Le soutien des prix des produits de large consommation, la hausse des salaires, le maintien de la valeur du dinar par rapport au dollar et l’euro, sont parmi les facteurs principaux qui expliquent cette baisse de l’inflation.
Par Khaled Remouche
Le chef de l’Etat lors de l’entrevue récente accordé à des représentants des médias a abordé l’évolution de l’inflation, c’est-à-dire des prix en Algérie. Il a indiqué que «le taux d’inflation est passé de 10,5-11 % en 2020 à 1,8 % actuellement. A comparer avec ceux des pays à même niveau de développement, cette situation est bien meilleure. Certains pays enregistrent presque une famine» a ajouté sans les citer le chef de l’Etat.
Dans son argumentaire, il a évoqué les principales causes de cette évolution positive : le soutien des prix des produits de large consommation, la hausse des salaire qui a atteint 47 % et le maintien de la valeur du dinar par rapport au dollar américain et l’euro sur le marché officiel. Il n’y a pas eu autrement dit de dévaluation ou de glissement de la valeur du dinar par la Banque d’Algérie.
Le chef de l’Etat a précisé que le pouvoir d’achat sera préservé s’agissant des produits essentiels ou de large consommation.
Même si une flambée des prix de ces produits intervient sur les marchés internationaux, l’Etat prend en charge le différentiel pour maintenir les prix à leur niveau antérieur et pour qu’ils restent accessibles à la majorité de la population. L’Etat absorbe donc les chocs extérieurs.
Le Président de la république n’a pas omis une mesure qui a contribué également à cette préservation du pouvoir d’achat d’une partie de la population à revenus modestes et qui correspond à des millions de travailleurs : la suppression de l’IRG pour les travailleurs qui perçoivent 30.000 dinars et moins mensuellement. «Ces salariés n’auront pas à payer d’impôt. Ils ne paieront que la cotisation pour la retraite», a-t-il ajouté.
La libéralisation de l’importation des céréales : une boîte de Pandore
Le chef de l’Etat a observé, en outre, que l’Algérie n’est pas un pays capitaliste (ndlr capitalisme sauvage). C’est un Etat social. Le Président de la république a évoqué le cas de l’importation du blé. Elle était ouverte au secteur privé.
Cette liberté de commerce a favorisé la spéculation et la manipulation des prix. Si nous avons laissé faire, on arriverait à de graves tensions sociales telles que les marches dans les rues pour protester contre l’augmentation des prix du pain, de la farine et de la semoule.
Aujourd’hui, l’importation du blé et des légumes secs relève du monopole exclusif de l’OAIC. Ce qui veut dire que la lutte contre la spéculation et les manœuvres frauduleuses ont également contribué à la protection du pouvoir d’achat.
A l’inflation importée se conjugue l’inflation due à la désorganisation du marché intérieur
Cela dit, d’autres facteurs expliquent également cette évolution de l’inflation. L’apport de l’agriculture joue. La disponibilité des fruits et légumes à travers une offre locale abondante pour des produits maraichers et des fruits comme l’orange et la pomme joue.
Même si on assiste à des augmentations périodiques des prix sous l’effet saisonnier ou sous l’effet de la spéculation ou de l’organisation du marché intérieur.
Mais attention la dépendance aux importations pour notre alimentation est très importante : 10 à 11 milliards de dollars annuellement, soit le quart de nos importations de marchandises. Il faudra espérer que les importants investissements dans le secteur agricole donnent leurs fruits rapidement.
Cela réduirait et la facture d’importation et notre exposition aux fluctuations des prix des produits alimentaires sur les marchés internationaux.
N’oublions qu’outre l’inflation importée, l’inflation due à une désorganisation du marché intérieur est sensible pour la ménagère. Dans le commerce des fruits et légumes, la multiplication des intermédiaires favorise l’augmentation des prix. Ce phénomène est loin d’être jugulé.
Tout comme celui du gaspillage. La maitrise de l’inflation suppose donc la maitrise de multiples facteurs. La préoccupation essentielle des citoyens est la préservation du pouvoir d’achat de la population.
Aujourd’hui le soutien des prix, l’absorption de l’inflation importée, l’augmentation de l’offre locale, l’augmentation des salaires liée à la productivité apparaissent comme les ingrédients principaux de cette protection du pouvoir d’achat de nos citoyens.
K. R.







