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Marché financier : Une nouvelle dynamique au service des PME

Le financement via la Bourse comme alternative : La COSOB annonce de nouvelles mesures

Grâce aux réformes profondes engagées par le gouvernement depuis 2020, l’Algérie œuvre pour construire un marché financier moderne et stable. Outre la modernisation des moyens de paiement et le renforcement de l’inclusion financière, des démarches importantes ont été engagées par les pouvoirs publics pour la dynamisation du marché boursier.

Par Akrem R.

En léthargie depuis presque une décennie, la Bourse d’Alger s’est inscrite désormais dans une nouvelle dynamique marquée par l’introduction de nouvelles sociétés, dont notamment les deux banques publiques (CPA et la BDL) et une startup.

D’autres sociétés de différentes tailles se préparent à s’y introduire. Cela confirme le réveil des chefs d’entreprises, qui veulent tirer profit des avantages accordés par la première place financière en Algérie.

Dans sa feuille de route, l’État a pris une série de mesures et de démarches visant à diversifier le marché financier, tout en réduisant la pression sur le budget de l’État, qui intervient d’une manière directe ou indirecte dans le financement de l’économie nationale. Une tâche qui devient, au fil des années, lourde et pesante sur les finances publiques.

Donc, la nouvelle orientation des pouvoirs publics est claire : développer et moderniser un marché financier, en complément du budget de l’État et des banques publiques, performant et moderne, en mesure d’assurer un accompagnement aux entreprises et surtout de soutenir l’investissement productif.

Néanmoins, c’est le ministre des Finances, Abdelkrim Boualzered, qui a affirmé avant-hier à Alger, à l’occasion de la troisième conférence annuelle du marché financier algérien, placée sous le thème : Finance innovante ; transformation digitale ; durabilité et inclusion financière.

Il a en effet souligné que la Bourse, en tant que composante essentielle de ce marché, est appelée à jouer un rôle central dans l’accompagnement des entreprises émergentes et moyennes, afin de soutenir l’investissement productif.

Une transformation profonde du marché financier

Dans un discours lu en son nom par le secrétaire général du ministère, Djamel Eddine Zlaki, en présence du ministre de l’Économie de la Connaissance, des Startups et des Petites Entreprises, Nourredine Ouadah, Boualzered a précisé que le marché financier algérien connaît actuellement «une transformation profonde», marquée par une série de réformes visant à renforcer son rôle dans le financement de l’économie nationale.

Il a souligné que le marché financier est plus que jamais appelé à jouer un rôle central dans l’accompagnement des projets économiques, le financement des entreprises émergentes et moyennes, ainsi que dans l’intégration de l’économie nationale dans l’environnement régional et international.

Selon les explications de Bouhicha Mohamed, directeur général de la Recherche scientifique et du Développement technologique, «trois institutions subordonnées au secteur ont préparé leurs dossiers pour entrer en Bourse, ce qui constitue une première expérience du genre». Il s’agit de l’institution subordonnée au Centre de recherche et d’analyses chimiques et physiques, de l’institution subordonnée au Centre de recherche et de technologies industrielles, et de l’institution subordonnée au Centre de développement des énergies renouvelables.

Le ministre a ajouté que les efforts des autorités publiques sont concentrés sur la numérisation du secteur, avec la création d’une porte électronique et d’un guichet unique pour le marché financier.

Il a également indiqué que des réformes financières sont en cours pour renforcer la stabilité financière, tout en élargissant les perspectives de financement en dehors des cadres traditionnels afin de réduire la pression sur le financement budgétaire.

Il est à rappeler que le financement bancaire domine le marché financier en Algérie, avec plus de 87 % pour les banques publiques. Une situation qui résume la nécessité d’accélérer les réformes et d’aller progressivement vers des modèles de financement alternatifs.

D’ailleurs, même le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé à maintes reprises le privé à investir dans la création de banques pour le financement de l’économie nationale, d’autant plus que plus de 90 milliards de dollars circulent hors circuit bancaire.

L’intégration de ces sommes colossales permettra de donner un nouvel élan à la dynamisation de l’économie nationale et surtout de répondre à la forte demande en matière de financement des projets d’investissement.

Le ministre des Finances a ainsi insisté sur le fait que le marché financier est «un outil vital et dynamique pour l’économie nationale», contribuant directement à la mobilisation des ressources nécessaires pour financer les projets d’investissement dans divers secteurs.

Des réformes profondes et des innovations financières

De son côté, le président de la Commission de régulation des opérations boursières (COSOB), Youcef Bouzenada, a rappelé que le marché financier algérien a connu ces dernières années d’importantes réformes, tant sur le plan réglementaire que législatif, permettant la création de fonds d’investissement collectifs en tant qu’outil de financement alternatif innovant pour diversifier les sources de financement et orienter l’épargne nationale vers l’investissement productif.

Il a également mis en avant l’importance du lancement de plateformes électroniques pour l’exécution des ordres d’achat et de vente d’actions et d’obligations sur la Bourse d’Alger, en ligne avec le processus de transformation numérique du marché financier national.

Ces plateformes, mises en place dans sept banques, facilitent l’accès au marché des capitaux pour les investisseurs et les acteurs du marché, précise-t-il, en indiquant que le marché financier algérien a récemment réussi à «mobiliser près de 200 milliards de dinars», destinés au financement de la modernisation des banques et à la réalisation de projets d’investissement productifs, ce qui confirme la capacité du marché à jouer un rôle central dans la mobilisation de l’épargne nationale et à l’orienter vers des secteurs à forte valeur ajoutée.

Par ailleurs, la COSOB a signé un accord de partenariat avec la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique, relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, pour accompagner le financement des projets innovants et soutenir les institutions subordonnées au ministère dans leur démarche d’entrée en Bourse.

Trois institutions publiques prêtes à entrer en Bourse

Selon les explications de Bouhicha Mohamed, directeur général de la Recherche scientifique et du Développement technologique, «trois institutions subordonnées au secteur ont préparé leurs dossiers pour entrer en Bourse, ce qui constitue une première expérience du genre».

Il s’agit de l’institution subordonnée au Centre de recherche et d’analyses chimiques et physiques, de l’institution subordonnée au Centre de recherche et de technologies industrielles, et de l’institution subordonnée au Centre de développement des énergies renouvelables.

Selon les organisateurs de cette conférence, plusieurs chefs d’entreprises sont candidats à l’ouverture de leur capital en Bourse, issus de secteurs divers tels que l’éducation, les nouvelles technologies, ainsi que la production de biens.

Ces jeunes entreprises manifestent un véritable intérêt pour les solutions boursières, convaincues que la Bourse constitue un levier important pour leur croissance. Leur introduction prochaine, prévue au début et tout au long de l’année 2026, apportera sans doute une plus grande profondeur et un dynamisme accru au marché financier algérien.

A.R.

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