La production pétrolière algérienne a franchi un nouveau palier en février 2026, atteignant une hausse de 6000 b/j. C’est ce qui ressort du dernier rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Cette progression porte l’extraction nationale à son plus haut niveau depuis mai 2023.
Par K. Boukhalfa
En effet, la même source explique que l’Algérie a produit 973 000 barils par jour (b/j) en février 2026, contre 967 000 b/j en janvier, soit une hausse de 6 000 b/j.
Un chiffre qui dépasse légèrement le plafond alloué au pays pour le premier trimestre 2026, fixé à 971 000 b/j dans le cadre du plan de réintégration progressive des volumes de l’alliance OPEP+.
Ce niveau de production est le plus élevé enregistré depuis mai 2023, porté par une stabilisation de l’appareil productif amorcée dès le second semestre 2025, selon le suivi historique réalisé par l’unité de recherche Energy Research.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la production algérienne s’est établie à 934 000 b/j, en nette progression par rapport aux 905 000 b/j de 2024.
Une remontée progressive de la production
Cette performance s’inscrit dans le cadre de la politique menée par le groupe des huit membres de l’OPEP+ engagés dans le retrait graduel de leurs réductions volontaires de production.
Le processus s’est articulé en deux phases distinctes : la première, achevée en septembre 2025, a concerné le retour progressif de 2,2 millions de b/j réduits depuis avril de la même année. La seconde, lancée en octobre 2025 à hauteur de 137 000 b/j supplémentaires, a été temporairement suspendue au premier trimestre 2026 afin de préserver l’équilibre du marché.
À compter d’avril prochain, cette suspension prend fin et la cadence s’accélère : l’alliance prévoit d’injecter 206 000 b/j additionnels sur le marché.
Pour l’Algérie, cela se traduira par une production attendue à 977 000 b/j le mois prochain, conformément à son quota révisé.
Il convient de préciser que ces chiffres interviennent dans un contexte de vives tensions au Moyen-Orient, après les opérations militaires américano-israéliennes contre l’Iran déclenchées fin février, qui ont profondément bouleversé les marchés pétroliers mondiaux et propulsé les prix du brut à des niveaux inédits depuis plusieurs années.
Le Sahara Blend, le brut arabe le plus cher en février
Sur le plan des prix, l’Algérie tire également son épingle du jeu. Le Sahara Blend s’est imposé comme le brut arabe le plus cher en février 2026, atteignant 73,59 dollars le baril, contre 67,73 dollars en janvier, soit un bond de près de 5,86 dollars.
Il devance le brut libyen Es Sider crude (71,14 $/b), le Murban crude émirati (69,45 $/b) et l’Arab Light crude saoudien (68,40 $/b).
Cette hausse collective des bruts arabes intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, avec des répercussions directes sur les marchés pétroliers mondiaux.
Les contrats à terme du Brent crude oil s’échangent actuellement au-dessus de 90 dollars le baril, après avoir brièvement franchi le seuil des 119 dollars lundi dernier, à la suite des perturbations liées aux opérations militaires américano-israéliennes contre l’Iran.
Un marché mondial sous haute tension
À l’échelle de l’OPEP+, la production globale a atteint 42,72 millions de b/j en février 2026, contre 42,27 millions en janvier.
La hausse est principalement imputable au Kazakhstan (+293 000 b/j, à 1,489 million b/j) et au Venezuela (+80 000 b/j, à 903 000 b/j).
À l’inverse, la Russie a réduit son extraction de 56 000 b/j, suivie du Nigéria (-28 000 b/j) et de la Libye (-23 000 b/j).
Les données de février ne reflètent toutefois pas encore l’impact des frappes contre l’Iran, qui ont conduit cinq pays du Golfe — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn, Irak et Koweït — à annoncer des réductions de production en raison de la paralysie du trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de l’offre mondiale quotidienne.
Dans ce contexte de marché sous tension, les indicateurs restent favorables pour la rente pétrolière algérienne, au moment où Sonatrach et le gouvernement tablent sur des recettes d’exportation soutenues pour financer les équilibres budgétaires de l’exercice en cours.
K. Boukhalfa







