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Ouverture aujourd’hui du Salon Metal Steel & Mining 2026 : Cap sur l’industrie du fer et de l’acier

Ouverture aujourd’hui du Salon Metal Steel & Mining 2026 : Cap sur l’industrie du fer et de l’acier

Alger abrite à partir d’aujourd’hui, et ce jusqu’au au 1er avril, au Palais des expositions (Pins maritimes), la 4e édition du Salon international du fer, de l’acier et des produits miniers (Metal Steel & Mining Algeria Expo 2026).

Par Hakim O.

Une nouvelle édition qui se tient dans un contexte de dynamique économique que connaît l’Algérie, notamment après le lancement de l’exploitation du gisement de Gara Djebilet. Une mine d’une réserve de l’ordre de 3,5 milliards de tonnes, dont 1,7 milliard de tonnes sont exploitables, plaçant ainsi l’Algérie à la deuxième place mondiale en termes de réserves, derrière l’Australie (5,1 milliards de t) et devant le Brésil avec 3,4 milliards de t.

En effet, l’exploitation industrielle de ce gisement, notamment après la mise en service de la ligne ferroviaire Gara Djebilet-Tindouf-Bechar sur une distance de 950 km permettant d’acheminer le minerai de fer à Oran, permettra à l’Algérie de s’inscrire dans les chaînes de valeur internationales et d’ouvrir de nouvelles perspectives dans ce secteur stratégique pour la diversification de l’économie nationale.

La participation de 250 exposants, dont 150 étrangers représentant des entreprises de plusieurs pays, notamment la Chine, l’Italie, la Turquie, l’Inde, le Niger, la Tunisie et la Libye, témoigne de l’importance de ce salon et surtout de l’intérêt accru des investisseurs étrangers pour ce secteur.

À ce titre, cette 4e édition verra la participation d’entreprises telles que le groupe industriel minier Sonarem, la Compagnie libyenne de fer et d’acier (Libyan Steel), la Société nationale libyenne des mines (National Mining Corporation), ainsi que d’autres compagnies étrangères “aspirant à concrétiser des projets d’investissement en Algérie”.

Le Salon enregistrera aussi la participation de la plus grande entreprise de céramique en Libye, Wil Good, qui ambitionne d’investir en Algérie, ainsi que de l’entreprise italienne Danieli, l’un des trois leaders mondiaux dans la conception et la fabrication d’équipements pour l’industrie sidérurgique.

Des organisations professionnelles internationales de poids prendront part également à cet événement, à l’instar de l’Association mondiale de l’acier (Worldsteel). Il s’agit de l’une des plus importantes associations industrielles au monde, avec des membres dans tous les principaux pays producteurs d’acier.

Elle représente les producteurs d’acier, les associations algériennes et régionales de l’industrie sidérurgique, ainsi que les instituts de recherche sidérurgique.

Ses membres représentent environ 85% de la production mondiale d’acier. En clair, cette participation de qualité n’est qu’une confirmation de l’attractivité du secteur minier, notamment de l’industrie de l’acier et du fer, qui est en plein essor.

D’ailleurs, deux leaders mondiaux dans l’acier, à l’instar de Tosyali et Stell Qatar, sont déjà présents sur le marché algérien avec la réalisation de deux usines en partenariat respectivement à Oran et Jijel, aux côtés du complexe étatique ALSOLB d’El Hadjar.

Un troisième partenaire, à savoir le groupe chinois Jingdong Steel, a lancé un important investissement, d’une valeur de 500 millions de dollars, dans la wilaya de M’sila pour la production de 500 000 tonnes/an.

L’implantation de ces leaders mondiaux dans l’acier et le fer n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une véritable politique ambitieuse prônée par l’État, visant à la valorisation des minerais de fer localement, conformément à la feuille de route tracée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

En effet, le chef de l’État veut asseoir une véritable industrie nationale performante et réduire la facture d’importation de la matière première.

D’ailleurs, une réunion de travail a été tenue sous sa présidence jeudi dernier à Alger, consacrée au secteur des mines et de l’acier, mettant en avant son importance stratégique pour l’autonomie industrielle, la création d’emplois et la production de valeur ajoutée.

Le président de la République avait souligné, à maintes reprises, que l’investissement de l’État dans un secteur prometteur comme celui des mines vise à mettre en place de nouveaux leviers et ressources pour l’économie nationale dans les prochaines étapes, au profit des générations futures, et ce, dans le cadre des efforts visant à consacrer une économie diversifiée indépendante des hydrocarbures.

En 2025, l’Algérie s’est imposée comme l’une des puissances émergentes dans l’industrie du fer et de l’acier, enregistrant une croissance de 15% en seulement quelques mois dans la production d’acier brut. Selon un rapport de l’Union arabe du fer et de l’acier, l’Algérie a été le principal moteur de la performance de l’Afrique du Nord en octobre 2025. Sa production a atteint 460 000 tonnes au cours du mois.

Un chiffre qui témoigne de l’entrée des complexes sidérurgiques du pays dans une phase de production intensive, fonctionnant désormais à pleine capacité. Cette dynamique reflète aussi les investissements réalisés ces dernières années pour moderniser les installations industrielles et renforcer l’intégration nationale du secteur.

En somme, l’Algérie s’apprête à devenir un véritable pôle industriel de l’acier et du fer à moyen terme. Après la finalisation des différents travaux d’extension aux niveaux des complexes de sidérurgie de Bethioua de Tosyali Algérie, qui produisaient entre 6 et 7 millions de tonnes d’acier, et celui d’AQS à Jijel avec une production annuelle de 4 millions de tonnes à partir de 2028, et celui d’Al Solb avec 3 millions de tonnes, la production nationale passera à près de 13 millions de tonnes/an, dont une bonne partie sera destinée à l’export.

Toutefois, un grand travail reste encore à faire, notamment avec les partenaires européens, afin d’augmenter les quotas qui sont actuellement plafonnés par l’UE. Des démarches sont déjà engagées entre l’Algérie et l’UE pour lever ces restrictions sur l’acier algérien.

Cette progression intervient alors que l’Algérie affirme de plus en plus sa volonté de devenir un acteur clé de l’industrie sidérurgique régionale et mondiale. L’acier demeure en effet l’un des matériaux les plus stratégiques à l’échelle internationale, indispensable à la fabrication d’infrastructures, de logements, d’équipements industriels, mais aussi de véhicules et de machines.

H.O.

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