L’Algérie vient de franchir un nouveau cap dans la diversification de l’économie nationale. Le projet de la mine Zinc-plomb d’Amizour-Tala Hamza, dans la wilaya de Béjaïa, a été lancé officiellement hier par le Premier ministre, Sifi Ghrieb. Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre a en effet présidé une cérémonie de lancement des travaux de ce projet stratégique qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie décidée par le président de la République pour faire du secteur minier un levier stratégique du développement économique durable.
Par Hakim O.
Lors de son allocution, le Premier ministre a souligné que le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait tenu sa promesse de démarrer le projet à la fin du mois de mars et que les travaux se déroulaient conformément à ses instructions.
« Les travaux dans cette mine apporteront une valeur ajoutée en termes de ressources que l’Algérie pourra proposer sur le marché international et permettra à notre économie de se positionner de manière stratégique », a déclaré Sifi Ghrieb. Ces ressources minières, ajoute-t-il, constituent désormais un pilier économique fort, stimulant la compétitivité entre les différents pays détenteurs de richesses similaires.
Le Premier ministre a rappelé que cette opération s’inscrit dans une série de projets miniers structurants. « Après le lancement du projet de Gara Djebilet, nous commençons aujourd’hui à Béjaïa et demain nous lancerons le projet de la mine de phosphate, en attendant d’autres projets à venir », a-t-il affirmé.
Mettant l’accent sur la vision économique nationale, il a affirmé que « l’Algérie avance à pas sûrs et notre économie progresse fermement vers la sortie de la dépendance pétrolière, un objectif suprême fixé par le Président de la République ».
Sifi Ghrieb a inspecté, lors de cette visite, les travaux d’aménagement de l’entrée du périmètre minier, qui s’étend sur une superficie de 234 hectares. Il a été accompagné lors de cette visite à la wilaya de Béjaïa du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, M. Mohamed Arkab, du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, M. Saïd Sayoud, du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, M. Mourad Adjal, du ministre de l’Industrie, M. Yahia Bachir, du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, M. Abdelkader Djellaoui, et de la Secrétaire d’État auprès du ministre des Hydrocarbures et des Mines, chargée des Mines, Mme Karima Bakir.
Une réserve de 34 millions de tonnes
Ce gisement, cinquième plus grande mine de zinc au monde, avec des réserves importantes dépassant les 34 millions de tonnes, s’inscrit dans une démarche alliant performance industrielle et préservation de l’écosystème de la vallée de la Soummam.
« Sur le plan de l’environnement, toutes les études nécessaires ont été achevées et validées par les autorités compétentes pour évaluer l’impact de l’exploitation du gisement, avec le choix d’une méthode d’exploitation souterraine appropriée qui permet la préservation du site et répond aux impératifs environnementaux. Il s’agit de la méthode dite de chambre remblayée descendante approuvée par les services compétents », avait déclaré Mme Nadjia Bourenane, directrice des Mines au ministère des Hydrocarbures et des Mines.
En effet, le projet intègre également des mesures environnementales avancées, telles que la réutilisation des résidus miniers pour combler les vides souterrains après mélange avec du ciment, ainsi que des systèmes de gestion des eaux et des déchets pour limiter tout impact environnemental potentiel, notamment le drainage acide.
La mine d’Oued Amizour, l’une des plus importantes au niveau mondial, sera exploitée par extraction souterraine, a expliqué un représentant de la Société nationale des recherches et de l’exploitation minière (SONAREM) lors de cette cérémonie.
Le processus comprend l’extraction des blocs de minerai, leur transport vers l’usine de traitement pour augmenter la concentration à environ 60% de zinc ou de plomb, contre une teneur initiale estimée à 4% pour le zinc et moins de 1,5% pour le plomb.
La production initiale sera destinée au marché national, tandis que l’excédent sera exporté vers les marchés internationaux.
D’un investissement global estimé à 471 millions de dollars, le projet affiche des perspectives économiques prometteuses, avec un chiffre d’affaires annuel prévisionnel de 215 millions de dollars, selon la fiche technique du projet.
Ainsi, l’amortissement de l’investissement est prévu dans environ cinq ans après l’entrée en production, témoignant d’une rentabilité rapide. Sur le plan technique, la mine devrait produire près de 2 millions de tonnes de minerai brut par an.
Une unité de traitement dédiée permettra ainsi d’extraire environ 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb annuellement. Une production qui permettrait à l’Algérie, à moyen terme, de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de renforcer la diversification de l’économie nationale.
Création de 700 emplois directs
L’exploitation de cette mine garantira une couverture totale des besoins nationaux, dont le principal consommateur est l’usine SPA Alzinc (Ghazaouet) dont les besoins s’élèvent à 80 000 tonnes/an. Elle contribuera également au développement de l’industrie de la métallurgie et de la galvanisation, très demandées sur le marché local et international.
En clair, ce projet marque également une étape importante dans le processus de revitalisation de l’activité minière et du renforcement de la souveraineté industrielle.
Au-delà de ses performances industrielles, ce projet constitue un levier important pour le développement local. Il devrait générer 700 emplois directs et près de 4 000 emplois indirects, contribuant ainsi à dynamiser significativement l’économie de la région.
Il convient de rappeler que le démarrage des premières étapes concrètes de ce projet a eu lieu jeudi dernier avec le lancement des travaux d’ouverture d’une route d’environ 2 kilomètres reliant la RN75, à proximité de la base de vie BZL, aux hauteurs du village Aït Bouzid, facilitant ainsi l’accès au site minier.
H. O.

