Longtemps perçue comme une simple zone de transit, la wilaya de Chlef opère une mue spectaculaire. En mobilisant son foncier économique et en levant les verrous bureaucratiques, la région s’impose désormais comme un bastion industriel stratégique, attirant des investissements lourds dans l’électronique et la transformation des matériaux.
Le déploiement des zones d’activités Le paysage économique de Chlef se redessine autour de pôles structurants. La zone industrielle d’Oued Sly s’affirme comme la vitrine de cette réussite.
Lors de sa visite de travail en octobre 2025, le Premier ministre a souligné que Chlef pose désormais les bases de l’industrie mécanique nationale. Cette dynamique est concrétisée par la levée des obstacles sur 14 projets d’envergure, permettant la création immédiate de plus de 600 nouveaux postes d’emploi.
Cette transformation est au cœur des préoccupations académiques. Le chercheur Mohamed Belkacem, dans son étude «L’impact des zones industrielles sur le développement local : Cas de la wilaya de Chlef», démontre que la concentration des unités de production à Oued Sly a réduit le chômage local tout en pointant la nécessité d’une meilleure intégration des sous-traitants.
Par ailleurs, des recherches publiées dans la revue de l’Université Hassiba Benbouali soulignent que le bassin du Cheliff a historiquement été un réservoir économique crucial, une position qu’il retrouve aujourd’hui grâce à sa géographie stratégique.
L. K.
Le levier de l’AAPI
La gestion de l’investissement à Chlef a franchi un cap historique avec la mise en service intégrale de la Plateforme numérique de l’investisseur de l’AAPI. Ce guichet unique dématérialisé centralise désormais toutes les étapes, de l’enregistrement du projet à l’octroi des avantages.
– Accès au foncier économique : Conformément à la nouvelle stratégie 2025-2026, l’octroi des terrains industriels ne dépend plus des commissions locales, mais se fait exclusivement via la plateforme numérique, garantissant une transparence totale et une égalité de traitement.
– Critères de priorité : L’Agence privilégie désormais les projets à fort taux d’intégration nationale (notamment dans la sous-traitance et la mécanique) et ceux favorisant le transfert technologique. Les investissements permettant de réduire la facture d’importation bénéficient d’un traitement accéléré.
– Sécurité juridique (Loi 22-18) : Le cadre législatif instauré par la Loi n° 22-18 consacre la liberté d’investir et la stabilité du climat des affaires. Elle permet notamment l’hypothèque du droit réel issu de la concession pour garantir les financements bancaires nécessaires à la réalisation des complexes industriels de Chlef.
– Incitations ciblées : Les projets structurants peuvent bénéficier d’une exonération de la TAP, de l’IBS et de la taxe foncière pour une durée allant jusqu’à 10 ans, selon le régime d’incitation choisi.







