Le German Algerian Investment Summit, tenu à Alger, a réuni pendant deux jours (les 9 et 10 décembre) de nombreux responsables institutionnels, chefs d’entreprises et experts des deux pays, marquant une nouvelle étape dans la consolidation du partenariat économique algéro–allemand. Placé sous le haut patronage du ministère de l’Industrie, l’événement a constitué une plateforme majeure de dialogue, d’échange et de réflexion sur les perspectives d’investissement dans un contexte de transformations économiques globales.
Par Nadia B.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le secrétaire général du ministère de l’Industrie, Kheireddine Benaïssa, a insisté sur l’importance particulière de ce sommet, organisé à un moment où l’Algérie engage une mutation économique de fond.
Il a souligné que le pays a adopté un nouveau modèle de développement axé sur la diversification industrielle, la création de valeur et le renforcement de la compétitivité. Selon lui, l’investissement occupe désormais une place centrale dans la stratégie nationale, en tant que levier de croissance, de création d’emplois et de transition vers une économie plus durable.
L’Algérie vise en effet une transformation profonde de son tissu industriel, en s’appuyant sur une meilleure rationalisation des ressources, l’efficacité énergétique et le respect des Objectifs du développement durable.
Des réformes structurelles et amélioration du climat des affaires
Dans son intervention, M. Benaïssa a rappelé les réformes structurelles engagées par l’Algérie pour améliorer significativement le climat des affaires et renforcer l’attractivité du marché national.
Il a notamment cité la révision de la loi sur l’investissement, désormais plus flexible et transparente, la restructuration du foncier économique afin de faciliter l’accès aux terrains industriels, ainsi que la simplification des procédures administratives pour réduire les délais et lever les obstacles bureaucratiques.
Il a également souligné la volonté des autorités de promouvoir des partenariats industriels dans les secteurs stratégiques et d’accélérer la digitalisation des services publics, dans le but d’accroître la transparence, d’améliorer l’efficacité institutionnelle et de créer un environnement plus propice aux investisseurs nationaux et étrangers.
Ces avancées institutionnelles visent à faciliter l’implantation de nouveaux projets et à renforcer la confiance des investisseurs étrangers, notamment allemands.
Le secrétaire général a souligné la place privilégiée qu’occupe l’Allemagne dans les relations économiques de l’Algérie, la qualifiant de partenaire crédible disposant d’une expertise solide dans des domaines clés tels que le transfert technologique, le développement industriel, la formation et l’innovation.
Il a affirmé que l’Algérie offre aujourd’hui d’importantes opportunités d’investissement pour les entreprises allemandes, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert, des technologies propres, des industries mécaniques, électromécaniques et de précision, ainsi que dans la sous-traitance industrielle au sein des chaînes de valeur mondiales.
S’y ajoutent des perspectives prometteuses dans l’ingénierie industrielle, les matériaux, le contrôle métrologique, l’industrie chimique et la logistique intelligente, autant de domaines qui constituent des axes essentiels de la stratégie industrielle nationale.
Le rôle stratégique de l’Algérie souligné
Pour sa part, le président de la Chambre algéro-allemande de l’industrie et du commerce (AHK Algérie), El-Hadi Iskander, a insisté sur le rôle stratégique de l’Algérie dans la région. Il a affirmé que le pays représente un environnement idéal pour renforcer les partenariats bilatéraux, instaurer la confiance et explorer des opportunités économiques à forte valeur ajoutée.
La tenue de la première édition du German Algerian Investment Summit – GRACE 2025 coïncide également avec le 20ᵉ anniversaire de la création de la Chambre algéro-allemande, qui s’est imposée depuis deux décennies comme un acteur clé dans la mise en relation entre entreprises et la facilitation des investissements.
Selon M. Iskander, les deux pays aspirent désormais à ouvrir «un nouveau chapitre de coopération», appuyé sur l’innovation, la stabilité et un partenariat stratégique durable.
Durant deux jours, le sommet a rassemblé décideurs, industriels, opérateurs économiques, innovateurs et responsables institutionnels pour débattre de sujets cruciaux pour l’avenir des relations algéro-allemandes, notamment la transition énergétique ; le développement industriel, la numérisation des processus ; l’agriculture intelligente ; l’industrie pharmaceutique et la formation professionnelle et l’ingénierie des compétences.
En effet, ce sommet a pour objectif de construire un modèle de coopération capable de répondre aux défis économiques et technologiques contemporains.
Par ailleurs, plusieurs acteurs économiques présents ont souligné la nécessité de dynamiser davantage les relations économiques entre l’Algérie et l’Allemagne, notamment au regard du rapprochement politique et diplomatique significatif observé ces dernières années.
Ils ont également plaidé pour une meilleure communication autour du climat des affaires en Algérie, estimant que de nombreux investisseurs allemands s’appuient encore majoritairement sur des sources françaises parfois peu actualisées.
L’ouverture de canaux directs entre opérateurs des deux pays a été jugée indispensable afin de convertir les opportunités d’investissement en projets concrets.
Parmi les projets stratégiques évoqués figure le corridor sud de l’hydrogène, considéré comme l’un des piliers du futur partenariat énergétique entre l’Algérie et l’Europe.
Ce projet ouvrira la voie à l’exportation d’hydrogène vert produit en Algérie vers l’Allemagne et d’autres pays européens, renforçant ainsi la position de l’Algérie comme acteur incontournable de la transition énergétique régionale.
En conclusion, le sommet algéro-allemand de l’investissement s’est imposé comme une étape déterminante dans la relance et l’approfondissement des relations économiques bilatérales.
Les interventions officielles comme les discussions techniques ont mis en lumière la convergence des ambitions et la volonté partagée d’établir un partenariat solide, durable et orienté vers l’innovation. Les deux parties espèrent désormais voir émerger des projets concrets, capables de consolider un tissu industriel diversifié, compétitif et créateur de valeur pour les deux économies.
N.B.







