La mise en service de la ligne ferroviaire minière Gara Djebilet–Tindouf–Béchar constitue l’un des jalons majeurs de la politique de souveraineté économique de l’Algérie. Longue de près de 950 kilomètres, cette infrastructure stratégique, officiellement inaugurée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, s’inscrit dans une vision visant la valorisation des ressources minières nationales et la diversification de l’économie hors hydrocarbures. Par son ampleur, ses capacités et les moyens mobilisés, elle figure parmi les plus grands projets ferroviaires jamais réalisés dans le pays.
Par Sofiane Idiri
La ligne ferroviaire Gara Djebilet, Tindouf, Béchar restera comme l’un des chantiers les plus ambitieux jamais réalisés en Algérie. Par son ampleur, ses délais d’exécution et les moyens mobilisés, ce projet incarne une nouvelle ère dans la réalisation des grandes infrastructures nationales. C’est un axe ferroviaire stratégique au service de l’industrie nationale.
Conçue comme un maillon essentiel de l’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet Tindouf, la ligne assure le transport du minerai vers les zones industrielles du pays, garantissant ainsi l’approvisionnement de l’industrie sidérurgique nationale.
Sa capacité d’exploitation quotidienne est estimée à 24 trains de maté- riaux miniers, en plus de deux trains de voyageurs et deux trains de marchandises, avec des vitesses atteignant 80 km/h pour le fret et les minerais et jusqu’à 160 km/h pour les voyageurs.
La réalisation de ce projet a nécessité des travaux de terrassement exceptionnels, comprenant 15,24 millions de mètres cubes de remblais et 54,28 millions de mètres cubes d’excavations, ainsi que la mise en place de couches techniques totalisant 2,58 millions de mètres cubes.
Au total, 1 026,22 kilomètres de voies ferrées ont été posés, à un rythme inédit de 10 kilomètres par jour, une performance sans précédent à l’échelle nationale.
Un chantier générateur d’emplois et de dynamisme territorial
Sur le plan socio-économique, le projet a constitué un important gisement d’emplois. De 11 454 travailleurs ont été mobilisés durant la phase de réalisation, appuyés par 4 106 engins et camions spécialisés. À cela s’ajoute la création de 42 bases de vie, 38 ateliers de prétraitement et l’exploitation de 471 carrières et mines pour l’approvisionnement en matériaux de construction.
La dimension industrielle du chantier s’est également illustrée par la production de plus de 1 million de traverses en béton, avec un rythme de production quotidien avoisinant 6 000 unités. L’usine de Hassi Khabi Tindouf a enregistré à elle seule une capacité maximale de 4 700 traverses par jour, traduisant le développement des capacités industrielles locales.
Par ailleurs, 7 515 tonnes d’explosifs ont été utilisées, notamment sur le tronçon Hamakir Umm El Assel, dans des conditions techniques et géologiques complexes. Ces opérations ont permis d’adapter le tracé aux contraintes naturelles du territoire.
La ligne minière est une infrastructure structurante et une prouesse technique nationale. Le projet comprend la réalisation de 45 grands ouvrages d’art ferroviaires, totalisant 20,04 kilomètres, dont le viaduc d’Oued Daoura, long de 4,11 kilomètres, considéré comme le plus important ouvrage technique de la ligne.
Il intègre également 50 passages supérieurs et inférieurs routiers, sept gares principales, renforçant l’intégration territoriale du Sud-Ouest algérien.
Réalisé sous la supervision de l’Agence nationale d’études et de suivi des investissements ferroviaires (ANSER), le projet a été majoritairement confié à des entreprises nationales, en partenariat avec la société chinoise CRCC.
Cette configuration a mis en lumière le savoir-faire et la compétence de la main-d’œuvre algérienne, capable de relever des défis techniques majeurs dans des conditions climatiques et géographiques difficiles.
L’implication massive des entreprises nationales a permis un transfert de compétences, le renforcement des capacités techniques locales et la consolidation d’une expertise nationale dans le domaine des infrastructures ferroviaires.
Ce projet constitue ainsi un acquis stratégique, non seulement sur le plan économique, mais aussi en matière de capital humain et de maîtrise technologique, ouvrant la voie à la réalisation future de projets d’envergure similaires.
À terme, la ligne Gara Djebilet– Tindouf–Béchar est appelée à jouer un rôle central dans l’intégration économique nationale, en reliant les zones minières aux pôles industriels et logistiques, tout en consacrant le rail comme levier stratégique de l’intégration régionale africaine.
S. I.
Clés
– En novembre 2023, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné le signal de lancement du projet. Vingt-cinq mois plus tard, le 31 décembre 2025, les travaux ont été achevés et le projet est devenu une réalité, et ces six mois avant la date contractuelle initialement fixée à juin 2026.
– Sa capacité d’exploitation quotidienne est estimée à 24 trains de matériaux miniers, en plus de deux trains de voyageurs et deux trains de marchandises, avec des vitesses atteignant 80 km/h pour le fret et les minerais et jusqu’à 160 km/h pour les voyageurs.
– Au total, 1 026,22 kilomètres de voies ferrées ont été posés, à un rythme inédit de plus de 10 kilomètres par jour, une performance sans équivalent à l’échelle nationale.
Le projet comprend la réalisation de 45 grands ouvrages d’art ferroviaires, totalisant 20,0 kilomètres
– Long de 950 km, le projet ferroviaire relie Béchar à Tindouf et Gara Djebilet. Vitesse : 160 km/h voyageurs, 80 frets.
Capacité quotidienne : 24 trains miniers, deux voyageurs et deux marchandises, moteur stratégique logistique et minier national de l’Algérie moderne actuelle.
– Lancé en novembre 2023, le chantier mobilise 11 457 travailleurs. Achevé avant juin 2026, il compte 1,6 million de traverses, 45 grands ponts, sept gares, 471 carrières mobilisés, illustrant une prouesse industrielle nationale d’ingénierie ferroviaire algérienne majeure contemporaine.
S.I.







