S’il fallait un exemple concret de la réelle volonté de l’Etat algérien de diversifier son économie hors-hydrocarbures, son industrie pharmaceutique en est un par excellence. A telle enseigne, que le secteur place actuellement notre pays en tant que leader à l’échelle africaine en la matière, mais aussi, ce qui est non moins important, explique que la production pharmaceutique nationale est en voie d’autosuffire les besoins nationaux en médicaments, puisque cet objectif atteint aujourd’hui, au moins les 80% . Quelle stratégie les autorités ont-elles adoptée qui expliquerait de pareilles performances ?
Par Hakim O.
La démarche a été sous-tendue par une phase de structuration profonde en 2025, articulée autour de la souveraineté sanitaire essentiellement. C’est en vertu de cet objectif, en effet, que nous en sommes à une couverture des besoins nationaux de l’ordre de plus de 80 %, alors que la stratégie fixe une autosuffisance totale du marché national.
Pour ce faire, les autorités, en matière de médicaments innovants, œuvrent à la localisation de la production de médicaments biologiques, biosimilaires (insuline, oncologie) et hormonologie, outre à l’intégration locale, via le soutien à la production d’intrants (matières premières) et d’emballages pour réduire la dépendance aux importations.
Autre objectif majeur dans ce sens, la relance de Saidal, à travers la redynamisation du groupe public pour en faire un pôle de production et d’exportation africain.
Leadership africain
Au plan continental, l’Algérie occupe début 2026 une position de leader, soit le premier producteur de plusieurs médicaments stratégiques en Afrique. Environ un tiers des usines pharmaceutiques de tout le continent sont implantées dans le pays, avec 230 unités de production sur les 649 recensées en Afrique.
En janvier 2026, l’Algérie s’est imposée comme le premier producteur d’insuline en Afrique, franchissant un cap majeur vers la souveraineté sanitaire régionale, ce qu’illustre particulièrement le lancement en 2025 de la première unité africaine de production de matières premières pour médicaments anticancéreux à Sétif.
Lors de la Foire intra-africaine (IATF 2025), des contrats d’exportation de près de 400 millions de dollars ont été conclus, faisant du secteur un hub de l’exportation, l’Algérie possédant le deuxième plus grand marché pharmaceutique d’Afrique, estimé à environ 4 milliards de dollars.
La stratégie actuelle vise à transformer l’industrie locale, historiquement centrée sur le conditionnement, en une industrie de synthèse de matières premières et de biotechnologies pour conquérir davantage de parts de marché sur le continent africain.
H. O.
Accélération du Numérique (e-Santé)
Outils technologiques pour moderniser la gestion hospitalière– Digitalisation des soins : Mise en place progressive du dossier médical électronique et de solutions de télémédecine.
– IA et gestion : Utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser les flux de patients et la gestion des stocks de médicaments.
– Infrastructures :Modernisation des équipements pour répondre aux pannes répétitives signalées par le Ministère de la Santé.
L’industrie pharmaceutique nationale en chiffres
– Taux de couverture : La production locale couvre désormais 83 % des besoins nationaux en médicaments à fin décembre 2025.
– Valeur du marché : Estimé à environ 4 milliards de dollars (selon le Ministère de l’Industrie Pharmaceutique), ce qui en fait le deuxième plus grand marché d’Afrique.
– Nombre d’établissements : Le pays compte 233 établissements pharmaceutiques, dont 138 unités de production actives.
– Produits enregistrés : On dénombre 4 180 produits fabriqués localement sur un total de 5 557 médicaments enregistrés dans la nomenclature nationale.
– Infrastructure : Le secteur dispose de 780 lignes de production à travers le pays.
– Groupe Saidal : Le leader public a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires prévue à 45 % d’ici fin 2025, avec le lancement de la production de matières premières pour 50 médicaments.
– Réduction des importations : La facture d’importation a chuté de 40 % ces dernières années, passant de 2 milliards USD en 2019 à environ 1,2 milliard USD.
– Objectifs Export : Lors de la foire IATF 2025 à Alger, des contrats d’une valeur de 400 millions de dollars ont été visés pour renforcer la présence algérienne sur le marché africain.
– Numérisation : Une numérisation globale du secteur est prévue pour être finalisée au cours de l’année 2026 pour optimiser la gestion des stocks et éviter les pénuries.
H. O.







