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Lotfi Boudjemaa reçoit son homologue français Gérald Darmanin : Les dossiers des biens mal acquis, et des extraditions au menu

Lotfi Boudjemaa reçoit son homologue français Gérald Darmanin : Les dossiers des biens mal acquis, et des extraditions au menu

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a reçu, lundi au siège du ministère, son homologue français, M. Gérald Darmanin, et la délégation l’accompagnant a indiqué hier un communiqué du ministère.

Par Said R.

«La rencontre s’est déroulée en présence de cadres des ministères de la Justice et des Affaires étrangères». Dans la matinée, s’est déroulé «une séance d’entretiens bilatéraux en présence des membres des délégations des deux pays, au cours de laquelle les deux parties ont examiné l’état de la coopération bilatérale entre les ministères de la Justice des deux pays dans les domaines juridique et judiciaire, ainsi que les voies et moyens de la consolider davantage».

Dans l’après-midi, ces entretiens bilatéraux seront suivis d’une séance de travail regroupant les magistrats accompagnant le ministre français et leurs homologues algériens, «en vue d’examiner les dossiers bilatéraux liés à la coopération judiciaire», précise le communiqué du ministère de la Justice.

La visite du Garde des sceaux français s’inscrit dans une dynamique de reprise des relations algéro-françaises entamée par le déplacement du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, puis par la visite le 8 mai dernier de la ministre déléguée chargée des Anciens combattants, Alice Rufo, accompagnée de l’ambassadeur de France à Alger Stéphane Romatet qui reprenait officiellement ses fonctions.

Quelle sera la teneur des entretiens entre Lotfi Boudjemaa et Gérard Darmanin ? «Évidemment, le dossier des biens mal acquis, le dossier des extraditions et le dossier de la criminalité organisée seront au cœur des entretiens entre les deux ministres et entre les magistrats spécialisés», révélait Stéphane Romatet à la chaîne de télévision algérienne «AL24 News» en marge de la Journée internationale du vivre ensemble célébrée chaque 16 mai.

Le diplomate français, qui avait affiché « la volonté assumée de la France de coopérer avec l’Algérie sur ces questions», avait assuré que « le ministre de la Justice vient avec le procureur général financier, avec la procureure générale chargée de la criminalité organisée, justement pour avoir des discussions de justice à justice, pour avancer sur le dossier des biens mal acquis».

«C’est un dossier fondamental pour l’Algérie, nous en connaissons la sensibilité», avait déclaré Stéphane Romatet, avouant que les dossiers judiciaires intéressant les deux pays sont «très importants, très sensibles, très complexes et très nombreux».

Selon lui, le président français, Emmanuel Macron, a souhaité que le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, «vienne très vite en Algérie. Une semaine après la visite de la ministre déléguée aux Armées». «Nous espérons vraiment beaucoup de cette visite», avait-il indiqué.

L’ambassadeur de France en Algérie, qui révélait également que «les discussions porteront également sur la lutte contre le narcotrafic qui est un sujet majeur et pour la France et pour l’Algérie», a annoncé la relance immédiate des travaux de la commission mixte des historiens.

«Le président (Macron) a décidé que la Commission mixte des historiens reprendrait, sans délai, ses travaux, pour qu’ensemble, nous avancions sur ce chantier de la mémoire qui est si important pour l’Algérie», avait indiqué Stéphane Romatet qui parlait d’«une démarche de mémoire, qui consiste, aussi, à regarder la vérité de l’histoire, dans ce qu’elle a de plus difficile, de plus tragique. C’était le sens de la commémoration de Sétif, le 8 mai». Selon lui, la Commission se penchera ainsi sur les questions de «l’accès aux archives, la numérisation, les programmes d’échange entre historiens, scientifiques, mais aussi sur la question des restitutions».

«Tout ceci est au menu de la prochaine réunion de la Commission mixte des historiens que nous souhaitons qu’elle se tienne dans les quelques jours, sinon dans les quelques semaines à venir», a fait savoir le diplomate français en affirmant qu’«Il y a un désir des deux chefs d’État, du président (Emmanuel) Macron et du président (Abdelmadjid) Tebboune, d’accélérer la reprise du dialogue, en confiance, en partenariat, et dans le respect entre nos deux pays».

S. R.

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