En dépit des résultats positifs enregistrés par le secteur agricole ces dernières années, en assurant une couverture des besoins nationaux dans plusieurs filières, notamment celle des maraîchères et une bonne partie des céréales, ce dernier heurte à de nombreuses contraintes d’ordre bureaucratique, notamment.
Par Hakim O.
La lutte contre ce phénomène devient donc plus que nécessaire pour dynamiser l’agriculture et l’aligner avec les ambitions affichées par les hautes autorités du pays, à savoir le renforcement de la sécurité alimentaire du pays.
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid, a affirmé que le rôle de l’administration dans le secteur agricole est d’apporter des solutions et non de chercher des justifications, soulignant qu’il est impossible de bâtir une économie forte avec une culture du «revenez demain».
Dans une publication postée sur son compte «LinkedIn», le ministre a insisté sur le fait que l’administration, notamment dans le secteur agricole, doit être au service du citoyen. Il a déploré certaines pratiques bureaucratiques, estimant que «les bureaucrates maîtrisent bien l’art de se retrancher derrière des prétextes».
Lors de son déplacement la semaine dernière à la wilaya de Blida, le ministre a constaté de près cette bureaucratie qui «perdure», bloquant ainsi le bon fonctionnement d’un secteur stratégique.
Après un échange avec un paysan qui s’est vu refuser la délivrance d’une ‘’carte fellah’’ par la chambre agricole de Blida, le ministre a demandé au premier responsable de la wilaya de lui remettre la carte le jour même, mais en vain. Le responsable en question lui a répondu que c’était impossible aujourd’hui ! Une réaction qui avait soulevé la colère du ministre, en déclarant : «Cette bureaucratie va nous rendre fous !».
Si le président de la chambre agricole de la wilaya de Blida a été démis de ses fonctions, ce qui est une sanction «exemplaire», le mal est profond, nécessitant une dématérialisation de toutes les procédures et une refonte de cette administration appelée à être au service des agriculteurs et du développement agricole de manière générale.
Des mesures pour y faire face
Pour le ministre, qui ajoute dans son post sur ses réseaux sociaux, «l’une de nos priorités dans le secteur agricole est d’alléger le fardeau de l’administration sur les agriculteurs».
Cette démarche passe par une série de mesures, dont la simplification des procédures administratives et la suppression de celles jugées inutiles, la numérisation de l’ensemble des démarches, la fixation de délais clairs pour le traitement des dossiers, ainsi que l’instauration d’indicateurs de performance (KPI) pour les responsables locaux. Il a aussi plaidé pour une plus grande ouverture aux compétences jeunes.
Le ministre a enfin rappelé que «l’agriculture contribue aujourd’hui à hauteur de 15% au produit intérieur brut (PIB)», estimant que toute entrave aux intérêts des agriculteurs constitue «un préjudice direct à l’économie nationale».
C’est un message clair pour les responsables relevant du ministère, notamment ceux exerçant au niveau local, afin de revoir leur méthode de travail et d’être proches des agriculteurs et des investisseurs agricoles. D’ailleurs, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, n’a pas cessé d’appeler à la modernisation du secteur agricole, en impliquant davantage le numérique dans le domaine agricole, considéré comme la colonne vertébrale de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire du pays.
Les agriculteurs réclament, entre autres, le règlement de la question foncière, la réforme des subventions agricoles, l’organisation des espaces de stockage, le choix des semences, l’approvisionnement du marché et l’élaboration d’une base de données statistiques.
Des réformes sont annoncées dans ce sens par le ministre Yacine Oualid, axées sur la modernisation, la numérisation et la souveraineté alimentaire de l’Algérie.
Il avait prôné une révolution agricole via l’implication des jeunes, la mécanisation et la production locale de semences pour atteindre des rendements élevés (40 quintaux/ha). «Les services du ministère sont désormais prêts à soutenir tous les agriculteurs dans ce domaine», avait-il déclaré.
Il est à rappeler que le ministère s’attèle également à l’élaboration d’une nouvelle loi d’orientation agricole, conformément aux instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune.
Une révision qui visait à «libérer l’esprit d’initiative et à permettre à tous les acteurs du secteur agricole de mener leurs activités en toute sérénité, tout en limitant le rôle de l’administration à l’accompagnement et à la facilitation».
H. O.







