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Pr. Mohamed Belhadj, chef du service de médecine interne au CHU d’Oran : «Le nouveau guide du diabète, une précieuse ressource pour les médecins généralistes»

Mohamed Belhadj, chef du service de médecine interne au CHU d’Oran

Pr. Mohamed Belhadj est chef du service de médecine interne au CHU d’Oran. Lors de la journée de formation des médecins généralistes à Tiaret qui s’est tenue le 20 novembre 2024, à l’Institut national supérieure de formation paramédicale et organisée conjointement par le ministère de la Santé et Novonordisk, le professeur Mohamed Belhadj a détaillé le contenu du nouveau guide sur le diabète et a insisté sur la nécessité d’éviter les complications.

 Entretien réalisé par Zoheir Zaid

Pr. Mohamed Belhadj : Oui avec honneur. Ce nouveau guide sur le diabète couvre tous les aspects essentiels de cette pathologie.

Il traite du diagnostic, du dépistage, des traitements, des complications, des différents types de diabète, de la prise en charge et de l’éducation thérapeutique. En fait, il aborde tous les chapitres de la diabétologie.

Nous pensons que ce guide constituera une ressource précieuse pour les médecins généralistes.

Ce sera un document volumineux, une référence à conserver, qui offre une mise à jour complète de la discipline.

Oui, c’est une option qui figure dans nos projets. Nous envisageons de créer un guide de poche, plus compact, pour que les médecins puissent l’avoir facilement à portée de main ou dans la poche.

Cela permettra d’uniformiser les pratiques médicales en se basant sur les recommandations internationales adaptées à notre environnement algérien et à nos moyens humains et matériels.

Concernant les moyens matériels, il faut souligner que nous avons pratiquement tous les moyens modernes, même si nous sommes parfois un peu décalés mais on dispose de quantités suffisantes : les nouvelles insulines vont bientôt être en vente parce qu’elles ont eu leur AMM (autorisation de mise sur le marché) par exemple Tresiba, les nouveaux médicaments tels que les inhibiteurs LgtD et les analogues GLP-1 ont leur AMM et l’Algérie les possède.

Ce qu’il faut mentionner également, c’est qu’avec les moyens et ces thérapeutiques innovantes nous sommes un peu en deçà par rapport à d’autres pays.

L’éducation thérapeutique demeure une pratique fondamentale. Nous ne traitons pas seulement une maladie, mais un patient qui en est atteint.

La participation active du malade est donc indispensable. Sans cette implication, il est difficile d’obtenir des résultats durables.

L’éducation thérapeutique permet d’intégrer le patient dans sa prise en charge, de le sensibiliser à son rôle et d’améliorer son adhésion au traitement.

Nous pouvons citer plusieurs facteurs qui jouent un rôle dans la progression des cas de diabète en Algérie. Le mode de vie sédentaire, l’urbanisation, et surtout les changements alimentaires.

Aujourd’hui, sur toutes les tables algériennes, on trouve des produits riches en sucres: limonades, gâteaux, chips, etc.

Avant, nos ancêtres consommaient des produits naturels, buvaient de l’eau et mangeaient des produits laitiers.

Nous avons adopté un modèle alimentaire européen de manière trop rapide, ce qui a eu des conséquences.

Une hygiène de vie est donc synonyme de baisse glycémique et, conséquemment, d’atténuation des complications liées au diabète, notamment, oculaires et neuropathiques.

On est malheureusement passé d’une alimentation saine à une alimentation occidentale.

Chaque médecin doit prendre en compte l’environnement, la vie sociale et le niveau de vie de son patient.

On ne traite pas de la même manière un patient de 75 ans et un autre de 40 ans, ou une personne instruite et une personne illettrée.

Même le langage utilisé est important : parfois, on pense que le patient a compris alors que ce n’est pas le cas. Il faut toujours vérifier et expliquer clairement.

Malheureusement, c’est difficile et ce n’est pas évident que cela réussisse toujours.

Les médecins sont souvent submergés et ne peuvent donc accorder le temps nécessaire à l’écoute du patient. Certains médecins consultent plus de 60 patients par jour.

Cela ne leur laisse pas assez de temps pour approfondir les échanges avec chaque patient.

Les laboratoires pharmaceutiques y jouent un rôle important. Les formations médicales continues sont certes organisées sous l’égide du ministère de la Santé, mais les laboratoires y contribuent fortement.

Ils participent activement à la mise en place de journées comme celle à laquelle nous assistons aujourd’hui, et ce, pour former les médecins généralistes.

Ces initiatives se multiplient à l’échelle nationale et sont essentielles pour améliorer la prise en charge des patients.

Z. Z.

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