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Le rendement des bons du Trésor sont excellents à 7% : Un marché financier devenu très attractif

Bourse d'Alger

Les bons du Trésor offrent une rémunération bien supérieure que celle des banques. Ce qui attire les banques privées, les investisseurs et les particuliers. Mais le CPA est en train de maintenir l’attractivité du marché selon un spécialiste financier, Riadh Ouanani, sur le réseau Linkedin.

Par Khaled Remouche

Le marché financier algérien est devenu plus intéressant pour les investisseurs et les particuliers qui veulent placer leur argent. Actuellement le rendement des bons du Trésor sont excellents, analyse le spécialiste financier. Les rendements des bons du Trésor atteignent, 6,5% et 7%, soit bien davantage que la rémunération bancaire des dépôts des entreprises et des ménages.

« Les rendements des valeurs du Trésor sont vraiment excellents : 6,5 pour cent sur 7 ans et 7,90% sur 15 ans » observe l’expert financier. Ce dernier souligne que si le marché des valeurs du Trésor était réservé exclusivement aux banques publiques, on pourrait supposer que ces rendements élevés sont une forme de compensation implicite pour le rôle socioéconomique que l’Etat leur assigne. Ces banques accordent ajoute-t-il des crédits moyen long terme à 5,5% -6% soit inférieurs aux taux sans risques des obligations du Trésor 0AT.

Pour la rémunération des dépôts bancaires ou de l’épargne, les taux sont bas entre 1,5 et 3% alors que la rémunération participation aux bénéfices concernant des dépôts de produits de la finance islamique se situent entre 2,75 % et 7% selon la durée des dépôts.

Il faut savoir que la part des titres publics (obligations du Trésor, bons du Trésor) dans les bilans bancaires est de plus en plus importante. Dans son analyse des bilans des banques algériennes en 2024, l’économiste et spécialiste financier Rachid Sekak, écrit « Pour les banques publiques, la dichotomie observée entre la hausse des bilans et la relative stagnation des crédits à la clientèle s’est traduite par une présence plus marquée dans les bilans bancaires d’actifs sur l’administration (obligations, bons du Trésor, obligations assimilables).

Ceci découle du déploiement du programme spécial de refinancement qui s’est traduit par un rachat aux banques publiques en 2021 et 2022 par le Trésor des crédits syndiqués en contrepartie d’obligations à concurrence de 2599 milliards de dinars. Au total, les banques de la place en 2024 détenaient 8303 milliards de dinars en titres du Trésor (OAT, bons du Trésor) soit environ 34% du total de leurs bilans.

Les banques jouent donc un rôle important dans le financement du déficit des finances publiques : 7685 milliards de dinars sont détenus par les banques publiques et 618 milliards par les banques privées. Cette situation engendre un effet d’éviction : moins de financements accordés par les banques, aux entreprises et aux particuliers.

Mais le fait positif est que ces placements rapportent au point que les banques privées se sont orientées vers ces placements (bons du trésor et OAT) pour réaliser des gains supérieurs à la rémunération tirée des taux d’intérêt des crédits à la clientèle.

Le premier spécialiste financier relève par ailleurs que le marché des valeurs du Trésor se limite plus aux banques, d’autres agents autres que les banques et les assurances s’y intéressent. Il pointe du doigt avec pertinence un effet de ces rendements très élevés : « ces rendements élevés créent une contrainte supplémentaire pour les banques cotées en bourse comme le CPA. Pour que son action reste attractive, et offre un rendement supérieur à 7%, CPA se voit proposer de distribuer cette année un dividende de 175 dinars par action soit un taux de distribution de 72% qui est énorme ( la moyenne mondiale du pay out entre 40 et 55 %. »

Il relève cependant que la contrainte structurelle du CPA reste peut-être celle de l’évaluation de son action lors de son introduction en bourse. … Le marché a dans un premier temps validé cette évaluation puisque les titres ici actions ont trouvé preneurs au prix d’introduction.

Mais c’est le marché qui dans un second temps est en train de corriger cette valorisation ramenant le prix de l’action vers un niveau cohérent avec les fondamentaux réels de la banque et les exigences de rendement qu’impose un environnement de taux élevé.

«En tout état de cause ce que fait le CPA malgré les contraintes mérite d’être salué : maintenir l’attractivité du marché boursier et entretenir la confiance des épargnants est un effort qui va dans le bon sens.»

K. R.

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