Longtemps restée dans l’ombre des métropoles d’Alger et d’Oran, la wilaya de Chlef s’affirme aujourd’hui comme le nouveau centre de gravité économique de l’Algérie.
Par Lyazid Khaber
Entre souveraineté alimentaire, mutation industrielle et ambition portuaire, ce territoire de 4 791 km² opère une transformation structurelle sans précédent, portée par une volonté politique de fer et un dynamisme entrepreneurial retrouvé.
Si la géographie est une chance, pour Chlef, elle est devenue une stratégie. Située à l’intersection des flux Est-Ouest et Nord-Sud, la wilaya ne se contente plus d’être une zone de transit. Comme l’a souligné le Wali de Chlef, Ibrahim Ghemired, lors de l’ouverture du Forum de l’Investissement 2025, «Chlef n’est plus un simple passage, mais une destination finale pour les capitaux créateurs de valeur».
Cette position est consolidée par le projet de la pénétrante autoroutière reliant le port de Ténès à l’autoroute Est-Ouest, un chantier vital pour désenclaver les zones industrielles en plein essor.
L’excellence agraire face au défi climatique
Le secteur agricole, véritable colonne vertébrale de la région, traverse une révolution technologique. Avec des prévisions de production d’agrumes dépassant 1,3 million de quintaux pour la saison 2025/2026, Chlef s’impose comme le garant de la sécurité alimentaire dans la région.
Cependant, cette abondance ne masque pas les défis. Dans leurs travaux sur «Les enjeux de l’eau dans le Bas-Cheliff», les chercheurs A. Ziane et M. Belkacem (Université Hassiba Benbouali) démontrent que l’avenir de ce «grenier» repose sur une gestion millimétrée du stress hydrique.
L’adoption massive de l’irrigation intelligente est, selon eux, la condition sine qua non pour que l’or vert de Chlef continue de conquérir les marchés internationaux.
Lire aussi : Oued Sly et Boukadir : Les nouveaux épicentres de l’investissement industriel
La chercheuse Fatiha Mansouri souligne dans ses publications que le passage d’une économie de rente à une économie de services à Chlef nécessite une «qualification accélérée de la main-d’œuvre locale», un défi que l’université de Chlef relève via des partenariats accrus avec le secteur privé.
Une locomotive pour l’Algérie de demain
Chlef incarne aujourd’hui la résilience et l’ambition. En combinant la force de sa terre, la rigueur de ses usines et l’ouverture de son port, la wilaya dessine les contours d’une Algérie diversifiée.
Ce dossier spécial, à travers ses quatre volets, explore les rouages de cette machine économique qui, désormais, tourne à plein régime.
Lire aussi : Agrumiculture et résilience : Chlef, le futur grenier exportateur
Le taux d’intégration nationale des projets industriels à Chlef est l’un des plus élevés du pays, atteignant 45% dans la filière électronique, dépassant ainsi les objectifs fixés par la Loi de finances.
L. K.







