Le projet de loi de finances (PLF) 2026 a été présenté et soumis au début à l’Assemblée populaire nationale, avant son adoption la semaine prochaine (mardi 18 novembre), lors d’une séance plénière présidée par Brahim Boughali, président de l’Assemblée, et en présence de membres du gouvernement.
Par Akrem R.
À cette occasion, le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a présenté un exposé détaillé sur le contenu du projet de loi axé sur la croissance durable, la diversification et le soutien aux citoyens.
Ainsi, le ministre a affirmé que le PLF 2026 intervient dans un contexte national marqué par une reprise progressive de l’économie, portée par les efforts du gouvernement dans les différents secteurs, tout en mettant en avant les efforts continus de l’État en matière d’encouragement de l’investissement, de diversification de l’économie, de relance des grands projets structurants et de développement des exportations.
Il a en effet précisé que le projet de loi de finances pour 2026 repose sur le principe fondamental de maintenir une trajectoire de croissance durable, assurant la continuité de l’activité économique et la création d’emplois.
Selon le ministre des Finances, l’année 2025 a été marquée par une croissance nationale estimée à 4,2 %, dépassant la moyenne mondiale qui est de l’ordre de 3 %, avec une prévision stable de 3,1 % pour 2026.
Cette baisse de la croissance mondiale est attribuée à la diminution continue de la demande et à la baisse des prix de l’énergie, notamment du pétrole, dont le prix moyen en 2025 a été de 79 dollars le baril, et devrait atteindre environ 66 dollars en 2026.
Quant à l’inflation mondiale, qui était de 5,6 % en 2024, elle devrait retomber à 3,6 % en 2026, a-t-il souligné, en indiquant que l’économie nationale, en dépit de cette conjoncture mondiale difficile, a maintenu sa résilience, tout en s’inscrivant dans une trajectoire de diversification.
De nouveaux secteurs économiques hors hydrocarbures se sont émergés, tirant vers le haut la croissance nationale. À titre d’exemple, le ministre a cité l’agriculture avec 6,1 % ; l’industrie 5,2 %, les services 5,3 % et le bâtiment 3,3 %.
En revanche, le secteur des hydrocarbures a connu une croissance inférieure à 1 %, situation expliquée par la baisse des prix du pétrole et le recul de la demande mondiale.
Hausse du PIB de 8% à 10047 milliards de DA
En termes de revenu brut national, pour le premier trimestre, le produit national brut a atteint 10 047 milliards de dinars, soit environ 74,5 milliards de dollars, contre 9 300 milliards de dinars pour le même trimestre en 2024, soit une augmentation d’environ 8 %.
Concernant les recettes, elles ont totalisé 5 600 milliards de dinars, en hausse de 1 450 milliards par rapport à l’année précédente, a affirmé le ministre, indiquant que le déficit de trésorerie devrait s’améliorer, passant de 9 200 milliards de dinars initialement prévu à 4 000 milliards à la fin de l’année. Cette amélioration est due, explique-t-il, à des financements non engagés pour 100 milliards de dinars et à une consommation limitée à 70 % du budget approuvé, notamment pour les dépenses d’investissement.
Pour 2026, Bouzred a précisé à cette occasion que le projet de loi prévoit des dépenses budgétaires de l’ordre de 17 636,7 milliards de dinars et des recettes estimées à 8 009 milliards de dinars.
Le budget 2026, qui s’élève à 17 636 milliards de dinars, se répartit entre le fonctionnement, la gestion courante, l’investissement et les transferts sociaux et institutionnels, a-t-il précisé, affirmant que les dépenses de fonctionnement s’élèvent à 4 465 milliards DA, 446 milliards de dépenses de gestion courante, 4 074 milliards de dépenses d’investissement et 5 959 milliards de transferts.
Dans le détail de la nature des transferts, le ministre a révélé que sur les 6 000 milliards de transferts, près de 2 800 milliards sont alloués aux institutions publiques, notamment universités et hôpitaux. Les allocations chômage représentent 420 milliards et le soutien à la fourniture de denrées alimentaires essentielles, comme le blé, 650 milliards.
Concernant la dette et les dépenses imprévues, il a indiqué : 566 milliards sont affectés aux services de la dette, et 218 milliards aux dépenses imprévues. Les recettes hors hydrocarbures devraient, en revanche, augmenter de 6,6 % en 2026, en lien avec la croissance économique.
D’ailleurs, le gouvernement table sur une prévision de croissance de l’économie nationale de 4,1 %, avant de grimper à 4,4 % en 2027 puis à 4,5 % en 2028, selon les prévisions du PLF 2026, qui prend en compte l’évolution de la situation économique nationale et internationale, notamment les résultats attendus des secteurs hors hydrocarbures.
Les raisons de cette dynamique sont claires, précise le ministre, indiquant que la dynamique et le rythme enregistrés l’année dernière se poursuivent et sont en augmentation. Pour le secteur industriel, on prévoit que le taux de croissance pour la période 2026-2028 sera de 6 %, pour l’agriculture de 5,4 %, pour le bâtiment de 5,1 % et pour les services de 5 %.
Ainsi, sans la faible croissance observée dans le secteur des hydrocarbures, le taux de croissance global de l’économie algérienne pour les prochaines années serait aligné sur la moyenne mondiale.
Pour le déficit, le montant attendu dans le PLF 2026, sur la base d’un taux d’exécution des crédits de 75 à 80 %, serait d’environ 568 milliards de dinars, soit 12,4 % du produit national brut, et devrait diminuer progressivement à 11,4 % en 2027 et à 11,2 % en 2028. Pour 2026 et 2027, le budget prévu reste autour de 17 800 milliards de dinars, tandis qu’en 2028, il atteindra environ 19 000 milliards.
De nouvelles mesures législatives
pour Sur le plan législatif, le PLF 2026 inclut des mesures visant à encourager la conformité fiscale volontaire, régulariser les dettes fiscales des entreprises, maintenir les prix de certains produits de consommation, alléger la fiscalité sur certains revenus, soutenir les start-ups et incubateurs, promouvoir la pêche, l’aquaculture et l’énergie verte, diversifier les sources de financement public, encourager le secteur des transports, renforcer le contrôle des entreprises étrangères, faciliter l’accès aux documents administratifs pour les étrangers, soutenir le logement social, la formation professionnelle et la santé, lutter contre le blanchiment d’argent, la corruption, la fraude et la contrebande, simplifier et numériser les procédures fiscales et douanières, renforcer la coopération internationale et les fonds de retraite, tout en incluant diverses mesures procédurales liées à la fiscalité, aux douanes et à la gestion des biens de l’État.
Ces initiatives visent à soutenir les citoyens et les entreprises, encourager l’investissement et moderniser l’administration économique et financière du pays. Le ministre a précisé que ces mesures visent à encourager l’activité économique, garantir la continuité de la croissance et renforcer la protection sociale des citoyens.
Il a souligné que le budget et les mesures législatives de 2026 sont conçus pour assurer une croissance durable, la diversification économique et un soutien renforcé aux citoyens et aux services publics. L’économie algérienne est sur la bonne voie, a conclu le ministre.
A.R.







