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Journée nationale des personnes âgées (27 avril) : Renforcer le pacte de solidarité entre les générations

Journée nationale des personnes âgées (27 avril) : Renforcer le pacte de solidarité entre les générations

Les besoins de cohésion et d’harmonie sociales à l’échelle de la collectivité, ainsi que l’épanouissement des citoyens à l’échelle des individus, charrient impérativement, par-delà nos traditions de solidarité et d’entraide ancrées dans la société, la nécessité de codifier les pratiques et traitements devant bénéficier à certaines catégories et sociales spécifiques, ainsi que la nécessité de leur conférer force de loi. Il en est ainsi de la catégorie des handicapés, des personnes aux besoins spécifiques et de la catégorie du troisième âge.

Par Amar Naït Messaoud

L’article 71 de la Constitution de 2020 dispose que « l’État œuvre à garantir aux personnes âgées aide et assistance», comme il précise : «sous peine de poursuites pénales, les enfants ont le devoir d’apporter aide et assistance à leurs parents».

Le président de la République a, à plusieurs occasions, rappelé le caractère social de l’État algérien, s’inscrivant dans la riche tradition sociale et culturelle de notre pays et dans la philosophie de la Déclaration du 1er novembre 1954.

Néanmoins, les vicissitudes de la vie «moderne» ayant affecté la société algérienne – exode rural, généralisation de l’emploi salarié, urbanisation accélérée, éclatement de la cellule familiale – a quelque peu déteint, de façon négative, sur la nature et le niveau des relations entre les membres d’une même famille, ce qui a impacté la collectivité dans son ensemble (village, douar, quartier,…).

Il y a un demi‑siècle, une loi destinée à protéger les personnes âgées aurait été regardée, non seulement comme superflue, mais, pire, comme une ‘’hérésie’’, presque une atteinte au bon sens, tellement la catégorie des personnes âgées était bien considérée, prise en charge et presque ‘’sacralisée’’.

Mais, autres temps, autres mœurs, et autres moyens pour la société de se défendre, de se relever et de remonter la pente vers plus de solidarité et de cohésion.

Le démantèlement de ces valeurs ne fait plus mystère. La cellule familiale est réduite à sa portion congrue de ce qui est appelé sous d’autres cieux la famille nucléaire, formée d’un couple vivant avec ses enfants mineurs.

L’amenuisement de la propriété foncière, la disparition des anciens métiers d’artisanat regroupant tous les membres de la famille, le développement du salariat – suivi d’une extrême mobilité des travailleurs suite à la formation de pôles d’emplois – ont, avec d’autres facteurs (à l’image des nouvelles pratiques culturelles permises/imposées par les technologies numériques, et principalement le smartphone), largement contribué à la dispersion des familles et à leur éclatement en petits noyaux ou, parfois, carrément en individus.

Le défi de la tendance au vieillissement de la population

La Journée nationale des personnes âgées, célébrée le 27 avril de chaque année, est une occasion pour le monde associatif algérien et les pouvoirs publics également pour faire un travail de sensibilisation en direction de toutes les composantes de la société afin de porter assistance aux personnes âgées, de les maintenir dans la dignité en leur offrant des conditions de vie adéquates et des soins appropriés.

Le plan conçu, il y a plus de dix ans, par le Comité national de la protection et du bien‑être des personnes de troisième âge, s’articulait sur la protection sociale, économique et juridique des personnes faisant partie de cette catégorie des personnes âgées ou troisième âge.

Cette catégorie, âgée de 60 ans et plus, compte actuellement près de cinq millions de personnes, dont 700 000 âgés de plus de 80 ans, sur une population algérienne globale de quelque 45 millions d’habitants.

La tendance au vieillissement graduel de la population a été déjà ressentie dans les résultats des deux recensements généraux de la population et de l’habitat effectués en 2008 et 2022.

C’est là une tendance qui se confirme de jour en jour, due principalement au recul relatif de la natalité et à l’augmentation de l’espérance de vie permise par les progrès de développement humain consentis par l’Algérie au cours des deux dernières décennies.

Des transferts sociaux pour une prise en charge digne et adéquate

Avant de mettre en avant les actions de solidarité et de l’action sociale – relevant aussi bien des associations, de la progéniture et des pouvoirs publics –, il y a lieu de mettre en relief ce segment final de la vie professionnelle des individus et qui a pour nom « retraite ».

La massification, jusqu’en 2017, des départs en retraite anticipée de jeunes cadres de 50 ans, ajoutée à la retraite normale à 60 ans, n’a pas manqué de mettre à mal la caisse de retraite (CNR), souvent sauvée par les subventions de l’État.

Les estimations faites au moment de ces grands départs – au milieu des années 1990, sous le régime du Plan d’ajustement structurel (PAS) dicté par le FMI à notre pays – faisaient ressortir la proportion d’un cotisant actif pour huit retraités.

C’était en pleine débandade économique où les entreprises publiques avaient « libéré » un demi‑million d’employés en moins de trois ans.

Avec l’amélioration, ces dernières années, du champ de l’emploi, le rapport serait de deux cotisants pour un retraité. Selon les estimations du Conseil national économique, social et environnemental (CNES), pour assurer l’équilibre financier du système de retraite, il est recommandé d’avoir au moins 4 cotisants actifs pour un retraité.

Le rapport de 3,5 à 4 cotisants actifs est nécessaire pour maintenir la pérennité du système de retraite actuel, basé sur la répartition et la solidarité intergénérationnelle.

Le gouvernement a toujours tenu à assurer, par le moyen des transferts sociaux du budget de l’État, les minima sociaux qui font élever le montant de la retraite assez régulièrement, et souvent avec les augmentations de salaires. Le différentiel de cotisation qui manquerait pour financer les retraites est assuré par le Trésor public.

Les transferts sociaux touchent également la catégorie des personnes âgées, particulièrement des femmes – parfois veuves, sans enfants – ne possédant aucune retraite, parce que n’étant jamais affiliée à une caisse d’assurance. Depuis septembre 2023, l’allocation de solidarité pour les personnes handicapées à 100 % (âgées de plus de 18 ans et sans revenu) est passée à 12 000 dinars.

Pour les titulaires d’une pension d’invalidité (2ᵉ et 3ᵉ catégories) dont le montant est inférieur à 15 000 dinars, une indemnité complémentaire mensuelle de pension de retraite et d’invalidité (ICPRI) permet de porter le montant net à 15 000 DA par mois, cela, outre la couverture sociale (carte Chiffa).

A. N. M.

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