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Lutte contre les pénuries de médicaments : L’État renforce son dispositif

Lutte contre les pénuries de médicaments : L’État renforce son dispositif

L’Algérie renforce son dispositif de lutte contre les pénuries de médicaments. Un organe national de veille et d’alerte sur la disponibilité des produits pharmaceutiques vient d’être installé hier par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouassim Kouidri.

Par Akrem R.

Cette nouvelle mesure s’inscrit dans le cadre des efforts de l’État pour en finir avec les tensions récurrentes sur l’approvisionnement en médicaments et autres produits pharmaceutiques, et notamment en étroite ligne avec les orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à garantir la souveraineté sanitaire du pays. En effet, c’est lors d’une cérémonie, organisée hier au siège du ministère, que les membres de cet organe national ont été installés officiellement.

Composé de représentants des secteurs de l’Industrie pharmaceutique, de la Santé, du Commerce intérieur et extérieur, ainsi que des pharmaciens, des conseils de déontologie et des associations de protection des consommateurs, cet organe a pour mission de surveiller en continu l’état des stocks et de prévenir toute perturbation de l’approvisionnement.

«Ce dispositif est un acquis institutionnel et stratégique, qui traduit l’engagement de l’État à garantir la sécurité pharmaceutique et à assurer un accès régulier et sûr aux médicaments pour tous les citoyens», a déclaré le ministre, insistant sur l’importance d’anticiper plutôt que de subir les crises.

Un outil pour anticiper et coordonner

Le dispositif est chargé d’établir des mécanismes de veille, de détecter rapidement tout déséquilibre dans la distribution et de recommander des solutions avant que des tensions n’affectent les patients, et de proposer des mesures appropriées avant que ces problèmes ne se transforment en crises.

Ce dispositif a également pour rôle de fournir aux autorités publiques des données fiables et objectives, susceptibles d’orienter leurs décisions vers les solutions les plus efficaces et les plus adaptées.

Selon le ministre Kouidri, ce dispositif constitue un acquis institutionnel et stratégique, reflétant l’engagement de l’État à garantir la sécurité pharmaceutique nationale et à assurer, de manière régulière et sûre, l’approvisionnement des citoyens en médicaments et en produits pharmaceutiques.

Le ministre a poursuivi en affirmant que «garantir la disponibilité des médicaments et des produits pharmaceutiques n’est pas simplement une question technique ou conjoncturelle, mais relève du cœur même de la sécurité sanitaire nationale et constitue l’une des principales préoccupations auxquelles l’État accorde une attention particulière, conformément aux orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune».

Kouidri a également indiqué que ce dispositif servira de trait d’union entre les différents acteurs du secteur : administrations centrales, organes de régulation, entreprises de production, laboratoires, distributeurs, organisations professionnelles, ainsi que pharmacies et praticiens de terrain, faisant de la coordination, du partenariat et de la transparence les piliers essentiels de la réussite de ses missions.

Il est à rappeler que plusieurs mesures avaient déjà été prises par l’État pour l’approvisionnement du marché national des médicaments, à travers le renforcement du contrôle des sites de production, la promotion de la production locale et des matières premières, l’amélioration des systèmes d’enregistrement et de contrôle des médicaments, la mise en place de plateformes numériques pour un suivi en temps réel, l’élaboration d’une nouvelle législation et d’un nouveau cahier des charges pour les distributeurs, et la création de cellules d’écoute au ministère pour une communication continue avec les professionnels du secteur.

Mobilisation face aux incidents

En marge de la cérémonie, le ministre de l’Industrie pharmaceutique est revenu sur l’incendie qui a touché, lundi, une usine relevant du groupe « Biocare » à El Tarf. Il a assuré que l’incident n’affecterait pas l’approvisionnement du marché et que le nouveau dispositif permettra désormais un suivi rapide de ce type d’événements afin d’éviter tout impact sur la disponibilité des médicaments.

La présidente de l’organe, Bouchra Bouhannache, a souligné que le système permettra d’identifier en temps réel les produits en tension dans les pharmacies et les hôpitaux, facilitant des interventions ciblées.

De son côté, Nadjia Boulfrad, secrétaire générale du Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO), a salué un mécanisme qui «donnera aux pharmaciens un outil efficace pour signaler rapidement toute fluctuation d’approvisionnement».

Avec cette initiative, le ministère de l’Industrie pharmaceutique entend renforcer la sécurité sanitaire du pays, réduire les risques de rupture et instaurer un climat de confiance entre les autorités, les professionnels de santé et les citoyens.

Outre le renforcement du contrôle, des investissements importants sont en cours de réalisation par les laboratoires pharmaceutiques, notamment le groupe Saidal, visant au renforcement de la production nationale et à l’augmentation du taux de couverture de la demande locale. Actuellement, près de 80 % des parts du marché sont assurées par le médicament « made in Algeria ».

Toutefois, un grand travail reste encore à faire, en particulier dans les médicaments innovants et ceux destinés au traitement des pathologies comme le cancer, la cardiologie et autres.

D’ailleurs, des pénuries sont signalées de temps à autre au niveau des pharmacies et notamment au niveau des hôpitaux.

La nouvelle stratégie de la PCH

Selon la Pharmacie centrale des Hôpitaux, le taux d’approvisionnement des hôpitaux en médicaments produits localement a enregistré une hausse de 300 % au cours des cinq dernières années, marquant un tournant stratégique dans le processus de sécurité sanitaire en Algérie, a affirmé son directeur général, Sabri Djeroud.

Dans une déclaration à l’APS, M. Djeroud a indiqué que cette hausse est un tournant stratégique dans le processus de sécurité sanitaire du pays, contribuant non seulement à réduire la facture d’importation, mais a également permis de garantir la disponibilité de médicaments de haute qualité livrés aux hôpitaux dans un délai record et à des prix bas, en plus de réduire les transferts coûteux de patients à l’étranger.

À cet égard, M. Djeroud a fait savoir que la production locale dans ce domaine s’est élargie pour inclure des catégories sensibles, telles que certains médicaments anticancéreux, des médicaments innovants (immunologiques et hormonaux) et des médicaments pour les maladies rares.

À cette occasion, M. Djeroud a tenu à rassurer les patients quant à la disponibilité des médicaments, affirmant que «le taux de couverture reste toujours au-dessus de 90 %, même en cas de pressions conjoncturelles qui n’atteignent pas le niveau de la pénurie».

«La coordination avec les différents acteurs du marché du médicament a permis, durant les 12 derniers mois, d’augmenter le rythme de distribution à 39 %», at-il ajouté.

Selon le directeur général de la PCH, le stock central devrait atteindre les « 44 % à la fin de l’année en cours », et ce parallèlement à l’élargissement de l’infrastructure de base réservée au stockage, dont la superficie passera de « 55 000 à 78 000 m² ».

Par ailleurs et dans le cadre de la lutte contre la bureaucratie et pour l’accélération de la réponse, le même responsable a rappelé le lancement d’une plateforme nationale dédiée à la veille et l’alerte qui «permettra de traiter 85% des signalements en moins de 24 heures, après que l’opération avait auparavant connu des lenteurs dans les procédures», outre l’adoption du «bon de commande électronique» qui constitue «une avancée dans la gestion de la relation avec les établissements sanitaires».

A. R.

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