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Opération de plantation de 5 millions d’arbres en une journée : L’arbre qui fait la forêt

Opération de plantation de 5 millions d’arbres en une journée : L’arbre qui fait la forêt

«Le plus grand arbre est né d’une menue graine». Cette vérité biologique, présentée sous cette formule par le philosophe chinois Lao Tseu il y a 25 siècles, était évidente pour nos ancêtres, dont toute l’économie était centrée sur la graine, mais, elle paraît moins évidente pour une jeunesse happée par le ludique des dernières technologies de la communication.

Par Amar Naït Messaoud

Pour un pays qui, il y a moins d’une dizaine d’année, importait presque toute son alimentation (à une valeur de 10 à 12 milliards de dollars), il y avait une sorte de déconnexion entre la nature et une grande partie de la population des villes ou ayant subi l’exode vers les zones urbaines.

À force de consommer des produits importés, le plus souvent transformés ou ultra-transformés, on avait fini par mériter ce qualificatif peu élogieux lancé par certains médias : vivre hors-sol, comme on le dit à propos de certaines planches de pépinière ou de batteries de volailles.

La crise des recettes extérieures, à partir de 2014 suite à la chute du baril de pétrole, le réchauffement climatique, les aléas d’approvisionnement en produits alimentaires sous la pandémie du Covid 19 et d’autres facteurs endogènes ont, peu à peu, fait prendre conscience aux Algériens que la sécurité alimentaire ne peut être assurée que par le recentrage du développement économique focalisé sur l’exploitation des immenses potentialités nationales.

L’Algérie, un pays-continent, est doté par la nature d’une ample diversité géographique, écologique et climatique.

Mais, pour des raisons inhérentes à l’histoire économique et sociale du pays, 80% de la population algérienne occupe 20 % du territoire, bande allant des Hauts Plateaux à la côte méditerranéenne. Le reste du territoire, supposé être un désert, ne l’est plus, ou du moins, ne devrait pas l’être.

En effet, les techniques et technologies modernes de l’économie agricole, greffées aux très grandes potentialités hydriques souterraines, la nappe des eaux fossiles de l’Albien, permettent de relever les plus grands défis en matière d’investissement agricole et de compenser les insuffisances issues des changements climatiques dans la région septentrionale du pays.

C’est là un volet de l’agriculture saharienne qui viendra se greffer à l’ancienne agriculture oasienne qu’il convient également de réhabiliter et de soutenir.

En dehors des grands ergs (géantes dunes de sable), la verdure est devenue possible au Sud algérien. Outre l’agriculture, les pouvoirs publics ont lancé des programme d’inventaire et de réhabilitation de certaines espèces forestières disséminées dans le Sahara : acacia radiana le cyprès du Tassili, arganier,.. etc.

Ce dernier est en train, à partir de Tindouf, de faire une belle percée vers les wilayas du Sahara central et même vers certaines wilayas du nord.

À une latitude supérieure, nous avons la jonction entre le Sahara et le Tell. C’est la chaîne de l’Atlas saharien et le couloir des Hauts Plateaux, lesquels bénéficient du programme du Barrage vert, vieux projet des années 1970, réalisé par l’ANP et relancé depuis 2023 pour lutter contre la désertification et contribuer à la lutte contre les changements climatiques.

La partie du Tell, entre la côte et les Hauts Plateaux, se trouve être la plus habitée et son environnement le plus impacté par l’action anthropique : incendies de forêts, défrichement, urbanisation anarchique, diverses sortes de pollution,.. etc.

Le résultat est là : les espaces forestiers se rétrécissent, la menace de désertification est réelle. Sur les 4,1 millions d’hectares d’espace forestier, seul 1,1 ha est considéré comme une véritable forêt. Le reste est constitué e maquis, de garrigues et de matorrals.

L’initiative de planter, ce 14 février 2026, 5 millions d’arbres en une journée, qui s’ajoute à celle du 25 octobre dernier (1 millions d’arbres), s’affirme et se justifie moins par le nombre de plants mis en terre que par l’acte collectif qui a drainé des centaines de milliers de citoyens, des centaines d’associations, des institutions publiques et des entreprises de divers horizons.

Un acte de sensibilisation à l’importance de l’arbre et de la verdure de haute importance. Un acte de reconnexion avec le plant, la graine et la nature de façon générale.

Au-delà de cette journée, l’action de plantation continue pour les divers programmes conçus par les pouvoirs publics dans le cadre du budget de l’État.

A. N. M.

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