Le Groupe Sonelgaz fait face à une crise financière sans précédente, notamment, avec la propagation de la pandémie Covid-19 durant 2020. Les créances impayées détenues auprès des clients, demeurent toujours en hausse, même si, selon son Pdg, en l’occurrence, Chaher Boulakhras, elles sont passées de 180 milliards de DA début de 2021 à 148 milliards actuellement.
Par Akrem R.
Ce montant, représente, néanmoins, le double des créances que détenait le groupe avant la pandémie. S’exprimant lors d’un point de presse organisé, hier, mardi, en marge du lancement des travaux de la réunion des directeurs des sociétés métiers de son groupe, M. Boulakhras a expliqué que cette courbe descendante des créances est le fruit de la stratégie du groupe adoptée dans les opérations du recouvrement. «Sonelgaz est une société, certes, citoyenne, mais qui n’est pas moins économique. Des investissements colossaux sont déployés annuellement afin de garantir un service de qualité et de poursuivre les opérations de raccordement en électricité pour les ménages et, notamment, les industriels et agriculteurs. Ces deux secteurs sont les véritables créateurs de richesse et valeur ajoutée pour l’économie nationale. À cet effet, nous misons sur la sensibilisation pour le recouvrement de nos créances et le citoyen doit être compréhensif», a-t-il souligné, en avouant que « sans l’aide de l’Etat, beaucoup de projets ne seront pas réalisés».
M. Boulakhras a, en outre, rappelé que malgré la crise financière du groupe, «nous n’avons pas coupé de l’électricité aux clients durant la période du confinement. Notre priorité était d’assurer la continuité des services. Maintenant que la situation s’est nettement améliorée, nous devons procéder aux recouvrements des créances impayées». Il a, dans ce cadre, reconnu que cette opération prendra beaucoup du temps et pourrait s’étaler sur une année. «Le recouvrement des créances n’est pas une chose facile», a-t-il reconnu.
Vers un nouveau mode du financement
Face à cette situation financière inconfortable, un dossier bien ficelé est sur la table de la tutelle (ministère de l’Energie et des Mines), proposant des solutions et propositions pour affronter cette crise financière, en maintenant le plan du développement du groupe, indique-t-il. « Le dossier est entre de bonnes mains et des solutions pour le groupe seront prises par l’Etat. Nous devons penser à une nouvelle engineering financière», a-t-il insisté. D’ailleurs, la piste de recourir aux marchés financiers à l’international n’est pas écartée. Il n’a pas manqué de souligner l’intérêt du recours aux marchés financiers internationaux qui permet de «se financer à des conditions avantageuses et à des taux assez bas ne dépassant pas les 3 %, avec des échéances allant jusqu’à 15 ans».
Dans le même cadre, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab a rassuré quant à ce que le gouvernement travaille sur la question et va trouver des solutions pour tous les secteurs, dans le but de diversifier l’économie nationale. «Notre ministère accorde un intérêt particulier au programme de Sonelgaz et nous allons l’accompagner afin de répondre à la demande nationale, conformément aux instructions du M. le président de la République», a-t-il affirmé.
Un plan spécial pour le Ramadhan et l’été
Sur un autre registre, M. Boulakhras a fait savoir que « toutes les dispositions ont été prises afin de garantir un été sans délestage et qu’un programme spécial ramadhan est mis en place. «Coupures zéro» n’existe pas, mais les équipes d’interventions seront mobilisées en H24, afin d’intervenir dans les meilleurs délais pour la réparation d’éventuelles pannes électriques». La consommation en électricité qui est entre 8 000 à 9 000 mégawatt actuellement, devrait, indique-t-il, atteindre les 17 000 mégawatts durant la saison des grandes chaleurs.
Questionné sur le vol ou piratage de l’énergie électrique, le Pdg de la Sonelgaz s’est félicité de la diminution du phénomène durant ces dernières années. Le vol de l’électricité représente des pertes colossales pour la Sonelgaz. Il est passé de 17% à 11,5%, actuellement. «Nous continuons à travailler sur ce problème afin de le réduire conformément aux normes internationales. Les opérations de relogements effectuées par l’Etat ont participé grandement à la réduction de ce phénomène. Annuellement, pas moins de 300 000 logements sont raccordées en gaz et électricité», a-t-il expliqué.
S’agissant de la participation du groupe dans la promotion et le développement de l’entrepreneuriat, M. Boulkhras a rappelé que l’entreprise a procédé à la facilitation des procédures de passation des marchés en réduisant les délais d’octroi, tout en réservant une grande partie de la commande aux micro-entreprises créées dans le cadre ANADE (ex-Ansej). Selon lui, il y a plus de 12 000 micro-entreprises qui travaillent avec le groupe. Durant la pandémie, la Sonelgaz a amélioré son intégration nationale, notamment, en matière de la réalisation et la distribution. «Nous sommes certes un créateurs d’emplois, avec 5000 postes/an, mais notre objectifs est de soutenir les micro-entreprises. Nous sommes une société incubateur», a-t-il soutenu.
Chaher Boulakhras, a révélé, par ailleurs, que sa société est en train de travailler sur le lancement d’un nouveau projet qui est sur le point d’être achevé. Le projet porte sur un plan stratégique «Sonelgaz 2035» pour améliorer les compétences et la résilience, et pour identifier les défis. Il a expliqué que le premier axe de la stratégie est de se concentrer sur les tâches et fournir une énergie efficace et responsable pour assurer un service public de qualité et un développement durable.
Boulakhras a souligné, enfin, que le groupe Sonelgaz s’attèle à devenir un pionnier de la transformation énergétique, « une énergie responsable accessible à tous et un moteur de développement économique et social».






