Le mois du Ramadhan est là et à cette occasion, de grandes difficultés attendent les Algériens. Particulièrement les ménages à modestes revenus et autres personnes sans emploi. La hausse importante des prix des produits de première nécessité et la crise des liquidités, et autres contraintes, font que les Algériens accueillent ce mois sacré avec la peur au ventre. Si le problème de distribution d’eau semble être réglé, après la crise de l’huile, c’est au tour du lait de se faire rare. En plus de la crise sanitaire, les tracas économiques vont donc occuper le quotidien les Algériens. Maigre motif de consolation, néanmoins, pour cette année, un mois de carême qui bénéficie d’un confinement allégé, comparativement à celui précédent.
Par Réda Hadi
A tout le moins, malgré la hausse des prix de beaucoup de produits, il est à constater le rush dans les magasins et les marchés qui ne désemplissent pas. Ramadhan est synonyme de dépenses et de consumérisme, encore et toujours, contre vents et marées. Les Algériens vont-ils, donc, cette fois encore, s’endetter ou finir par changer leurs habitudes? La veille du mois sacré, il semblait, toujours difficile de répondre à la question, même si d’aucuns imaginent mal que des us aussi tenaces que celles qui prévalent à pareilles échéances puissent aussi facilement être « reniées ».
Quoi qu’il en soit, l’Algérien se retrouve, en ce Ramdhan 2021, plus qu’aucun autre peut-être, pris en tenailles, entre une hausse des prix due à une spirale spéculative, et les nécessités d’un surcroît de dépenses, autres qu’habituelles hors ces 30 jours de jeun.
Ainsi, les superettes sont prises d‘assaut pour stocker le maximum de denrées et dans les grandes surfaces, les chaines devant les caisses n’en finissent plus. Les achats concernent les produits des plus nécessaires à ceux facultatifs.
Les marchés aussi ne désemplissent pas, malgré les prix exorbitants des légumes et autres épices. La viande que l’on disait peu abordable est très convoitée, quant à celle réfrigérée importée, elle n’a que peu d’amteurs.
Les Algériens durant le Ramadhan, ne veulent pas se priver et pour cela s’endettent. Les dépenses durant ce mois représentent le double sinon le triple du budget mensuel habituel. Certains, pour accueillir ce mois comme il se doit et selon la tradition, vont même jusqu’à annuler des projets importants. La hausse des prix n’a nullement incité les Algériens à se serrer la ceinture.
«Les prix vont se stabiliser»
D’après Hadj Tahar Boulenouar de l’Anca (Association des commerçants et artisans algériens) une hausse moyenne de 20% est observée sur les prix des produits de grande consommation, mais devrait redescendre à un niveau «normal» au cours de la deuxième semaine.
Par ailleurs, l’Anca rassure en disant que les déstockages d’environ 10 000 tonnes de poulet congelé, et quelque 10 000 tonnes de viande rouge qui ont été (ou vont l’être) importées pour assurer des réserves suffisantes, vont atténuer la tension sur ces produits. Il en sera de même pour les fruits et légumes.
Reste que la réalité est toute autre et la frénésie des achats des Algériens n’a eu aucun effet sur les prix. A titre d’exemple, hier la tomate valait 140 DA le kilo, les petits-pois à 120 DA, les poivrons à 100 DA, la pomme de terre valait entre 65 et 70 DA le kilo, et la salade à 100 DA.
Le Ramadhan cette année sera comme tous les autres, marqué par la mainmise de la spéculation sur le marché et les discours redondants des pouvoirs publics. Les Algériens, pour autant, pour rien au monde ne semblent vouloir changer leurs habitudes ramdhanesques.
R.H.







