La Confédération algérienne du patronat algérien (Capc), a organisé, hier, samedi à l’hôtel Aurassi d’Alger, la Rencontre économique de la Capc, sous le thème « La relance c’est maintenant ».
Par Zoheir Zaid
L’événement, a été articulé autour de panels : ‘’l’économie de la connaissance’’, abordant l’impératif de revoir le businesse model pour garantir l’innovation et le développement du capital humain afin de réussir le passage au digital ; ‘’le problème de la faible compétitivité des entreprises algériennes’’, qui a tenté d’identifier le remède aux facteurs naturels (énergie, main d’œuvre…), visant à conquérir les marchés extérieurs et réduire la facture d’importation.
Il y a eu aussi, trois Tables rondes : ‘’Propositions pour une inclusion gagnant-gagnant’’, ‘’la compétitivité de l’économie nationale, agir pour l’innovation et la créativité’’, ‘’les entrepreneurs et les entreprises de demain’’.
Egalement, une conférence ‘’tendances mondiales du numérique : qu’en-est il de l’Algérie’’, animée par le Président du syndicat national du numérique citoyen et Président-directeur général (P-dg) de Alpha Computers, Souheil Guessoum.
Etat-Société-Entreprise : trio salvateur
« L’Algérie est à un tournant décisif pour amorcer la construction de son avenir qui garantit la prospérité de ses citoyens et l’émancipation de son économie.
Les facteurs suivants, à titre indicatif, militent pour un sursaut rapide: l’épuisement des ressources naturelles (énergie et eau), la croissance démographique, la révolution technologique et la montée en puissance des menaces extérieures. Ces facteurs sont éminemment économiques, mais pas que; c’est pourquoi l’Algérie doit se doter d’une économie puissante pour faire face à ces enjeux. La Sécurité Energétique, la Sécurité Alimentaire et la Transformation Numérique sont les premiers défis à relever au cours des prochaines années. L’entreprise est au cœur de ces transformations et doit jouer le rôle moteur dans une démarche tripartite : Etat-Société-Entreprise. »
Telle est la problématique de la Rencontre de la Capc, animée par le président de la Capc, Mohamed Sami Agli, les Capc des wilayas d’Oran, de Tlemcen, de Tébessa, de Bechar, ainsi que des anciens ministres, Chérif Belmihoub, Abdelmadjid Attar, des consultants émérites, Youcef Benabdellah, des responsables d’organismes étatiques, dont le directeur général de la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (Dgrsdt), Hafidh Aourag, le directeur général de l’Agence nationale du développement de l’investissement (Andi), Mustapha Zikara, ainsi que les responsables d’entreprises publiques et privées.
Le Président de la Capc, Sami Agli, a tenu à indiquer que le Système judiciaire sur la longue durée, comme annoncé par le Président Abdelmadjid Tebboune, est le socle de tout développement escompté. Il a également insisté sur l’importance de la concertation entre parties prenantes dans le développement, tout en rappelant que la Capc n’a pas été associée au Code de l’investissement, contrairement à la loi de Finances 2022 à laquelle elle a pris part. Enfin, Sami Agli a indiqué l’utilité de la numérisation dans le secteur administratif, notamment.
Parallèlement aux débats, une exposition a été organisée, à laquelle ont pris part, Iris, la Chaine hôtelière du Groupe Belazzoug, les sociétés Litmad, Icosnet, Maghreb Emballage, l’Etablissement de formation Campus Strat@Innov.
Ils ont déclaré :
Boubekeur Sellami, Président de l’Association nationale des conseillers fiscaux algériens (Ancfa) : « Mettre fin à la catégorisation dans l’IRG »
«27 000 milliards de DA de pertes pour le Trésor public, est le chiffre que l’Algérie doit penser à capter, par la réforme fiscale (nos propositions datent de plus de 18 moins sans qu’il y ait une suite pratique), l’assise juridique qui ne doit se limiter à des modifications dans la loi de finances 2022, le renforcement de l’Administration par les moyens matériels et humains (25% de fuite de cadres, selon les chiffres de la Cour des comptes) et la modernisation des outils de contrôle et la formation du personnel exerçant.
Aussi, il faut cesser de suivre le régime fiscal hérité de la France. Ensuite, simplifier le régime fiscal par rapport au taux, en mettant notamment fin à la catégorisation prônée dans le système de l’Impôt sur le revenu global (IRG), et l’abattement et l’exonération en matière d’IRG dans la loi de Finances 2022, en privilégiant plutôt la diversification des taux, dont l’Impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS). En d’autres termes, donner à l’Administration fiscale son rôle souverain, car nous sommes à un déficit budgétaire de 4 000 milliards de DA. »
Abdelhamid Kerroud, Docteur en relations internationales, professeur-chercheur à l’université Alger 3 :« Impliquer nos ambassades dans le développement économique »
«La tenue de cette rencontre coïncide avec la relance que connait actuellement la diplomatie économique, traduite également par la rencontre organisée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec les ambassadeurs et les consuls. Le rôle de ces derniers demeure primordial afin d’atteindre la compétitivité escomptée sur les marchés internationaux, maghrébin, africain et méditerranéen. La solution réside dans l’adaptation des mécanismes et pratiques nationales aux standards économiques mondiaux. »
Djalal Bouabdallah, expert en Technologies de l’information et de la communication (TIC): «La digitalisation passe par le partenariat public-privé»
«Cette rencontre est une très bonne initiative, notamment lorsqu’elle aborde les leviers économiques, particulièrement dans la digitalisation surtout administrative, là où il y a un grand retard. Certes la volonté politique existe et des efforts sont consentis dans le secteur numérique, mais il faut se donner un cap et exercer selon les standards mondiaux. L’objectif de numérisation est faisable, il suffit de mettre les pré-requis, et je pense que pour cette histoire de sur-taxation, d’agréments et d’autorisation, dont parle Souheil Guessoum (président du syndicat national du numérique citoyen, NDLR), il faut l’appliquer à postériori et non à priori. Et l’opportun est de réussir l’entraide dans le cadre partenariat public-privé (PPP) et la digitalisation au niveau de toutes les chaînes de valeurs. »
Propos recueillis par Zoheir Z.