La visite cette semaine du chancelier allemand Friedrich Merz en Chine suscite un intérêt particulier des autres pays de l’UE, mais aussi et surtout, peut-être du partenaire français. Car, l’UE, aura à «surveiller» le chancelier de la première puissance économique européenne, à l’occasion de son déplacement craignant une tentation «égoïste» de Merz qui privilégierait un peu trop les intérêts allemands à ceux de l’Union.
Par Hakim O.
Ainsi, par exemple, sauvegarder à tout prix les exportations allemandes au détriment d’une politique commerciale européenne plus stricte. Une crainte qui est celle de la France constituant à la faveur de cette visite un point de fragilité de plus du couple franco-allemand.
À tout le moins, la mission de Merz en Chine s’axera pour l’essentiel sur le renforcement de la relation bilatérale et «accessoirement» les questions intéressant l’Union, qui s’avèrent moins économiques que de politique étrangère et diplomatiques, notamment la question ukrainienne.
Ainsi, l’objectif phare de cette visite sera celui des questions économiques bilatérales, Merz voulant instaurer une concurrence plus équitable et fiable, face aux préoccupations allemandes sur les subventions chinoises et la dépendance aux matières premières comme les terres rares. Et ce, d’autant plus que la Chine est redevenue le premier partenaire commercial de l’Allemagne en 2025 malgré des déséquilibres.
Au plan international, les enjeux, là, en revanche, prennent en compte les préoccupations de l’UE. En effet, Merz, dans un contexte de relations tendues avec Washington, vise à discuter de la guerre en Ukraine, espérant que la Chine exerce son influence sur Moscou.
Par ailleurs, l’Allemagne a d’autant plus intérêt à se rapprocher du géant chinois face à l’incertitude de la politique américaine et des «sautes d’humeur» de son Président.
Un paramètre qui, là aussi, est de l’intérêt des pays de l’UE, du moins la majorité d’entre eux ayant manifesté une certaine distance vis-à-vis de la politique de Trump.
Fait rassurant pour l’UE, enfin, le fait que Merz ait voulu inscrire son déplacement dans le cadre de l’UE, affirmant que le message de l’UE reste identique : exiger un partenariat « équilibré, fiable et juste » et non plus comme auparavant où à l’occasion de certaines de ses visites il avait fait cavalier seul.
L’UE sur ses gardes
Néanmoins, au-delà du discours prêchant l’union et le travail concerté, les divergences ont la vie dure. En effet, l’Allemagne, dont la Chine est redevenue le premier partenaire commercial en 2025, est beaucoup plus exposée que la France aux représailles de Pékin.
Cela limite la marge de manœuvre de Merz pour soutenir des mesures protectionnistes européennes trop agressives que Paris pourrait appeler de ses vœux.
Par ailleurs, alors que la France cherche à attirer des usines de batteries et de véhicules électriques chinois, Merz doit protéger les intérêts de ses propres géants (Volkswagen, BMW) qui font face à une chute de 10% de leurs exportations vers la Chine, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et ses menaces de tarifs douaniers globaux poussant Paris et Berlin à un rapprochement forcé.
H. O.







