La visite du Premier ministre Sifi Ghrieb à Arzew à l’occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de la nationalisation a permis de mesurer les progrès de Sonatrach dans le développement de ses pôles pétrochimiques.
Par Khaled Remouche
Il a inspecté le projet de réalisation du complexe MTBE qui connaît un taux d’avancement élevé et qui doit être mis en service en juin 2026. Cette installation doit produire un additif pour l’essence destiné aux raffineries nationales et éviter ainsi l’importation de ce produit.
Le projet de complexe LAB à Skikda, qui doit produire la matière première pour la production de détergents et de nettoyants permettant de couvrir les besoins nationaux en ce produit et dégager des excédents à l’exportation, enregistre également un taux d’avancement important. Il pourrait être mis en service en 2026.
Le Premier ministre a également posé la première pierre de l’unité de reforming catalytique qui doit augmenter la capacité de la raffinerie d’Arzew qui sera portée à 1,2 million de tonnes par an, renforçant ainsi les capacités de raffinage du pays.
L’on attend toujours le projet de complexe de production de polypropylène, si important dans l’intégration de l’industrie nationale. Ce complexe, dont les travaux ont été lancés en 2023, doit être mis en service selon les délais contractuels en 2027.
Dans l’entretien que le PDG de Sonatrach a accordé à l’APS à l’occasion de la célébration du 55e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, le premier responsable de la compagnie nationale a indiqué, en ce sens, que des discussions sont en cours avec des partenaires étrangers pour la réalisation du complexe de production de la matière première pour l’industrie plastique ainsi que pour la réalisation du complexe de méthanol.
Il s’agit d’un effort, exigé par le chef de l’État, celui de transformer en Algérie les ressources naturelles, a relevé le PDG de Sonatrach, Nordine Daoudi, dans cet entretien.
Il s’agit de passer, ajoute-t-il, d’un modèle dominé par l’amont à un modèle intégré où la pétrochimie devient un levier stratégique de la souveraineté nationale.
Sonatrach a lancé des projets pétrochimiques de taille mondiale qui doivent réduire les importations, créer une valeur ajoutée locale et contribuer à parachever l’industrialisation du pays, comme les complexes LAB, MTBE, le complexe de polypropylène et la raffinerie de Hassi Messaoud.
Sonatrach consacrera 13% de ses investissements dans son programme de développement 2026-2030 au raffinage et à la pétrochimie, a ajouté le premier responsable de Sonatrach.
La réalisation du complexe méthanol était prévue en 2007-2008
Ce programme de développement de la pétrochimie connaît un grand retard. Si nous prenons le complexe de méthanol, il était prévu déjà en 2007-2008 et devait être réalisé en partenariat. Mais un changement de politique a conduit à un gel de projets pétrochimiques majeurs, une dizaine comme celui du polypropylène et du méthanol.
Si ces projets avaient été réalisés, l’Algérie aurait au moins réalisé une plus grande intégration de son industrie à l’instar des filières plastique, automobile, détergents et dégagé un minimum de 10 milliards de dollars d’exportation.
Le produit issu de la transformation du gaz naturel coûte dix fois plus cher à l’export
Bien auparavant, il était prévu à la fin des années 70 un programme très ambitieux de développement de la pétrochimie. Mais la dynamique des années 70 dans ce domaine a été freinée par les successeurs de feu Houari Boumediène. Résultat des courses, les projets ont été gelés pendant des décennies.
Il a fallu que le chef de l’État pendant ces dernières années insiste sur la transformation locale pour que certains de ces projets soient réactivés. Mais le contexte aujourd’hui est différent. Ces projets pétrochimiques sont très capitalistiques. Ils demandent des milliards de dollars d’investissements.
Avec 13 % des investissements dans le raffinage et la pétrochimie, on ne peut espérer rapidement parachever tout ce programme de développement de la pétrochimie. Un arbitrage entre les projets a été effectué pour choisir les plus rentables.
Mais l’urgence de l’intégration de notre industrie, de réduire la facture d’importation et d’augmenter les exportations invitent à une impulsion plus importante dans le développement de la pétrochimie en Algérie. Il faut rappeler que le produit commercialisé à partir de la transformation du gaz naturel coûte dix fois plus cher à l’exportation que cette matière brute commercialisée.
K. R.







