L’Algérie et l’Égypte veulent renforcer davantage leur coopération dans le domaine des hydrocarbures. Les groupes leaders des deux pays, à savoir l’algérien «Sonatrach» et l’égyptien «Petrojet», ont exprimé leur volonté pour la consolidation de leur coopération avec la réalisation de nouveaux projets pétro-gaziers, notamment en Algérie.
Par Akrem R.
Les entreprises des deux pays ambitionnent donc d’approfondir leur coopération industrielle à travers des projets de fabrication conjointe d’équipements pétroliers, permettant de réduire les coûts opérationnels et de renforcer l’intégration locale, conformément aux plans d’expansion du secteur énergétique de la région.
Néanmoins, c’est ce que la société «Petrojet» a souligné, hier, en marge de la réception d’une délégation de la compagnie nationale «Sonatrach», conduite par son Pdg, Noureddine Daoudi. Elle (Petrojet) a affiché sa volonté de renforcer la coopération au cours de la prochaine période dans la réalisation de projets stratégiques en Algérie, lit-on dans un communiqué de la société égyptienne.
La visite a eu lieu en marge de la participation de la délégation algérienne de haut niveau à la réunion du Conseil d’affaires conjoint, concomitante aux travaux de la Haute Commission mixte égypto-algérienne, ajoute la même source, précisant que la délégation de Sonatrach a visité le complexe de fabrication centralisé des composants locaux des projets de Petrojet à Katameya, ainsi que le siège principal de l’entreprise au Nouveau Caire.
Les deux parties ont étudié les possibilités de créer en Algérie un complexe industriel intégré pour la fabrication d’équipements opérationnels, un projet sur lequel Sonatrach fonde de grands espoirs pour répondre à une part importante de ses besoins croissants, dans un contexte d’expansion du développement des champs et d’accroissement des capacités opérationnelles.
Sonatrach veut s’inspirer de Petrojet
Lors de la visite, M. Noureddine Daoudi a exprimé son appréciation pour le niveau remarquable atteint par Petrojet, non seulement dans le domaine de la fabrication, mais également dans la diversification et le développement de ses activités, ainsi que dans la solidité de ses performances au cours des dernières années.
Il a ainsi exprimé un vif intérêt pour le développement, par Petrojet, d’un système industriel local intégré, placé sous la tutelle du ministère égyptien du Pétrole et des Ressources minérales. Ces acquis sont en effet considérés comme une base solide pour le projet de coopération actuellement à l’étude, portant sur la création d’un complexe conjoint de fabrication avec Petrojet en Algérie, afin de répondre aux besoins de Sonatrach en équipements spécialisés pour les opérations pétrolières et gazières, en plus des perspectives d’exportation future vers l’Afrique de l’Ouest.
En termes clairs, le groupe Sonatrach, qui s’est lancé ces dernières années dans une politique de promotion du contenu local, conformément à la nouvelle vision du gouvernement visant à la diversification de l’économie nationale, veut réduire sa facture d’importation et apporter sa contribution à cette stratégie ambitieuse. Cette politique a commencé d’ailleurs à donner ses fruits et des centaines de contrats sont désormais attribués à des PME locales.
La demande en matériels industriels et autres pièces nécessaires pour l’industrie pétrolière devrait s’accroître dans les prochaines années, d’autant plus qu’un plan d’investissement de 50 milliards de dollars est prévu pour la période 2025-2029.
Un nouvel appel d’offres international est annoncé pour le deuxième trimestre 2026, selon le président de l’Agence algérienne de valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), Samir Bakhiti.
En effet, 10 zones d’exploration seront proposées aux investisseurs étrangers. Dans une déclaration à la presse, il avait affirmé que les estimations indiquent que l’Algérie pourrait détenir les troisièmes plus grandes réserves de gaz naturel au monde.
Les deux entreprises comptent également sur ce projet industriel pour renforcer la chaîne de valeur au sein du marché algérien et soutenir les plans d’expansion des projets pétroliers et gaziers, en tirant parti de l’expérience de Petrojet, qui a récemment étendu ses activités à des projets majeurs dans plusieurs pays de la région.
La visite technique a permis de présenter les lignes de production avancées de Petrojet, couvrant un large éventail d’équipements pour les projets pétroliers. Cela a été considéré par Sonatrach comme un élément essentiel dans l’évaluation des perspectives de partenariat futur de manière concrète et réaliste.
Le projet proposé s’inscrit dans la continuité du partenariat établi depuis la signature de mémorandums d’entente entre les ministères égyptien du Pétrole et algérien des Hydrocarbures, un partenariat appelé à prendre une dimension plus stratégique dans la prochaine étape, avec l’entrée en vigueur de la production conjointe.
Expansions opérationnelles à l’international
Sonatrach œuvre actuellement à renforcer sa présence extérieure dans le cadre d’une stratégie visant à retrouver son rôle régional et international, en tirant parti du regain d’intérêt mondial pour les investissements dans les projets pétroliers et gaziers au cours des deux dernières années.
L’entreprise a repris ses activités d’exploration en Libye après un arrêt de 10 ans, en revenant sur le bloc 2/96 dans le bassin de Ghadamès, une démarche qui confirme sa volonté de poursuivre les programmes de forage suspendus depuis 2014 et de les convertir en nouvelles opportunités de production.
Selon des données consultées par la plateforme spécialisée «Ataqa», la société a repris les travaux de forage du puits A1–96/2, arrêtés auparavant à une profondeur de 8 090 pieds en raison des conditions sécuritaires, la profondeur finale prévue devant atteindre 8 440 pieds dans la période à venir.
Les milieux industriels estiment que la reprise des opérations d’exploration constitue une étape importante pour améliorer la productivité future des champs libyens, soutenant ainsi la stratégie de l’Algérie visant à renforcer sa présence extérieure, notamment dans les régions où l’entreprise possède une longue expérience opérationnelle.
Cette avancée intervient alors que Sonatrach élargit actuellement son portefeuille régional grâce à de nouveaux projets en Algérie et à l’étranger, y compris la coopération industrielle en cours de discussion avec Petrojet, qui devrait contribuer à renforcer ses capacités opérationnelles.
L’entreprise égyptienne Petrojet (Projects & Technical Consultations Company) a remporté, rappelle-t-on, l’appel d’offres pour le développement de la phase II du champ de Hassi Bir Rekaiz situé dans le bassin de Berkine en Algérie, avec un coût d’investissement dépassant un milliard de dollars, selon un communiqué publié par la société.
Le projet comprend la construction d’une station de traitement centrale d’une capacité de 31 500 barils par jour, ainsi que les installations associées, y compris 217 km de pipelines. Selon Mohamed Fouad, directeur du développement commercial de la société, Petrojet a réalisé pour le compte de Sonatrach des projets d’une valeur totale dépassant 6 milliards de dollars au cours des 20 dernières années.
Dans une interview précédente accordée à Asharq, il avait indiqué que l’entreprise s’attendait à remporter un appel d’offres pour un grand projet en Algérie, évalué à un milliard de dollars.
Petrojet opère actuellement dans 14 marchés arabes et internationaux, et la valeur de ses nouveaux contrats a atteint, jusqu’en mars dernier, environ 112 milliards de livres égyptiennes (2,32 milliards de dollars), dont près de 60 % hors d’Égypte.
Le volume total de ses activités prévues jusqu’en 2028 s’élève ainsi à 215 milliards de livres (4,46 milliards de dollars).
A.R.







