Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a enjoint aux laboratoires producteurs de médicaments d’entamer la commercialisation de leurs stocks de certains produits «en situation de tension ou de pénurie», au plus tard hier dimanche. Une mesure prise dans le but de garantir la stabilité de l’approvisionnement du marché national, a appris avant‑hier l’APS auprès du ministère.
Par Tahar Aziz
En effet, dans une note adressée récemment aux établissements pharmaceutiques, le ministère a précisé que « après étude et vérification des données fournies par les services compétents, il est apparu que certains produits pharmaceutiques sont signalés par les membres du dispositif de surveillance et de veille comme étant en situation de tension ou de pénurie au niveau des pharmacies. Ceux‑ci demeurent, néanmoins, disponibles dans les stocks détenus par des établissements pharmaceutiques d’importation, de fabrication ou de distribution en gros ».
À ce titre, et dans le cadre du suivi permanent de la disponibilité des produits pharmaceutiques, «les établissements pharmaceutiques impliqués dans la chaîne d’approvisionnement en médicaments ont été tenus de procéder à la commercialisation des stocks dont ils disposent, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur. Ceci, afin de répondre aux demandes des pharmacies à travers l’ensemble du territoire national, dans un délai allant de 48 heures à cinq (5) jours au maximum», soit avant la date d’aujourd’hui, selon la même source.
Par ailleurs, les services compétents du ministère seront chargés de missions d’inspection en vue de s’assurer de l’application stricte des dispositions de cette instruction, ajoute la même note.
Sur un ton menaçant, la tutelle soulignant que «tout manquement constaté est susceptible d’exposer l’établissement pharmaceutique concerné aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur, pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément».
Le ministère a également indiqué que «toutes les pratiques illégales telles que la spéculation, la rétention de stocks ou la vente concomitante seront sanctionnées conformément à la réglementation en vigueur».
52 médicaments concernés
Dans ce cadre, le président du Syndicat national des pharmaciens d’Officine (SNAPO), Sami Tirache, a relevé, dans une déclaration à l’APS, que le dispositif de surveillance et de veille avait constaté, lors de sa dernière réunion mensuelle, une pénurie ou une rupture concernant 52 médicaments à dénomination commune internationale (une même dénomination pouvant regrouper plusieurs marques commerciales).
M. Tirache a, en outre, mis en exergue l’importance du rôle de ce dispositif, qui regroupe plusieurs intervenants, dans le suivi permanent de la disponibilité pharmaceutique. Il a salué la note du ministère qui prévoit un délai de cinq (5) jours pour permettre l’acheminement des médicaments vers les zones reculées.
Ce responsable a rassuré les patients, en particulier ceux atteints de maladies chroniques, que les indicateurs actuels sont « rassurants » et que « les mesures prises mettront fin à l’état d’inquiétude dans un proche avenir ». Il a, de même, appelé à ne pas céder aux rumeurs incitant à l’achat excessif et au stockage de médicaments, pratiques qui peuvent provoquer une pénurie artificielle.
M. Tirache a expliqué que l’état de tension ou de rareté de certains médicaments résulte du refus des fabricants de les produire en raison de leur faible rentabilité. Il n’a pas manqué de mettre en garde contre le recours de certaines entreprises à des pratiques illégales, telles que la vente conditionnelle, qui affecte négativement la disponibilité des médicaments.
Enfin pour la précision, les médicaments concernés par les ruptures sont ceux destinés au traitement des maladies chroniques (diabète, asthme), ainsi que les anticancéreux.
T. A.







