Le monde de 2026 n’est plus celui qu’on connaissait avant. Le déséquilibre des forces ouvre la voie à la désillusion. Entre le choc énergétique qui fragilise le Nord et les nouvelles perspectives macroéconomiques de la BAD, l’Algérie compte parmi les pays qui tracent leur route avec une force tranquille. Loin des mirages de croissance basés sur l’emprunt, notre pays mise en effet, sur une industrialisation tous azimuts et une indépendance totale envers l’étranger. Retour sur une semaine charnière où la souveraineté intégrale s’affirme comme le seul contre-modèle gagnant.
Par Lyazid Khaber
Le monde de cette fin mars ne se contente plus de muter ; il se fragmente sous le poids d’une géopolitique incendiaire. Cette semaine est cruciale, car marquée par la publication le 30 mars 2026 du rapport de la Banque africaine de développement (BAD) sur «Performances et perspectives macroéconomiques», qui offre un éclairage sans conteste sur l’évolution des équilibres globaux. D’autre part, il faut dire que l’économie planétaire est plus que jamais prise en étau.
Entre un Moyen‑Orient en flammes et une Afrique qui émerge comme le nouveau poumon de la croissance, l’analyse des faits pointe vers une vérité crue où seuls les États souverains, maîtres de leurs ressources et affranchis du « diktat de la dette », sortiront vainqueurs de ce grand basculement.
L’Occident face au choc, l’Orient face à son impuissance
La guerre s’enracine inexorablement et durablement au Moyen‑Orient. À bien y regarder, ce n’est plus une simple tragédie régionale, mais un séisme systémique qui redessine la hiérarchie des nations.
Cette semaine, les menaces pesant sur les flux maritimes se sont exacerbées. Par conséquent, les cours du brut sont propulsés vers des sommets qui font blêmir les économies importatrices du Nord.
Ainsi, au moment où l’on s’inquiète sérieusement d’une inflation galopante à Paris comme à Washington, les nations exportatrices comme la nôtre trouvent dans cette conjoncture une véritable aubaine stratégique.
Ce renchérissement du baril n’est pas un problème, mais c’est plutôt un levier de puissance qui permet de financer – sans l’aide de personne – les infrastructures de demain.
Ceci dit, l’Occident se retrouve otage d’un modèle qu’il ne maîtrise plus, face à un Sud qui tient enfin les rênes de la valeur. Renversement de situation !
L’Afrique des lions face à l’impasse du makhzen
Le rapport de la BAD, publié le lundi 30 mars 2026, est plus qu’un document de synthèse ; c’est un manifeste pour la résilience. Malgré un contexte mondial défavorable, l’Afrique confirme, selon les experts de la BAD, qu’elle abrite 12 des 20 économies les plus dynamiques de la planète.
Le PIB réel du continent devrait en effet progresser de 4,3 % en 2026. Ce succès est porté par des nations comme l’Algérie, l’Éthiopie ou le Rwanda, qui ont fait le choix de l’investissement productif et de la transformation locale.
En revanche, ce dynamisme met en exergue l’échec patent de la politique de l’autruche suivie par certains pays, comme le Maroc qui s’embourbe dans sa logique makhzenienne.
Ainsi, alors que Rabat tente de vendre un mirage de croissance, le rapport souligne en creux la vulnérabilité des modèles basés sur l’endettement extérieur et la dépendance aux services volatils. Avec une dette publique atteignant des sommets alarmants, le « Moughrib » s’enclave dans une spirale où chaque point de croissance est immédiatement dévoré par le service de la dette.
Contrairement à ses pairs africains qui diversifient leur industrie, le régime alaouite reste prisonnier d’une économie de façade, incapable de protéger sa souveraineté face aux chocs énergétiques mondiaux.
El Mahroussa, ou la forteresse de la « souveraineté intégrale »
Pendant ce temps, au moment où certains subissent les vents contraires, notre pays avance avec la force tranquille de ceux qui ne doivent rien à personne. La trajectoire nationale est celle d’une mue industrielle profonde, portée par une vision qui refuse l’exportation de la richesse brute.
Alliant perspicacité et audace, l’Algérie sait où elle va. Tournée résolument vers l’avenir, le pays aspire à gravir les marches du podium pour aller titiller les sommets de la croissance. Le Conseil du gouvernement, tenu ce mercredi 1er avril 2026, tout comme ceux qui l’ont précédé, illustre cette gestion méthodique.
Loin des effets d’annonce, l’Exécutif examine à chaque fois des projets de décrets exécutifs et des communications sectorielles visant à lever les derniers verrous bureaucratiques pour les investisseurs, désormais force motrice de croissance.
Cette consolidation réglementaire accompagne le décollage des pôles miniers d’Oued Amizour et de Gara Djebilet, transformant l’Algérie en futur hub minier du continent.
Ainsi, avec une dette extérieure inexistante et des recettes dopées par la conjoncture pétrolière, le pays réinvestit chaque gain dans l’autonomie stratégique. De ce fait, l’Algérie ne subit pas le marché, elle l’utilise pour cimenter sa place de leader méditerranéen et africain.
Le verdict du dimanche
Enfin, quelle conclusion tirer de l’analyse des faits de cette semaine ? La réponse est simple : « la croissance sans souveraineté est une prison dorée ». En effet, le rapport de la BAD valide la voie de la transformation, mais il n’en agit pas moins comme un révélateur des échecs des politiques basées sur le paraître.
Du côté de l’Algérie, en choisissant la voie de l’industrialisation et de l’autonomie financière absolue, notre pays se positionne comme le contre‑modèle gagnant face aux économies de rente et de dette.
Dans un monde où l’énergie est une arme, Alger possède le glaive de ses ressources et le bouclier de son indépendance.
L. K.







