Algérie Poste donne l’impression d’un bateau qui chavire. La crise des liquidités qui l’a marquée durant plusieurs mois, sans qu’elle ne trouve réellement d’issue, en dépit des différentes mesures prises, laisse place désormais au débrayage… Les responsables d’AP qui ne cessent de prendre des initiatives pour mieux colmater les brèches, se voient contrariés, à chaque fois par des mouvements, initiés, ici et là, par des «groupes» de travailleurs, en l’absence d’un syndicat d’entreprise crédible, en mesure d’assurer un dialogue permanent avec la tutelle.
Par Nadjib K.
Lundi dernier, les usagers de la Poste, se sont réveillés face à un débrayage pour le moins inattendu, qui a bloqué plusieurs bureaux de poste, notamment à Alger. «Grève surprise» et «illégale», selon les responsables d’AP, lesquels n’ont pas hésité à tenter une réponse, à travers un communiqué où il est annoncé «le versement de la prime d’encouragement de 10.000 DA, courant du mois de Ramadhan». Mais, il fallait compter sans l’intransigeance des grévistes qui n’ont pas jugé suffisante, cette mesure.
Avançant des revendications salariales, les grévistes ont poursuivi leur mouvement de grève, pour, selon eux «faire aboutir nos revendications qui datent de plusieurs mois».
Entre autres revendications exprimées, le versement des primes individuelles et collectives de rendement, le paiement des week-ends travaillés, le réaménagement des horaires de travail ainsi que le règlement des conflits inhérents aux travailleurs ayant fait l’objet de mesures administratives.
Selon des sources proches d’AP, cette nouvelle montée au créneau des travailleurs, n’a pas manqué de mettre à mal les dirigeants de l’établissement public, et les responsables au niveau du ministère des TIC, ne sont pas restés indifférents. Des mesures ont été prises, et des sanctions n’ont pas tardé à tomber. Selon les sources d’Eco Times, au moins trois directeurs centraux, à savoir la directrice divisionnaire chargée du réseau, le DFC ainsi que la directrice des affaires juridiques, ont été remplacés au pied levé.
Les grévistes opposent la sourde oreille
Cependant, si par malheur cette grève qualifiée d’«intempestive» est arrivée au mauvais moment, à savoir le début du mois de Ramadhan, synonyme de demande accrue sur les guichets d’Algérie Poste, il faudra noter que la Poste a depuis longtemps, souffert de ce genre de «protestations» souvent initiées par des «groupes d’intérêt» qui continuent d’agir sans qu’ils ne soient réellement affiliés à un quelconque syndicat légalement constitué. Selon des sources bien au fait de la question, «il s’agit-là de mouvements destinés à créer la zizanie et à mettre à mal la direction de l’établissement public. Pour preuve, les mesures prises pour répondre favorablement aux revendications exprimées, dont la décision prise de verser une prime de 80.000 DA, dès hier, n’ont pas reçu l’écho escompté auprès des grévistes», nous dit-on.
Par ailleurs, faut-il noter, que contrairement à ce qui a été rapporté, cette grève n’a pas touché tous les bureaux de poste, mais seulement une partie qui poursuivait encore hier, sa protestation en dépit de toutes les mesures prises.
Des sources bien informées, précisent que la poste vit présentement au rythme de ces mouvements qui ne la laissent pas évoluer, et ce en dépit de tous les efforts consentis au niveau de la direction générale, notamment en ce qui concerne le développement des moyens et l’amélioration du service offert aux citoyens.
N. K.







