Situation inédite: aucun projet d’investissement n’a été validé par l’ANDI depuis novembre 2019 à ce jour. La raison : le nouveau code de l’investissement n’est pas encore promulgué.
Par Akrem R
Des opérateurs économiques et patronat ne cessent d’interpeler le gouvernement et le président de la République sur cette situation de stagnation en porte à faux avec la nouvelle vision des pouvoirs publics, à savoir, de mettre en place un nouveau paradigme économique basé sur la création de richesses hors hydrocarbures et d’emplois, notamment.
Ainsi, et selon l’avis des experts, le gouvernement a perdu beaucoup trop de temps dans l’élaboration de ce nouveau code de l’investissement. Il est plus qu’urgent de le promulguer afin de relancer et de dynamiser la machine économique du pays, dira l’expert international en investissement, Mohamed Sayoud. Pour lui, « il est inadmissible qu’après trois ans, ce code ne soit pas encore prêt». Et d’ajouter : «L’Algérie a besoin d’une nouvelle dynamique dans tous les domaines économiques. Il y a des centaines d’investisseurs étrangers qui veulent réaliser des projets dans notre pays dans des secteurs non stratégiques, mais le cadre réglementaire ne le permet pas encore !».
Le nouveau ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, est appelé à faire aboutir ce dossier dans les meilleurs délais. «Le gouvernement doit s’attaquer, en premier, à ce dossier. Nous n’avons plus de temps à perdre», a souligné notre interlocuteur, en plaidant pour l’assouplissement des procédures en faveur des investisseurs. La conjoncture économique l’impose d’ailleurs. Une nouvelle cartographie mondiale en matière d’investissements est en train de se dessiner. L’Algérie est appelée à l’adaptation de sa législation économique afin de capter le maximum d’IDE, a plaidé, pour sa part, l’enseignant universitaire, Ahmed Saouahlia.
Lors d’une rencontre avec la presse nationale, en mars dernier, le président Tebboune avait affirmé que la nouvelle politique de l’investissement «repose sur la suppression de tout ce qui a trait à l’idéologie pour ne maintenir que les aspects purement économiques».
Ce projet visait à faciliter l’investissement, avait-il ajouté, mettant en avant la suppression de la règle 49/51 relative à l’investissement étranger pour les secteurs non stratégiques, tout en accordant la priorité à l’investissement national.
Le CNRC bloque les investisseurs étrangers !
La suppression de cette règle sur les secteurs non-souverains a généré un surcroit de motivation auprès des investisseurs étrangers, venant principalement de Chine, Turquie, communauté syrienne et divers pays européens, qui se sont approchés des services du CNRC, en vue de la création de diverses entreprises exerçant dans plusieurs domaines, pour contribuer au développement économique et à la création d’emploi, de la richesse et du transfert technologique. Mais, malheureusement, avait déploré l’expert Sayoud, les services habilités du CNRC, qui sont sous la tutelle officielle du ministère du Commerce, ont toujours fait montre d’un comportement reticent à l’égard de ces investisseurs étrangers, arguant, principalement, que la règle des 51/49 était toujours en vigueur, ce qui contredit les orientations de l’Etat algérien.
50 projets étrangers déposés à l’ANDI
L’Agence nationale pour le développement de l’investissement (ANDI) a reçu, durant la période de novembre 2019 à Aout 2021, près de 50 projets d’investissements étrangers, dont trois grands projets d’une valeur de 500 milliards de centimes, soit près de 40 millions de dollars.
L’étude de ces dossiers a été finalisée, selon des sources concordantes, et l’Andi n’attend que la promulgation du Code de l’investissement.
En revanche, en ce qui concerne les investissements locaux, l’ANDI a reçu, également ces dernières années, 2 000 dossiers d’investissements, notamment, durant la période allant de janvier 2020 à avril 2021. En outre, au cours du premier trimestre de l’année en cours, l’ANDI a reçu 526 dossiers qui ont été enregistrés, et la création de 4 000 postes d’emplois.
A. R.