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Le Sahara Algérien n’a pas livré tous ses secrets : Un potentiel d’environ 6000 milliards de mètres cubes en tight gas

Le Sahara Algérien n’a pas livré tous ses secrets : Un potentiel d’environ 6000 milliards de mètres cubes en tight gas

Qu’il s’agisse de ressources conventionnelles, de tigt gas ou de tight oil ou de ressources offshore, de gros efforts restent à faire pour libérer l’énorme potentiel dont dispose l’Algérie en pétrole et en gaz.

Par Khaled Remouche

Le domaine minier national n’a pas livré tous ses secrets : qu’il s’agisse de ressources conventionnelles, de tight gas ou de tight oil (gisements difficiles d’accès), le potentiel s’avère très important.

Pour preuve, un responsable à Alnaft a indiqué à l’auditoire composé d’experts internationaux et de responsables en exploration de Sonatrach et d’Alnaft, au cours du workshop organisé du 11 au 13 par Alnaft et EAGE, l’association internationale de géoscientistes et d’ingénieurs, d’enseignants à l’USTHB et à l’École nationale polytechnique et d’universités aux États-Unis et en France, que le potentiel algérien en tight gas est estimé à 220 TCF (1 TCF équivaut à 28 milliards de mètres cubes), soit environ 6000 milliards de mètres cubes.

La rencontre, placée sous le thème « libérer le potentiel algérien en hydrocarbures », qui a regroupé, outre cette catégorie de participants, des représentants de la compagnie américaine Oxy, de groupes pétroliers ENI, Total Energie, Repsol, Equinor, Sinopec, Pertamina, PTTEP, de grandes sociétés de service telles que Schlumberger, Baker Hughes, a présenté notamment les nouvelles techniques d’optimisation des forages, de management des ressources en eau dans les gisements de pétrole et de gaz pour réduire la consommation d’eau et éviter la pollution des nappes, le monitoring des émissions de gaz à effet de serre.

Contacté sur cette importante annonce, il nous a indiqué que ce chiffre est tiré de conclusions d’études internationales. Il a ajouté que Sonatrach produit du tight gas. Il a cité les gisements du sud-est d’Illizi où est extrait ce type de gaz ; le taux de récupération pour ces ressources est de 25 à 30%.

Il a nuancé en soutenant que son exploitation est coûteuse. Mais qu’on peut réduire ce coût par la réduction des coûts des forages et des dépenses d’exploitation. Il a ajouté que dans des bid rounds, des périmètres en tight gas ont été proposés.

Les quartzites de Hamra, non loin de Hassi Messaoud, recèlent, en outre, du tight gaz pendant longtemps courtisés par Total Energie.

Sur le Bid round 2026, il a confirmé que certains périmètres proposés sont immédiatement exploitables. Dans d’autres comme El Borma et El Mzaid nord, l’augmentation du taux de récupération permet de libérer 80 millions de barils de pétrole (réserves supplémentaires) pour le premier et d’importantes réserves de brut pour le second.

Il suffit également, pour d’autres spécialistes, que la production dans le gisement de Hassi Messaoud soit optimisée, que le taux de récupération de ses ressources soit augmenté pour que soient libérées de nouvelles réserves de pétrole.

Quant aux ressources offshore, l’une des thématiques de ce workshop, on en est à la finalisation des études avant de lancer le premier forage. On a appris, en outre, lors de cette rencontre, que trois travaux sur l’offshore ont été menés dans les années 70. Deux opérations de carottage et un puits dénommé Habiba qui a donné comme résultat des indices de pétrole.

Ces travaux n’ont pas été suivis de forages de nouveaux puits. Sonatrach a fourni des efforts sur l’offshore dans les années 2000. Elle a jusqu’ici réalisé 15.000 kilomètres de sismique 2D et 7000 kilomètres carrés de sismique 3D.

Alnaft a attribué par la suite une première autorisation de prospection sur la partie occidentale de l’Algérie pour Total Energie et l’Eni pour la partie orientale de l’Algérie (mer). Elle a délivré une seconde autorisation de prospection pour Total Energie et l’ENI pour la partie orientale.

Les travaux sismiques pour ce dernier accord ont été effectués en 2023 et 2025, selon un représentant d’Alnaft. Il faut savoir qu’il s’agira d’un forage en mer très profond pouvant aller jusqu’à 5000 mètres.

Le coût d’un forage en offshore est estimé à 100 millions de dollars. D’où une certaine prudence quant à cet investissement. Il faut garantir toutes les chances de succès de ce forage à travers des études sismiques très fines. On en est à ce stade. Le reste est sans doute l’opportunité et la décision politique.

K. R.

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