Le premier cluster de startups en Algérie, spécialisé dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA) et de la cybersécurité, a été lancé samedi dernier à Alger, a indiqué un communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, diffusé par l’APS.
Par Tahar Azizi
Ce cluster vise à « consolider l’intégration entre l’université, la recherche scientifique et l’entreprise économique, en vue d’accélérer la transformation des projets innovants en entités économiques à impact réel. Il ouvre, ainsi, la voie à une nouvelle phase de coopération entre les différents acteurs de l’écosystème de l’innovation », lit‑on dans le communiqué.
Son lancement s’inscrit également dans le cadre de « la mise en œuvre des dispositions du décret interministériel fixant les modalités de création et d’organisation des groupements de startups ».
Cet événement constitue « une étape qualitative dans le processus de construction d’un écosystème national intégré de l’innovation. Il incarne la nouvelle orientation de l’État visant à structurer le tissu entrepreneurial innovant à travers des clusters, à même de renforcer la compétitivité des startups et à accroître leur capacité de création de valeur», selon la même source.
La cérémonie de lancement a été organisée au niveau du pôle scientifique et technologique « Chahid Abdelhafid Ihaddaden » à Sidi Abdellah.
Elle a été présidée par les ministres de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Kamel Baddari, de l’Économie de la connaissance, des startups et des microentreprises, Noureddine Ouadah, ainsi que de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a précisé la même source.
«Transformer la connaissance en valeur économique tangible»
Dans une allocution prononcée à cette occasion, M. Ouadah a indiqué que ce projet est le fruit d’un travail conjoint avec le secteur de l’Enseignement supérieur, précisant que le cadre juridique et réglementaire permettant l’incubation des startups au sein des universités a été finalisé au cours des derniers mois, y compris pour les entreprises issues de l’extérieur du milieu universitaire.
Cette initiative permettra aux étudiants, enseignants et chercheurs d’interagir directement avec les acteurs économiques, a‑t‑il ajouté, tout en soulignant la volonté de généraliser ce modèle à l’ensemble des établissements universitaires à l’avenir.
Le ministre a, en outre, affirmé que cette démarche s’inscrit dans une orientation stratégique visant à bâtir une économie fondée sur la connaissance, consacrant ainsi le rôle de l’université en tant que source de production scientifique et acteur contribuant à la prise de décision économique.
De son côté, M. Baddari a estimé que ce « cluster » constitue un mécanisme pratique pour relier la recherche scientifique à l’économie, à travers la création d’une interaction directe entre les différents acteurs, permettant ainsi de transformer la connaissance en valeur économique tangible.
Cet espace contribuera à renforcer l’attractivité de l’université algérienne et à attirer les compétences nationales, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, ainsi qu’à ancrer la culture de l’innovation chez les étudiants, a‑t‑il ajouté.
Il est à noter que les investissements mondiaux dans les startups ont atteint environ 211 milliards de dollars au cours de l’année écoulée, dont environ 50 % destinés au domaine de l’intelligence artificielle, selon des données présentées lors de la rencontre.
Suivant cette tendance, l’Algérie connaît une croissance rapide de son écosystème entrepreneurial, dépassant les 10 000 startups enregistrées fin 2025, contre environ 200 en 2019. Les chiffres évoluent rapidement, puisque plus de 2 300 startups ont déjà reçu le label officiel en 2024.
Le nombre d’incubateurs est lui aussi passé de moins de 20 en 2020 à plus de 100 en 2025. Quant aux secteurs d’activités : la Fintech, la Healthtech, l’Edtech, l’E‑commerce et l’Industrie 4.0 sont très représentés.
Le gouvernement soutient cette dynamique via le portail Startup.dz et ambitionne d’atteindre 20 000 startups d’ici 2029 pour renforcer la souveraineté technologique. Un fonds de soutien public a été mis en place pour le financement des startups.
T. A.
Rencontre entre investisseurs privés et porteurs de projets
En marge de l’événement, une rencontre a été organisée rassemblant des investisseurs privés et des porteurs de projets innovants, dans le but de soutenir le financement des startups et de renforcer l’écosystème de l’innovation.
Dans ce contexte, le professeur à l’Université de Chicago, Fouad Bousetouane a souligné l’importance de connecter les étudiants aux acteurs économiques dès les premières phases de la formation. Le professeur à l’Université de New York, Ryad Baghdadi a, quant à lui, évoqué les transformations accélérées que connaît le monde dans le domaine de l’Intelligence artificielle et leur impact sur le marché du travail.
T. A.

