Alors que le Brent flirte avec les 70 dollars, le Sahara Blend algérien tire son épingle du jeu dans un contexte de tensions géopolitiques et d’incertitudes économiques globales. Hier, samedi 31 janvier 2026, les marchés pétroliers ont affiché une stabilité vigilante.
En ce sens, le brut de référence algérien réputé pour sa légèreté et sa faible teneur en soufre, se négocie autour de 68,65 dollars le baril. Ainsi, et bien que légèrement inférieur au Brent (70,69 $), ce niveau de prix reste une excellente nouvelle pour les finances publiques de notre pays.
Il est à rappeler dans ce contexte que la loi de finances 2026 a été élaborée sur la base d’un prix de référence fiscal de 60 dollars. Le surplus actuel permet donc d’alimenter le Fonds de Régulation des Recettes (FRR) et de soutenir les investissements publics, tout en offrant une marge de manœuvre face à l’inflation importée.
Des équilibres globaux sous haute tension
Il est indéniable que la situation actuelle dépasse la simple cotation boursière, tant elle redessine les équilibres de l’économie mondiale.
Cela dit, le maintien des prix au-dessus de 70 dollars complique la tâche des banques centrales occidentales, sachant qu’un pétrole cher alimente les coûts de transport et d’énergie, freinant ainsi la baisse des taux d’intérêt tant attendue par les entreprises et les ménages.
Pour l’Algérie qui, en tant que membre influent de l’OPEP+, participe activement à la stratégie de régulation de l’offre, l’enjeu est de taille: maintenir les prix assez hauts pour financer les économies nationales, sans pour autant asphyxier la croissance mondiale, ce qui ferait chuter la demande à long terme.
D’autre part, il y a la menace de la surproduction qui demeure un élément primordial dont il faudra impérativement tenir compte.
En ce sens, d’ailleurs, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a averti qu’un surplus de production, notamment en provenance des Amériques, pourrait inonder le marché dès le deuxième trimestre 2026. Par conséquent, une telle situation mettrait sous pression les pays dont l’économie dépend majoritairement des hydrocarbures.
Géopolitique : Le facteur «X»
Le renforcement du dollar américain, accentué par les récentes nominations à la Réserve fédérale, pèse sur le pouvoir d’achat des pays importateurs.
Parallèlement, l’incitation de Washington à augmenter la production au Venezuela et les tensions persistantes au Moyen-Orient créent une volatilité qui empêche toute visibilité à long terme. Pour l’économie globale, le pétrole à 70 dollars est un point de bascule.
Pour les pays producteurs comme l’Algérie, c’est une phase de consolidation nécessaire. Cependant, la vigilance reste de mise: la transition énergétique et les prévisions de ralentissement de la demande chinoise pourraient rapidement modifier ces équilibres précaires d’ici la fin de l’année.
R. E.







