Durant la première semaine du mois de mars courant, les cours du pétrole ont enregistré une hausse historique de plus de 30%. Le prix du baril de Brent a dépassé les 92 dollars, comparé à 64 dollars avant la guerre au Moyen-Orient.
Par Tahar Azizi
On doit s’attendre à une augmentation encore plus conséquente dépassant les 100 dollars pour les jours à venir. C’est le constat établi par le professeur Boujemaa Hamada, doyen de la faculté des hydrocarbures à l’université de Boumerdes, qui a été invité, hier, à l’émission de la radio Chaine 3, ‘L’invité du jour’.
L’expert fait savoir que la caractéristique principale de la guerre du Moyen-Orient est que les infrastructures énergétiques des pays producteurs de pétrole se trouvent directement ciblées.
De ce fait, l’approvisionnement en ces ressources énergétiques essentielles pour l’économie mondiale se trouve menacé et par conséquent l’offre devient réduite. «Par conséquent, si la guerre va perdurer les prix vont augmenter indéfiniment et de façon vertigineuse».
Il a souligné qu’aujourd’hui le Détroit d’Ormuz est « complètement fermé comme annoncé par l’Iran, ce qui accentue cette envolée vertigineuse. Il faut savoir que c’est le nœud central par lequel transite une quantité très considérable des hydrocarbures (pétrole
et gaz) pour les pays importateurs. Cette situation délicate donne lieu à des perturbations pour le développement industriel et économique mondial ». Dans ce cas, les pays développés vont épuiser peu à peu leurs réserves, surtout ceux qui n’ont pas de grandes capacités de stockage explique l’expert.
La Chine a une réserve de stockage de 8,2 milliards de barils en surface. Cette quantité ne suffit que pour 90 jours à 100 jours maximum. Ajouté à cela, le fait que des sites de certains pays du Golf (Kuwait, Qatar et Emirats Arabe Unis) ont observé un arrêt de production réduisant l’exportation. Ainsi, les prix du pétrole et du gaz peuvent atteindre les 150 dollars et même plus.
Selon lui, si cette situation va perdurer deux ou trois mois, les choses vont s’aggraver au fur et à mesure et ça peut provoquer des situations fâcheuses pour de nombreux pays.
On voit d’ailleurs une augmentation des prix de l’essence dans certains pays déjà automatiquement. Il y aura des répercussions négatives même pour l’agriculture, tous les secteurs manufacturiers et surtout la santé.
Evoquant les raisons géopolitiques internationales pour les États-Unis derrière cette guerre, M. Hamada a déclaré qu’une simple analyse stratégique montre que la Chine a pris une avance particulière en terme d’économie et de technologie.
Pour ralentir son élan, il faut la réduire ses sources en énergie, ce qui va mettre en difficultés pour poursuivre son développement.
L’Iran, c’est le principal fournisseur de la Chine, donc en frappant l’Iran, on veut frapper également la Chine a-t-il souligné.
Il a ajouté que peut-être les seuls bénéficiaires dans cette situation, c’est la Russie et les États-Unis, parce que ces derniers sont des pays producteurs exportateur donc de pétrole et de gaz de schiste. Et la Russie qui est sous sanctions, va profiter de cela en trouvant des pays qui vont la solliciter pour gaz.
Des démarches sont déjà entreprises dans ce sens-là tels que l’Europe ou la Corée du Sud et le Japon.
T. A.







