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Services publics et économie : Les ambitions de la modernisation de l’administration

Services publics et économie : Les ambitions de la modernisation de l’administration

Un wali qui vient d’inaugurer, à l’occasion de la fête de l’Indépendance, le nouveau siège d’une commune, recommande à l’exécutif communal d’améliorer les prestations de service public de la mairie de façon à ce que le citoyen se sente, lorsqu’il s’y présente pour un quelconque service, « dans sa propre maison ».

Par Amar Naït Messaoud

Voici un idéal ou une ambition bien louables, mais qui s’inscrivent dans une logique générale d’un service public qui, visiblement, est dans un besoin pressant de « redorer son blason ».

Car, aux lourdeurs bureaucratiques anciennes, ce sont greffés des contraintes objectives en relation avec les moyens humains et matériels, le retard dans la numérisation et des problèmes de formation qui requièrent une nécessaire mise à niveau.

Pourtant, dans le domaine de la gestion communale précisément, des efforts ont été déployés par le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire en vue d’assurer, depuis une quinzaine d’années, des formations aux élus municipaux, à commencer par le premier d’entre eux, le président de l’Assemblée (P/Apc). Il en a été de même pour les secrétaires généraux des communes.

Les formations de ces différents personnels ont porté sur des thèmes très diversifiés, comme la gestion de la commune, les procédures de contractualisation (marchés publics), les problématiques du foncier, la valorisation du patrimoine foncier et immobilier de la commune, la fiscalité locale, la gestion des projets de développement,…etc.

Dans le même sillage, l’administration centrale avait ébauché un projet d’installation du système d’information géographique dans les communes devant permettre le repérage des réseaux routiers urbains (boulevards, ruelles,..), des infrastructures urbaines (bâtiments administratifs, quartiers, groupes scolaires,…) et des adresses individuelles des habitants.

Ce qui, conséquence logique, allait entraîner la normalisation de la toponymie de ces mêmes unités (réseau de dessertes et édifices). Ce projet n’a pas beaucoup évolué.

Si, par une heureuse initiative, il venait à être réactivé, il bénéficierait de l’apport du projet, lui, plus global et actuellement à l’œuvre, de la numérisation de l’administration.

Ce système global est censé aboutir à l’élaboration de cartes thématiques permettant un repérage complet des villes (bâti, infrastructures, activités commerciales, réserves foncières, espaces verts,..), y compris, comme promis depuis une vingtaines d’année, une carte des zones inondables non aedificandi.

La modernisation progressive de la gestion locale de proximité, à l’échelle « micro », celle du cheflieu de commune, est un pas vers la réforme globale de la gouvernance locale et de l’administration en générale.

Elle se fait par petites touches, graduellement, mais avec cette volonté d’y installer de l’harmonie et de la cohérence pour que l’effet synergétique et cumulatif produise son impact sur la vie des population et s’inscrive dans le cadre générale de la bonne gouvernance et du développement durable.

Double articulation : administration et champ économique

La modernisation de l’administration dans son sens global concerne aussi bien les structures administratives, représentant l’État et ses démembrements, que les établissements fournisseurs de services publics (eau, gaz, électricité, services postaux et de télécommunication, fisc, domaines, établissements financiers et bancaires,…) ainsi que les institutions élues ayant un rapport direct ou indirect avec le développement local (APC, APW).

Le secteur économique, avec ses entreprises publiques et privées, est appelé à bénéficier de la modernisation de sa gestion par un effet double. Premièrement, l’impact direct de la réforme et de la modernisation de l’administration et des établissements publics (agréments, autorisations, crédits bancaires, accès au foncier industriel ou touristique, accès aux services des télécommunication performants,…).

En second lieu, l’effet d’entrainement sur les entités économiques et commerciales elles-mêmes, qui n’auront de choix que de s’adapter à la réforme générale et aux besoins de modernisation.

La numérisation de la fiscalité, des polices d’assurance, des assurances sociales, du système bancaire, du foncier, des services domaniaux et douaniers, entraînera ipso facto la reconfiguration du champ économique, lequel développera des schémas d’adaptation au nouvel écosystème administratif.

Il y a lieu de rappeler ici qu’un projet de recensement économique, datant de 2017, avait préfiguré les contours de la modernisation de la gestion de l’administration économique du pays et la aspects de transparence que doivent revêtir les différentes entités économiques et commerciales dans leurs activités (production, transaction, échanges, circuits input/output avec élaboration de cartographie numérique).

Ce projet qui n’avait pas pu aboutir, pour différentes raisons, a été repris, avec une nouvelle conception, en 2023/2024 (en deux phases).

En tous cas, l’ancien recensement économique de 2011, est complètement dépassé et remis en cause par les changements qui ont affecté, depuis cette date, le champ économique dans ses différentes composantes : entreprises de production, entreprises de travaux, bureaux d’études, entreprises de prestation de services, entreprises commerciales (gros, demi-gros, détail, import/export).

C’est incontestablement dans sa double articulation, administration/économie, que la modernisation des services publics trouvera son point d’appui, et c’est à partir de cette vision globale qu’elle pourra élaborer les instruments de sa mise en place au profit des populations et du pays.

A. N. M.

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