Pour moraliser les pratiques de son administration, Omar Rekkache a annoncé une charte de déontologie destiné aux employés de l’agence algérienne de promotion de l’investissement AAPI.
Par Khaled Remouche
L’Algérie est en pleine phase de mise en œuvre de la stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption adoptée en 2023. La convention de coopération signée entre l’AAPI et la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC), respectivement par les deux premiers responsables de ces deux institutions, Omar Rekkache et Salima Mousserati, entre dans le cadre de l’application de cette feuille de route concernant ses axes économiques.
Cet arrangement, lit-on dans le communiqué officiel, vise à renforcer la coordination entre les deux parties afin d’ancrer les principes de transparence et d’intégrité dans le domaine de l’investissement et à contribuer ainsi à la consolidation de la confiance entre l’administration et les investisseurs.
L’accord vise, en d’autres termes, à contribuer de manière significative à en finir avec la corruption dans le domaine de l’investissement, d’autant que l’AAPI jouit de larges prérogatives dans le domaine de l’approbation des projets d’investissement, leur suivi et l’attribution du foncier économique.
Cette convention conclue jeudi dernier en marge de la journée d’information organisée par les deux institutions autour des mécanismes de mise en œuvre de la stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption a pour objet également, rapporte l’APS, de mettre en place «un cadre structuré et durable à même de renforcer la coordination en matière de transparence, d’intégrité et de redevabilité (ndlr rendre des comptes) dans l’écosystème investissement».
L’accord prévoit, en outre, l’échange d’expertises entre les deux parties, le développement d’actions de suivi et la consécration d’un modèle de coopération institutionnelle contribuant à améliorer l’efficacité des politiques publiques dans le domaine de la transparence, la prévention et la lutte contre la corruption.
Ce qui veut dire que ce modèle pourrait faire tache d’huile et améliorer ainsi la coordination entre les institutions de l’État concernées. Celle-ci avait été considérée auparavant comme insuffisante.
En vertu de cette convention, «le HATPLC accompagne également l’AAPI dans la mise en œuvre de normes de conformité, et l’application des indicateurs d’évaluation adoptés, ce qui contribuera à promouvoir la culture de l’intégrité et élargir le champ des mécanismes de prévention au sein des établissements publics à portée économique et stratégiques».
Omar Rekkache, dans son intervention, a souligné, en filigrane, que cette convention entre dans le cadre des efforts visant à améliorer le climat d’investissement : «L’amélioration du climat d’investissement passe par l’ancrage de la culture de l’intégrité et la moralisation de la pratique administrative.»
Omar Rekkache : « L’amélioration du climat des affaires passe par la moralisation de la pratique administrative »
Il a ajouté que la transparence dans les procédures, la clarté des critères et l’égalité de traitement entre les investisseurs constituent des éléments essentiels pour instaurer la confiance, renforcer la crédibilité de l’administration et améliorer le climat d’investissement.
Il a rappelé à cet égard que le Président de la République a classé l’amélioration du climat des affaires comme l’une de ses priorités à travers le renforcement de la confiance des investisseurs grâce à des garanties institutionnelles, telles que la Haute commission de recours liés à l’investissement et l’adoption de la plateforme numérique de l’investissement, un mécanisme transparent de traitement de la demande de foncier économique.
Il a rappelé les mesures adoptées par son agence telles que l’étude des projets via son site électronique garantissant l’octroi de la priorité aux projets d’investissement les plus viables, la Bourse de partenariat, l’espace d’expression des intentions, l’espace de signalisation des infractions.
Il a ajouté que le processus de numérisation de son agence se poursuit ainsi que le renforcement du suivi des procédures afin de garantir l’égalité de chances entre les investisseurs.
Le premier responsable de l’agence a enfin annoncé le lancement d’une charte de déontologie destinée aux employés de l’AAPI et aux représentants des administrations et organismes publics accrédités au sein du guichet unique et en coordination avec la HATPLC.
Quant à Madame Mousserati, elle a souligné que cette convention vise notamment à renforcer les capacités des agents publics dans le domaine de la transparence, de la prévention et de la lutte contre la corruption à travers des programmes de formation et de sensibilisation.
L’AAPI jouera ainsi un rôle actif, ajoute-t-elle, dans le renforcement des principes de transparence, de probité et de redevabilité dans l’écosystème de l’investissement au service de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.
À noter que cette convention de coopération intervient dans un contexte où les pouvoirs publics effectuent de grands efforts pour que l’Algérie sorte de la liste grise du GAFI en corrigeant les insuffisances constatées dans la lutte contre le blanchiment d’argent.
K. R.







