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Prise en charge des patients : La CNAS veut rationaliser ses dépenses

Prise en charge des patients : La CNAS veut rationaliser ses dépenses

L’amélioration de la prise en charge des assurés sociaux est au centre des préoccupations de la Caisse nationale des travailleurs salariés (CNAS). Des sommes colossales sont consacrées chaque année par la Caisse à cet effet. Selon les chiffres révélés, hier, par le directeur central des prestations à la CNAS, Djoghri Abdelhafid, environ 650 milliards de dinars sont dépensés annuellement afin de couvrir les besoins d’environ 30 millions de bénéficiaires du système de sécurité sociale en Algérie.

Par Akrem R.

 Un montant qui reflète l’ampleur des efforts consentis par l’État pour maintenir un système de sécurité sociale à la fois solidaire et performant. Lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale «Chaîne I», Djoghri Abdelhafid a indiqué que des mécanismes ont été mis en place pour une meilleure gestion, et surtout pour une prise en charge adéquate des assurés sociaux. À cet effet, une politique de rationalisation des dépenses a également été instaurée afin de préserver ce système de sécurité.

D’ailleurs, des efforts importants ont été consentis par la CNAS pour réduire les transferts de malades à l’étranger. Seuls des cas très complexes sont encore orientés vers des hôpitaux en Europe, notamment.

Des conventions de coopération ont été signées avec des établissements étrangers pour la prise en charge des patients algériens en Algérie, tout en garantissant un transfert de technologies et de savoir-faire.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la réduction des dépenses et du renforcement des compétences locales.

«Aujourd’hui, et grâce au développement du système de santé, il n’y a quasiment plus d’évacuation à l’étranger pour les maladies cardiovasculaires, sauf dans de très rares cas», annonce le directeur central des prestations à la CNAS, en précisant que des conventions ont été signées avec 50 établissements hospitaliers privés spécialisés dans ce domaine, où la prise en charge d’une intervention coûte entre 55 000 et 200 millions de dinars selon les cas.

Il a également déclaré : «Nous avons intégré la spécialité de neurochirurgie, désormais disponible localement grâce au développement du système de santé national, ce qui permet au patient de rester près de sa famille dans de meilleures conditions psychologiques».

Affirmant que le système de sécurité sociale algérien est l’un des meilleurs au monde, couvrant 90 % de la population, alors que certaines organisations internationales considèrent qu’un taux de couverture de 50 % est déjà acceptable, Djoghri Abdelhafid a appelé les employeurs à revoir à la hausse le taux de cotisation des travailleurs, afin d’améliorer le niveau des services. 

Il a insisté sur le fait que rationaliser les dépenses ne signifie pas nécessairement les réduire, mais plutôt les utiliser de manière plus efficace, en partenariat avec les médecins et les spécialistes, afin de garantir la durabilité du système national d’assurance. 

Il a en outre souligné que l’amélioration des services passe par la numérisation, qui permet la création d’une base de données précise des assurés et facilite la lutte contre la fraude et les abus. 

Le même responsable a précisé que l’objectif des mécanismes de contrôle est d’assurer la pérennité du système, et non d’exercer une pression sur le citoyen, ajoutant que des organisations internationales encouragent ce type de mesures pour assurer l’équilibre financier des systèmes sociaux.

298 milliards de DA consacrés au remboursement des médicaments 

Par ailleurs, Djoghri Abdelhafid a fait savoir qu’en 2024, 298 milliards de dinars ont été consacrés au remboursement des médicaments. La facture globale des prestations de santé, incluant les congés maladie, les accidents du travail et l’invalidité, s’élève à 550 milliards de dinars.

À cela s’ajoute la contribution de la CNAS au financement de la santé publique, pour un total avoisinant 650 milliards de dinars par an.

Dans le but de garantir une meilleure accessibilité aux soins et de réduire les lenteurs administratives, la CNAS a engagé une réforme numérique de la carte Chifa. Désormais, le service de mise à jour de la carte est possible directement en pharmacie.

 Une opération qui s’inscrit dans le cadre de l’amélioration des services et de la simplification des démarches pour les assurés sociaux, dont le nombre est estimé à 7 millions de salariés.

«Cette nouvelle mesure vise à faciliter la vie des assurés et à les dispenser de faire la queue, conformément à la politique de numérisation et de modernisation des services de la Caisse», a-t-il souligné, en révélant que plus de 13 000 pharmacies à travers le pays sont déjà connectées au système.

«Auparavant, cette opération exigeait que les assurés mettent à jour leur carte chaque année, au début du mois d’avril, ce qui représentait une forte pression sur les agents de la caisse et nécessitait une mobilisation importante de ressources humaines et techniques. Aujourd’hui, cette opération se fait automatiquement au moment de l’achat du médicament», a-t-il expliqué.

Extension des conventions avec les professionnels de santé

Dans ce même contexte de développement des services, Djoghri Abdelhafid a précisé que le nombre de pharmacies conventionnées avec la caisse dépasse 13 000, opérant sous le système du tiers payant, ce qui garantit une couverture médicale régulière, notamment pour les patients atteints de maladies chroniques, qui étaient plus de 5,8 millions en 2024.

Il a également annoncé l’élargissement des conventions pour inclure des établissements spécialisés, tels que la chirurgie cardiaque et vasculaire, la dialyse, ou encore le transport sanitaire. «Parfois, le coût des soins dépasse le revenu mensuel. Grâce à ce dispositif, le malade accède à ses traitements sans avancer un seul dinar», a-t-il rappelé.

S’agissant de la prise en charge des patients non assurés atteints de cancer, le responsable a indiqué que, conformément aux orientations du Président de la République, plus de 2 050 patients ont déjà bénéficié de cette couverture.

Par ailleurs, Djoghri a précisé que la liste des médicaments remboursables est révisée mensuellement par une commission nationale multisectorielle, conformément au décret de 2008. Elle comprend actuellement plus de 7 500 médicaments de marques locales et plus de 1 600 références internationales.

A.R.

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