À quelques semaines du mois sacré du Ramadan, le du ministère de la Santé a organisé une journée d’étude ayant pour thème « Ramadan et santé ». Cette rencontre est, à la fois, l’occasion pour le lancement officiel d’une campagne de sensibilisation aux risques sanitaires potentiels pour les personnes atteintes de maladies chroniques. Étaient présents le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé en Algérie, les dirigeants des Agences du secteur, des représentants de ministères, ainsi que des médecins, experts et spécialistes.
Par Lyes Fettah
Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire général du ministère de la Santé, M. Mohamed Talhi, a souligné que ce mois sacré est non seulement une fête religieuse et spirituelle mais aussi une opportunité annuelle de se pencher sur une question fondamentale qui concerne toute la population, à savoir, préserver sa santé durant le Ramadan.
Il a affirmé qu’une part importante de nos concitoyens atteints de maladies chroniques sont exposés à de graves risques lorsqu’ils jeûnent. Il a cité le diabète, l’hypertension, les cardiopathies, les insuffisances rénales ou respiratoires et d’autres affections chroniques.
Il a rappelé que cette démarche concerne aussi les personnes âgées, souvent atteintes de plusieurs maladies et vulnérables. Il en va de même pour les femmes enceintes ou allaitantes. Il est de notre responsabilité d’évaluer les risques pour ces personnes et de les sensibiliser, a-t-il ajouté.
Dans le même contexte, le Secrétaire général a rappelé que suivre un avis médical n’est pas contraire à la foi. Cela témoigne au contraire d’un profond respect pour la valeur de la vie, qui doit être préservée et protégée avec responsabilité. Il appelé à ce que l’engagement demeure ferme et clair renforcer les mesures de prévention, garantir l’accès aux services de santé, diffuser des informations sanitaires fiables.
Pour sa part, Pr Djamel Fourar, Directeur général de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au même ministère a lancé un appel aux citoyens modifiant excessivement leurs habitudes de vie pendant cette période, en leur rappelant que ce n’est pas un mois d’excès alimentaires.
Pour lui, cette campagne vise à informer tous les citoyens. Elle cible particulièrement les personnes atteintes de maladies chroniques pour lesquelles jeûner peut entraîner des réactions dangereuses. Nous ne disons pas qu’il ne faut pas jeûner mais qu’il impératif de consulter son médecin. Celui-ci peut déterminer les risques et attester si le patient est-il réellement capable de jeûner, tout en prenant ses médicaments.
Il a souligné que nous devons modifier notre mode de vie, en particulier la consommation excessive de sucres et de graisses pendant cette période, ainsi que le manque de sommeil.
Tous ces risques ont un impact négatif sur la santé. Il tenu à précise que cette action d’envergure nationale est mise en œuvre à travers toute les Wilayas. Les activités de sensibilisation doivent se faire avant, pendant et même après le Ramadan.
L. F.
Ramadan : Un enjeu majeur de Santé publique
Imane Amrani, pharmacienne, a fait savoir que qu’en Algérie, le jeûne du Ramadan représente un enjeu majeur de santé publique pour les personnes vivant avec le diabète.
Les données nationales multicentriques menées dans 26 wilayas montrent une augmentation significative des déséquilibres glycémiques pendant ce mois. Dans une étude algérienne menée en 2017 sur 901 patients la glycémie moyenne est passée de 162 à 197 mg/dL (p < 0,001). Les données ré- centes de 2025, sur 610 patients confirment ces tendances, a-t-elle précisé.
Pour elle, le pharmacien d’officine occupe une place centrale au vu de sa proximité et accessibilité. Il joue un rôle clé dans le repérage des patients à risque, l’éducation thérapeutique ciblée, la sécurisation des adaptations thérapeutiques et la coordination avec le médecin pour prévenir les complications aiguës pendant le Ramadan.
L. F.







