Outre ses progrès dans la réduction du torchage du gaz, Sonatrach a lancé un programme de réalisation de centrales photovoltaïques ainsi que celui portant plantation de 450 millions d’arbres. Des projets pilotes sont mis en œuvre dans le domaine de la production d’hydrogène vert dans la perspective de devenir un acteur majeur dans ce marché.
Par Khaled Remouche
Dans sa stratégie climat, lit-on dans un document de Sonatrach, figure en premier lieu son engagement pour réduire l’impact de ses activités sur le climat. Cela se décline en actions principalement sur la réduction de l’empreinte carbone, à savoir moins de 1% de torchage de gaz et 0 % de torchage de routine. Il s’agit aussi de réduire les émissions fugitives de méthane à travers la surveillance des fuites fugitives et la réduction de la ventilation, ainsi qu’un programme de compensation, en clair l’ambition entre 2022 et 2030 de planter 450 millions d’arbres, pour un investissement d’1 milliard de dollars.
Il convient de préciser qu’il s’agit du recouvrement des gaz torchés des gisements pétroliers et des complexes de GNL.
L’objectif de Sonatrach est de réduire les gaz à effet de serre. La Banque mondiale, qui est à l’avant-garde dans son programme mondial de réduction des gaz torchés, a reconnu les efforts de Sonatrach dans ce domaine. Elle vient de placer l’Algérie parmi les pays les plus efficaces au monde pour réduire le torchage du gaz.
Les chiffres de 2023-2024 l’attestent : 5 % de volume de gaz torché, 3 % d’intensité de torchage, deuxième plus forte réduction mondiale en 2024, une tendance maintenue deux années consécutives.
Selon l’institution financière internationale, il s’agit de la meilleure performance mondiale. Elle qualifie l’Algérie de leader mondial devant les États-Unis, l’Irak, le Canada et le Nigéria.
« Ces progrès résultent d’interventions ciblées sur les gisements stratégiques : In Amenas, Ohanet, TFT, avec de nouvelles capacités de captage et de valorisation du gaz associé.» O. Dahim, consultant, écrit à ce sujet : «Dans un monde où les émissions deviennent une barrière commerciale (taxe carbone européenne CBAM), réduire le torchage aujourd’hui, c’est protéger les exportations algériennes de demain. L’Algérie ne fait pas que produire l’énergie, elle apprend à ne plus en gaspiller.»
Sonatrach souligne, par ailleurs, que sa transition énergétique s’articule autour de trois axes : l’amélioration de l’efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables et le développement de l’hydrogène vert.
Concernant le premier axe, ses objectifs, lit-on dans le document, sont de maîtriser l’autoconsommation d’énergie, réduire le coût de production du baril de pétrole ou de la thermie de gaz, et réduire son empreinte environnementale.
En matière de transition énergétique et de contrôle des émissions de gaz à effet de serre, Sonatrach a lancé plusieurs projets, tels que le lancement en 2022 d’une centrale photovoltaïque à Bir Rbaa Nord en partenariat avec l’ENI, d’une capacité de 10 MW, et l’inauguration en 2022 d’un laboratoire spécialisé dans l’énergie solaire, «Solar Lab», en association avec cette compagnie pétrolière italienne. Son objectif est d’atteindre une capacité de 1 000 MW d’énergie solaire à l’horizon 2030.
Quant à l’hydrogène vert, elle a lancé en association avec l’allemande VNG et l’italienne Eni deux projets pilotes de production d’hydrogène vert et vise à exporter à moyen terme 1,2 million de tonnes d’hydrogène vert par an vers l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche, ce qui placerait Sonatrach comme un acteur majeur sur le marché international de l’hydrogène vert.
K. R.







