Le montant des créances impayées à la Sonelgaz, s’élève à 150 milliards de dinars en ce début 2021, selon le directeur exécutif des industries énergétiques au sein du groupe Sonelgaz, Nabil Kafi, qui intervenait, hier, mardi, sur une chaine de télévision privée. Celui-ci a tout de même souligné que Sonelgaz, étant par essence une entreprise citoyenne, «elle décidé de suspendre les coupures d’électricité en cas de non payement des factures, en raison de la crise sanitaire du Covid-19».
Par Nahida Lyna
A ce titre, le directeur exécutif de Sonelgaz a révélé qu’une campagne de sensibilisation sera lancée à partir de ce printemps, afin que le groupe puisse recouvrer ses créances accumulées auprès de ses clients domestiques, industriels et administrateurs. «Ces clients auront la possibilité de payer leurs dettes par échéancier, si le cumul des factures impayées est important », a-t-il ajouté à nos confrères.
Dans ce contexte, et même si «l’objectif de l’entreprise était d’accompagner les pouvoirs publics dans la lutte contre cette pandémie et l’amélioration de la qualité de prestations fournies aussi bien aux citoyens qu’aux entreprises industrielles et exploitations agricoles», comme l’a souligné le Pdg du groupe, Chaher Boulakhras, la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) s’est alarmée, dans son rapport 2019 sur les plans d’engagement d’amélioration de la performance des concessions de distribution de l’électricité et du gaz, quant à la situation financière du groupe Sonelgaz. Ces créances sont détenues à hauteur de 52 % par les clients institutionnels (administrations), 43 % par les privés et 5% par les industriels, selon le même rapport.
«Les difficultés financières nées de cette situation affectent, d’une part, la trésorerie de la société qui œuvre à la protection des revenus et à la pérennité de la société, et retardent, d’autre part, la concrétisation des différents projets inscrits dans les plans de développement de ses activités», lit-on dans le même communiqué, qui précise que ces retards concernent notamment les réseaux électriques et gaziers, ainsi que la modernisation des diverses prestations proposées à sa clientèle.
Cela risque donc, selon des sources à la Sonelgaz, de faire chuter les investissements prévus, et par extension, de retarder certains projets.
Pour le Pdg du groupe la situation est intenable. «Les créances de la Sonelgaz ont triplé. Nous continuons l’opération de recouvrement. Nous avons accordé beaucoup de facilités aux citoyens qui ont plusieurs factures non réglées. Il n’y a pas de coupure du courant électrique (pour défaut de non paiement des factures, NDLR) dans les zones isolées», a-t-il déclaré, lors d’une conférence de presse au siège du groupe à Alger. «Nous devons récupérer notre argent parce que Sonelgaz engage beaucoup d’investissements », a-t-il ajouté.
En octobre 2020, Chahar Boulakhras a annoncé que la Sonelgaz allait récupérer les créances auprès des industriels et des établissements publics. Ceux-ci détiennent plus de 50 % de ces créances.
Sur un autre volet, Nabil Kafi a indiqué que la crise sanitaire a aussi eu son impact sur la consommation. Selon lui, un recul de 3% a été enregistré sur la consommation énergétique des clients industriels en 2020. Cette baisse de la consommation est due essentiellement, au ralentissement des activités économique du pays.
Concernant les pertes énergétiques, le même responsable a indiqué qu’elles étaient estimées à 11% pour l’année écoulée.
S’agissant de la couverture en énergie des zones d’ombres, kafi a précisé que pas moins de 33 000 familles ont été raccordées en électricité et 100 000 en gaz, durant l’année 2020. Il a rappelé à ce propos, que 85% du programme du groupe Sonelgaz, en rapport aux zones d’ombres, a été réalisé pour l’année dernière.
N. L.






