Assurément, le 8 mars, Journée internationale de la femme, ne se confine plus, en Algérie, dans l’ancien «folklorisme» consistant à célébrer l’accès de la femme à l’éducation et au travail, ou bien à mettre en avant un quelconque article ‘’progressiste’’ du statut personnel (Code la famille). En effet, la femme algérienne, malgré quelques aléas que continue de traîner le Code de la famille, se manifeste aujourd’hui, de façon vigoureuse, sur un autre front, celui de la participation, déterminée et déterminante, à la modernisation de l’économie nationale.
Par Amar Naït Messaoud
Ainsi, la «question» de la femme commence à sortir progressivement des anciennes ornières du militantisme politicien, pour emprunter les voies pratiques de l’organisation efficace sur le terrain, dans les différents segments de la vie sociale (entrepreneuriat, recherche scientifique, représentation politique, culture, médias, sport…).
La femme algérienne, dans la vision qu’elle a développée dès les premières années de l’Indépendance, sur les conditions de sa promotion et de la réalisation de son statut de citoyenne à part entière, est incontestablement l’héritière de la femme qui a amplement participé à la guerre de Libération aux côtés de ses frères hommes, et ce, de diverses façons, allant de la logistique et de l’approvisionnement des maquis jusqu’à la fabrication de munitions, de la lutte sur la ligne de front et du sacrifice suprême.
Cette histoire riche et exaltante de la femme algérienne au cours de la deuxième moitié du XXe siècle lui ouvrit la voie, à l’Indépendance, vers un rang et un horizon amplement mérités. Cela ne se fit pas sans accroc ni résistance.
C’est dans une nouvelle lutte — celle des anciennes organisations de masse, des associations, des syndicats, des unités de production, des fermes, des universités et, plus tard, des partis politiques — qu’elle devait faire valoir sa place dans la société et l’exercice de ses droits.
Dans ce cadre, elle avait livré une lutte homérique contre l’adoption, en 1984, du Code de la famille, lequel, à ses yeux, ne répondait pas totalement aux ambitions d’émancipation de la femme algérienne.
Il est vrai que ce texte a subi quelques améliorations au début des années 2000, mais la vigilance et la lutte pour l’élargissement des libertés animent toujours le quotidien des femmes, si bien que le champ économique et social a connu une évolution fulgurante en matière de présence féminine.
C’est, en effet, le champ économique et social qui commence à imposer la présence de la femme et à travailler graduellement pour la consécration du concept d’autonomie tant porté et défendu par les organisations nationales et internationales de défense des droits de la femme.
Dans l’aire même — dans les pays occidentaux — où des progrès inhérents à la promotion du statut de la femme sont considérés comme les plus avancés, des mouvements féministes, des intellectuels et d’autres forces sociales jugent que la discrimination est toujours de mise et que l’égalité entre l’homme et la femme reste encore à conquérir.
Pour cette nouvelle entreprise tendant à mieux faire avancer la cause des femmes, un nouveau concept a été introduit dans la littérature politique depuis les années quatre-vingt-dix du siècle dernier. Il s’agit de la parité hommes-femmes. Et dans tous les programmes de développement, une nouvelle notion a émergé, celle dite de la question du Genre.
Un large portefeuille d’activités
Outre le secteur de l’administration, et plus singulièrement la santé et l’éducation où la présence féminine est la plus importante, la femme algérienne commence à investir le monde de l’entreprise et à y acquérir de plus en plus de poids et de visibilité.
En effet, l’implication de la femme dans le monde des affaires a connu une progression fulgurante ces deux dernières décennies. Longtemps cantonnées au secteur informel ou aux métiers de l’artisanat, les Algériennes investissent aujourd’hui des secteurs de pointe (technologie, industrie, services).
L’accès aux études universitaires et à la formation, de façon générale, a multiplié les domaines d’activités des femmes, allant de l’agriculture, de l’exploitation des plantes médicinales et de l’élevage professionnel jusqu’aux start-up versées dans le numérique, en passant par l’enseignement privé, les crèches et autres «event planners» (organisatrices d’événements).
Pour cela, un grand nombre d’entre elles ont bénéficié des soutiens de l’État matérialisés dans les dispositifs de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (ANADE), de l’Agence nationale de gestion du microcrédit (ANGEM) et de la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC).
A. N. M.







