Alors que le commun des Algériens a comme souci prioritaire en ce moment, les dépenses du mois de Ramadhan, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, vient d’annoncer le lancement des soldes durant le mois béni attendu pour la mi-avril prochain. C’est du moins, l’avis réservé d’acteurs de la scène économique et commerciale. Autre appréhension autour de cette annonce, celle éventuelle, de « soldes non encadrées qui ouvriraient la porte à une certaine anarchie, du fait qu’elles sont laissées au bon soin du commerçant d’écouler la marchandise qu’il désire », estime-t-on.
Par Réda Hadi
Toutefois, des avis plus positifs sont émis, à savoir que les Algériens ne seraient pas mécontents de la tenue de l’opération de mise en vente d’articles soldés qui arrangeraient leurs budgets, à partir de la première semaine du mois d’avril pour se poursuivre durant tout le mois du ramadhan ainsi que les jours de l’Aïd.
Cette décision de lancer les Soldes et que nous avons déjà annoncée dans une précédente édition, aussi louable qu‘elle puisse être, n’est donc pas l’urgence ressentie, pour autant, par les Algériens, et certainement pas à l’approche de ce mois tant redouté en matière de dépenses qu’ils auraient aimé consacrer à l’acquisition de produits bien plus nécessaires.
Ainsi, pour le président de l’Anca (Association des commerçants et artisans algériens), Hadj Tahar Boulenouar, «le ministre du Commerce a péché par défaut de communication. Il n’a fait que confirmer ce qui a été déjà décidé il y a de cela un mois. A ce moment là, le problème d’huile n’existait pas. Et vu le manque criard d’espaces de vente, estimés à quelques 500 marchés de proximité, il a été décide d’organiser des foires et autres braderies pour solder», analyse-t-il, soulignant que cette décision a pour but premier «d’élargir les circuits de commercialisation», non sans déplorer que le « manque de précision du ministre, vu le contexte actuel, a jeté du flou et de l’incompréhension surtout ».
Par ailleurs, force est de reconnaitre que pour les soldes de vêtements et chaussures, elles ne pourraient qu’être bénéfiques pour les ménages, car après Ramadhan, arriveront les fêtes de l’Aïd El-Fitr, avec ses exigences d’achats de produits « incompressibles », dont les vêtements pour enfants.
Alors un Ramadhan sans pénurie?
En attendant que la situation s’éclaircisse, Kamel Rezig a souligné que concernant l’opération des soldes, celle-ci concernera l’habillement, la chaussure, l’électro- ménager, la vaisselle et les produits alimentaires, soulignant qu’elle s’adressait à tous les commerçants. A cet effet, fait-il encore savoir, des espaces- expositions seront ouverts à travers toutes les communes du pays aux commerçants désireux de souscrire à l’opération des soldes qui se tiendra de concert avec les walis, le ministère de l’Agriculture et celui de la Solidarité, non sans mettre en avant, que les opérateurs seront dispensés de toute autorisation.
A ce sujet, des observateurs soulignent, que «des soldes non encadrées ouvriraient la porte à une certaine anarchie, du fait qu’elles seront laissées au bon soin du commerçant d’écouler la marchandise qu’il désire ».
Or, il est patent que les soldes sont censées être régies par des règles très précises, et ont pour but essentiel, d’écouler des stocks de production nationale.
Or, dans les faits et les éditions passées nous l’ont montré, les commerçants affichent des soldes selon leur bon vouloir à des taux qui ne correspondent pas à une quelconque norme, et ce, sachant que ce sont surtout des produits fabriqués en Chine ou ailleurs, qui sont le plus concernés.
S’agissant de la pénurie d’huile que nous connaissons, actuellement, Boulenouar a tenu à nous préciser «qu’il existe 70 000 tonnes d’huile en stock, voire plus, et que cela est suffisant pour le ramadhan. Par ailleurs, cette fois-ci, les détaillants ont le droit de s’approvisionner directement chez les fournisseurs sans augmentation de marge bénéficiaire. Durant le Ramadhan, il n y aura pas de pénurie d’huile» a-t-il rassuré.
R. H.







