
Par Khaled Remouche
La nouvelle usine d’acier de l’entreprise chinoise Jindong à M’sila, qui connaît un taux d’avancement des travaux de 60 pour cent selon l’AAPI, va renforcer le tissu industriel de la filière sidérurgique assez dense en Algérie et augmenter les exportations d’acier du pays. Cette usine comptera deux unités.
La première unité entrera en production durant la première phase de construction de l’installation industrielle avec une capacité de production de 200.000 tonnes de feuilles d’acier, en un mot un type de tôles destiné au BTP.
La seconde, d’une capacité de 300.000 tonnes annuellement, produira des tubes en acier. L’AAPI indique que 50% de la production de cette aciérie est destinée à l’exportation.
Cette annonce intervient dans un contexte de dynamique de l’industrie sidérurgique marqué par deux évènements majeurs : en premier la mise en production du gisement de Gara Djebilet qui produira 20 millions de tonnes annuellement de minerai de fer à moyen terme et 40 millions de tonnes annuellement en 2040.
Cette mise en service conjuguée au lancement prévu des usines de traitement de ce minerai renforce l’attractivité du marché sidérurgique algérien.
Le second évènement est la réception par le complexe sidérurgique de Bethioua de Tosyali Algérie de la première livraison de minerai de fer de Gara Djebilet qui symbolise la faisabilité de ce processus d’intégration plus poussé de la production d’acier.
Déjà fortement intégré, disons l’un des plus intégrés en Afrique, du minerai de fer, aux boulettes, aux billettes, aux produits des laminoirs : rond à béton, fil machine, tôles en acier plat (laminés à chaud, laminés à froid), tubes en acier, tout sera produit en Algérie, renforçant la compétitivité du marché algérien des produits sidérurgiques.
Le développement du complexe de Bethioua, la mise en production du gisement de Gara Djebilet et l’usine d’acier de Jindong sont emblématiques de cette effervescence dans le marché sidérurgique algérien.
Tout sera produit en Algérie, du minerai de fer, aux produits des laminoirs.
Avec l’achèvement de l’usine d’acier partie laminés à froid en septembre prochain destinée notamment à l’industrie automobile, le complexe de Bethioua aura une capacité de production de 8 millions de tonnes/an d’acier.
Durant ces premiers mois de 2026, Tosyali a déjà exporté des tôles d’acier plat vers l’Italie pour 16 millions de dollars et a conclu des contrats d’exportation de ce type d’acier vers les Etats-Unis, la Turquie et la Tunisie.
Tosyali s’est fixé l’objectif d’exporter pour 1 milliard de dollars en 2026 et 2 milliards de dollars en 2027, pour peu que les obstacles à la vente de ses produits sur le marché européen soient levés.
Concernant le complexe sidérurgique d’AQS, il est prévu qu’il passe à la seconde phase et produise 4 millions de tonnes d’acier par an au lieu de 2 millions de tonnes annuellement. Il est également programmé que le complexe d’El Hadjar sorte de sa torpeur et augmente sa production d’acier qui peine à atteindre les 700.000 tonnes/an.
Il ne faut pas oublier que ce tissu industriel dans cette filière se complète avec plusieurs laminoirs en production tel que celui de Lamoa à Oran, un autre à Annaba, et de l’usine de tubes de l’ETRHB à Bethioua devant être récupérée par l’Etat.
Il faut également rappeler que le complexe de Bethioua compte une usine de tubes d’acier destinée aux grands ouvrages hydrauliques et aux projets de pipelines de Sonatrach. Une activité moins médiatisée est la récupération de déchets ferreux.
L’entreprise publique de récupération et une société rattachée à Lamoa récupèrent actuellement de grandes quantités de déchets qui entrent dans la composition de l’acier. Elles alimentent les complexes sidérurgiques en Algérie.
La dernière société récupère 1 million de tonnes de déchets ferreux par an. Reste à parachever tout ce tissu par des usines d’aciers spéciaux et de production de rails. Un projet chinois a été annoncé à Béchar pour fabriquer ce dernier produit.
K. R.







