La Société algérienne de pharmaco-économie (Aspec), en collaboration avec la Fédération algérienne de pharmacie (FAP), ont organisé une journée scientifique d’envergure nationale consacrée aux enjeux actuels de la prise en charge des maladies rares et des maladies chroniques. Un accent particulier a été mis sur les défis d’accès aux traitements dans les systèmes de santé à financement public.
Par Lyes Fettah
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de réflexion scientifique, réglementaire et organisationnelle, visant à éclairer les décideurs, les professionnels de santé et les acteurs institutionnels sur les leviers permettant d’améliorer l’accès, la continuité et la qualité des soins, tout en tenant compte des contraintes de soutenabilité et des réalités du terrain.
Mohamed Yacine Achouri, président de la Société Algérienne de Pharmaco-économie et chef de service de Pharmacie au CHU Nefissa Hamoud (ex Parnet), a déclaré que cette première journée scientifique s’articule autour de trois grandes thématiques.
La première, a été dédiée à la présentation des principaux résultats du dernier congrès de l’Association professionnelle pour la recherche et les résultats en économie de la santé (Ispor), avec différentes communications.
Elles ont porté, entre autres, sur l’intelligence artificielle et son impact sur l’évaluation pharmaco-économie, les défis de son implémentation en Algérie, ainsi que les aspects éthiques qui y sont liés. Il a été également question de l’introduction de l’impact sociétal dans l’évaluation des traitements.
Une autre session a été dédiée à la prise en charge des maladies rares avec des interventions sur les défis liés à la prise en charge de ces maladies.
Il y a été dégagé plusieurs recommandations tels que l’appui à l’élaboration d’un plan national de maladies rares, le renforcement de la prise en charge de ces maladies, en plus de l’introduction de l’évaluation économique pour l’accès aux traitements innovants qui sont utilisés à la prise en charge de ces maladies.
Enfin, une troisième séance été dédiée à la prise en charge des maladies chroniques, en particulier le diabète, l’hypertension artérielle où on assiste à l’apparition de traitements innovants de dernière génération. Ceux-ci posent malheureusement des problèmes et des défis d’ordre économique, sur lesquels se penchent les participants, a-t-il conlu.
Cette journée a réuni des experts nationaux et internationaux, des universitaires, des praticiens hospitaliers, des pharmaciens, ainsi que des représentants d’institutions et d’organisations professionnelles, dans un esprit de dialogue interdisciplinaire et de partage d’expériences.
À travers cette initiative conjointe, l’ASPEc et la FAP réaffirment leur engagement en faveur du développement de la pharmaco-économie en Algérie, de la promotion d’une décision fondée sur les données, et de l’amélioration de l’accès aux traitements pour les patients atteints de pathologies complexes et chroniques.
L. F.
Plan national pour les maladies rares avance : «Un état d’avancement appréciable»
Le Pr Achouri a déclaré que le Plan national pour les maladies rares, que le ministère de la Santé a commencé à élaborer, aura pour principal objectif la prise en charge optimale de personnes atteintes de ces maladies. Il prend en compte aussi plusieurs aspects, dont la liste des médicaments qui leur sont spécifiques, ainsi que la mise à jour des dossiers contenant toutes les données concernant les malades.
L’état d’avancement de ce plan est appréciable et sa mise en œuvre effective est prévue au cours de l’année 2026.
L.F.
Aspec : Vers la publication d’un journal national de pharmaco-économie
L’Aspec qui vient d’être créée a élaboré un plan activités à réaliser dans un futur proche. Il s’agira de la publication d’un journal national de pharmaco-économie qui va servir bien sûr à diffuser l’information et à publier les travaux scientifiques dans ce sens.
En matière d’apprentissage continue, une formation sera organisée prochainement sur les maladies rares. Le premier congrès national de pharmaco-économie devra se dérouler également au courant de l’année 2026.
L.F.

