Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah (au centre), a présenté la NAFA aux CER africaines, soulignant l’importance d’une coordination régionale renforcée pour combler le déficit de financement du continent.
Par Said R.
Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a tenu, ce dimanche dernier à Addis-Abeba, une session de travail de haut niveau déterminante avec les dirigeants des Communautés économiques régionales (CER) d’Afrique.
«Organisée dans la capitale éthiopienne, en marge du 39e Sommet de l’Union africaine, la session portait sur la Nouvelle architecture financière africaine : la NAFA constitue un cadre transformateur conçu par l’Afrique elle-même pour mobiliser des capitaux nationaux à grande échelle, renforcer la souveraineté financière et combler le déficit persistant du continent en matière de financement du développement».
Un publication de la BAD sur site officiel a indiqué que la session a réuni les directeurs généraux des CER reconnues par l’Union africaine (UA) : l’Union du Maghreb arabe (UMA), le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que le secrétaire général du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Dans son discours d’ouverture, M. Ould Tah, cité par la même source, a souligné «la nécessité de combler d’urgence le déficit de financement du développement de l’Afrique en passant de systèmes fragmentés à une architecture coordonnée».
Cette architecture, a-t-il, expliqué, «vise à libérer la puissance du capital de l’Afrique, rétablir la souveraineté financière, soutenir l’emploi des jeunes et accroître les investissements dans les infrastructures transformatrices tout en promouvant l’industrialisation».
«La NAFA n’est pas qu’un simple plan financier. C’est un schéma directeur pour la transformation économique de l’Afrique. Il laisse entrevoir un avenir où l’Afrique finance son développement selon ses propres modalités, grâce à la collaboration, à la cohérence et au leadership», a déclaré M. Ould Tah.
La NAFA, principal moteur de réformes des systèmes financiers
Pilier essentiel de la vision stratégique des Quatre Points cardinaux portée par le président de l’institution financière, «la NAFA constitue le principal moteur de la réforme des systèmes financiers de l’Afrique et de l’amplification de sa voix unifiée sur la scène mondiale».
Pour la BAD, cette «réunion marque une étape décisive dans l’alignement des priorités régionales sur un modèle financier ancré localement, afin de favoriser une croissance durable et la résilience sur le continent».
Les dirigeants régionaux ont salué cette initiative du Groupe de la Banque africaine de développement, écrit la même source, «et ont fait part des actions concrètes de leurs communautés pour accroître les investissements dans les infrastructures transfrontalières, l’industrialisation et le développement du secteur privé. Ils ont également rappelé l’importance des plateformes de cofinancement, des capacités de mise en œuvre régionale et des garanties pour réduire les risques sur les pipelines d’investissement».
La nécessité de lutter contre les flux financiers illicites a également été présentée comme un facteur essentiel pour renforcer la mobilisation des ressources nationales, compte tenu de leur impact persistant sur la viabilité budgétaire, la gouvernance et la capacité de l’Afrique à mobiliser ses propres ressources pour son développement, estime la publication de la BAD.
La Commissaire au développement économique, au commerce, au tourisme, à l’industrie et aux minéraux de l’Union africaine, Francisca Tatchouop Belobe, rapporte la même source, «a insisté sur l’urgence d’approfondir les réformes économiques structurelles et de renforcer leur mise en œuvre grâce à une coordination plus étroite entre les institutions africaines et les acteurs financiers». «Nos efforts financiers et économiques sont trop fragmentés», a t-elle noté.
Cette fragmentation amoindrit l’échelle, la visibilité et l’impact collectif sur le continent.» Elle a appelé à «une approche plus intégrée et coordonnée, pilotée par les institutions africaines», afin d’obtenir des résultats tangibles en matière de développement.
«Francisca Tatchouop Belobe a aussi appelé les CER à jouer un rôle de premier plan dans l’identification des entreprises africaines performantes et dans le soutien qui leur est apporté».
Selon elle, «les CER doivent aider à placer les entreprises africaines au cœur des opportunités d’investissement et de croissance de l’Afrique». Cette approche est essentielle pour ancrer l’industrialisation, renforcer les chaînes de valeur régionales et veiller à ce que le développement de l’Afrique soit porté par des acteurs économiques dirigés par des Africains, estime -t-elle.
Pour Wamkele Mene, secrétaire générale de la Zlecaf, la NAFA comme un accélérateur opportun pour l’industrialisation de l’Afrique et la mise en œuvre de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine. Il a mis «en avant l’importance de combler le déficit d’infrastructures de l’Afrique et de tirer parti de ses ressources minérales critiques pour soutenir les chaînes de valeur régionales et une croissance industrielle durable».
Selon la BAD, la session de haut niveau s’est achevée sur un engagement commun à combler les écarts entre les politiques régionales et leur impact économique grâce à trois piliers clés : Approfondir la coordination entre le Groupe de la Banque, les CER et les institutions financières africaines, garantir l’alignement stratégique des projets régionaux phares sur les priorités d’investissement de la NAFA, et promouvoir un impact responsable en veillant à ce «Le Groupe de la Banque africaine de développement consolidera les résultats dans une feuille de route de mise en œuvre et maintiendra un engagement soutenu de haut niveau avec les partenaires clés pour traduire l’Agenda 2063 de l’Afrique en résultats concrets à grande échelle», affirme la publication de la BAD.
S. R.







