Les participants au premier Sommet de l’Association algérienne pour les politiques et l’économie de la santé (Sapes) ont souligné, hier, que le concept de sécurité sanitaire ne se limite plus à la gestion ponctuelle des crises mais constitue, désormais, une approche globale fondée sur une vision stratégique. Ils ont également insisté sur l’importance d’encourager la participation des professeurs-chercheurs et des doctorants aux forums scientifiques, affirmant que les réformes du système de santé s’opèrent grâce au travail des hospitalo-universitaires.
Par Lyes Fettah
Le sommet a été consacré au thème : ‘Vers une stratégie pour un système de santé plus efficace’. Les présents y ont abordé la prise en charge des maladies non transmissibles et la santé mentale, afin d’accompagner un développement durable.
Ils ont traité également des politiques nationales de lutte contre le cancer, en analysant l’expérience algérienne et celles de la région, en examinant les défis réels.
En outre, ils ont abordé la question de l’équation pharmaceutique algérienne, entre équilibre l’encouragement de la production locale et l’accès aux traitements innovants, ainsi que la mise en place d’un système de recherche et de développement capable de soutenir la souveraineté thérapeutique.
Le sommet a vu la programmation d’ateliers spécialisés abordant des questions spécifiques telles que la tarification des médicaments, les mécanismes de remboursement, la thérapie numérique et son rôle en santé mentale, ainsi que les maladies rares et les défis liés à leur prise en charge. Des thèmes interdépendants reflètant la complexité du système de santé.
Le développement du système de santé passe par des données probantes
Dr. Kamel Mansouri, président de la Sapes, a expliqué que cette rencontre marque une étape importante dans une réflexion collective et responsable sur la réalité du système de santé, dans un contexte marqué par des défis croissants, une augmentation des profils de morbidité, une évolution progressive vers la médecine de précision et une hausse des coûts.
Le rythme rapide du développement et de l’innovation, ainsi que la nécessité de choix stratégiques, doivent être en adéquation avec notre politique de santé.
Il a souligné que le développement du système de santé s’appuie sur des données scientifiques probantes, une analyse économique rigoureuse et un dialogue constructif entre tous les acteurs du secteur, notamment les experts, les instances nationales, les partenaires sociaux et les professionnels de santé.
Il a précisé que la Sapes est une association scientifique, dont l’objectif est de contribuer à l’élaboration de politiques de santé en Algérie sur des bases scientifiques solides.
Ce sommet vise à promouvoir l’équité, l’efficience et la durabilité du système de santé, à encourager la complémentarité entre les secteurs public et privé ; et la société civile, ainsi qu’à créer des espaces de discussion et de réflexion collaborative sur les enjeux prioritaires.
Ceci, est la meilleure voie pour garantir des services de santé répondant aux attentes des citoyens, selon lui.
Investir dans le capital humain
Dans le même esprit, le professeur Abderrezak Gharnaout a souligné que la construction d’un système de santé plus efficace et durable implique inévitablement d’investir dans le capital humain, de définir des programmes de formation, d’intégrer l’économie de la santé, l’évaluation et la planification dans les cursus universitaires, et de s’inspirer des expériences internationales tout en respectant les spécificités nationales.
À l’Université, nous soutenons ces initiatives et encourageons la participation des professeurs-chercheurs et des doctorants à ces espaces scientifiques, en raison de leur impact direct sur la qualité de la recherche et de la formation.
Il a, par ailleurs, expliqué qu’une véritable réforme du système de santé ne peut être réalisée sans s’appuyer sur une recherche scientifique rigoureuse et une analyse académique approfondie.
L.F.
Pr. Kamal Sanhadji, directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire : « Signature prochaine d’une convention de partenariat »
Le directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, professeur Kamal Sanhadji, a annoncé la signature prochaine d’un accord de coopération entre son organisme et la Sapes. Il s’inscrit dans le cadre de l’intégration et de la coopération entre l’Agence et les institutions académiques et de recherche, ce qui, selon lui, constitue un pilier fondamental pour atteindre la souveraineté sanitaire grâce à une coopération fondée sur une analyse scientifique rigoureuse des données économiques, sanitaires et épidémiologiques.
L.F.







