Le marché européen est le principal débouché pour le GNL et le gaz naturel algérien. Le conflit au Moyen Orient aura certainement un impact positif sur les recettes tirées de ventes de gaz algérien sur le marché spot.
Par Khaled Remouche
La Guerre Etats Unis-Iran et la suspension des exportations de GNL du Qatar ont fait flamber les prix du gaz sur les marchés européens.
Hier matin, les prix progressaient de 20 % en atteignant 44 euros le Mégawatt/heure. Lundi dernier, la montée des prix était beaucoup plus spectaculaire : les cours du gaz avaient grimpé de plus de 40 % sur les marchés européens et dépassaient la barre des 60 euros le mégawatt/heure, le plus haut seuil depuis mars 2023 alors que les stocks étaient au plus bas. Depuis vendredi, la hausse est de 90 %.
Deux principales causes ont provoqué cette envolée des prix du gaz : les craintes liées à la guerre contre l’Iran et la suspension des exportations de GNL du Qatar lundi dernier, l’un des premiers exportateurs de GNL dans le monde avec 12 à 14 % des approvisionnements de GNL de l’Europe. Cette situation crée un déséquilibre entre l’offre et la demande à la source de cette flambée des prix du gaz.
Précisément avec l’arrêt soudain de la plus grande usine de liquéfaction du gaz, celle de Ras Laffan, la compagnie publique qatarie qui exploite cette installation n’a eu d’autre choix que de suspendre la production de GNL.
Le complexe expédie 77 millions de tonnes de GNL en bonne partie vers le marché européen. Cet arrêt s’explique par la suspension de production du plus grand gisement de gaz du Qatar attaqué par des drones iraniens. L’état des dommages n’est pas précisé.
Cette situation de blocage des exportations de GNL est exacerbée par la paralysie du Détroit d’Ormuz où transite d’importants flux de GNL. Les méthaniers comme les tankers sont appelés à ne pas utiliser cette voie de passage.
Il est évident que cette hausse des prix du gaz sur le marché européen aura des incidences positives sur les recettes en devises de l’Algérie. Le marché européen est le principal débouché pour le GNL et le gaz naturel algérien. Pour le GNL, la France et la Turquie sont les principaux clients de l’Algérie. Pour le gaz naturel, l’Italie et l’Espagne sont les principaux clients.
L’Algérie a expédié vers l’Europe 32 milliards de mètres cubes de gaz naturel à travers les gazoducs et plus de 15 milliards de mètres cubes de GNL vers ce marché. L’Algérie figure parmi les 10 premiers exportateurs de GNL dans le monde.
Comme l’essentiel de nos contrats de gaz sont des contrats long terme, la révision des prix intervient annuellement voire tous les trois ans avec les clients de Sonatrach. Donc pas d’impact sur les contrats long terme.
Par contre, Sonatrach vend du gaz sur le marché spot, cinq milliards de mètres cubes il y a quelques années. C’est là où elle devra en tirer les dividendes. Cette crise au Moyen-Orient pourrait profiter à l’Algérie si Sonatrach saisit cette opportunité pour placer de nouvelles quantités de gaz importantes sur le marché européen.
Mais là aussi, la question est de savoir si la guerre contre l’Iran va se prolonger et si l’Algérie a la capacité de dégager une quantité supplémentaire significative de gaz à l’export.
K. R.
Le baril de brut s’approche de la barre des 100 dollars
Les prix du pétrole poursuivaient leur hausse hier : le baril de pétrole de Brent de mer du nord, référence pour l’Algérie était coté à 14 heures à 84 dollars, soit une hausse de près de 20 % en une semaine. Il s’approche ainsi de la barre des 100 dollars. Précisément, Les prix du baril de pétrole pour cette variété de brut ont évolué ainsi : mardi 24 février 70,77 dollars, mercredi 70,85 dollars, jeudi 70,75 dollars, vendredi 72,48, lundi 78 dollars, mardi 3 septembre 84 dollars.
Le gain en une semaine est de 14 dollars. « Alors que le marché s’attendait à une guerre de courte durée, les acteurs du marché commencent à prendre conscience que le risque d’une escalade est très élevé, explique un analyste international. Le Président Trump lui, a averti lundi la guerre pourrait durer un mois et plus. Le détroit d’Ormuz, rapporte la presse internationale, par lequel transite 20% du pétrole mondiale est devenu impraticable pour les compagnies maritimes. Un responsable iranien a menacé lundi de bruler tout navire tentant de franchir ce passage stratégique.
«Nous attaquerons également les oléoducs et nous laisserons aune goutte de pétrole quitter la région » a-t-il ajouté, prétendant que les prix du pétrole pourraient atteindre 200 dollars dans les jours qui viennent. Environ 8 à 10 millions de barils par jour ne trouveraient pas d’acheminement alternatif, souligne un autre analyste international.
K. R.







