Considéré comme l’un des secteurs industriels sur lesquels l’Algérie s’appuie pour la diversification de son économie et surtout pour la redynamisation de l’industrie nationale et porter sa contribution au PIB à 10 et 12 %, l’industrie automobile se prépare à entrer dans une nouvelle dynamique de structuration.
Par Hakim O.
En effet, un référentiel national d’intégration dans l’industrie des voitures, autobus et motocycles sera bientôt mis en place. Un groupe de travail vient d’être installé par le Premier ministre, Sifi Ghrieb.
Ce référentiel constituera, précise un communiqué du Premier ministre, «le document de référence pour le calcul des taux d’intégration réalisés par les constructeurs en vue de leur permettre d’obtenir les avantages préférentiels prévus dans le cadre législatif et réglementaire régissant cette activité».
Ce document référentiel permettra aussi de «mettre en place un socle pour la création et le développement d’un réseau national intégré de sous-traitants spécialisés dans la fabrication des différentes pièces et composants liés à cette industrie dans le but d’augmenter progressivement le taux d’intégration nationale, ce qui contribuera à asseoir une véritable industrie automobile durable et à opérer une intégration effective dans les chaînes de valeur y afférentes», ajoute la même source.
À travers cette initiative, l’État vise à créer de nouveaux postes d’emploi durables dans diverses branches liées à cette industrie et à renforcer le transfert technologique, en sus de développer les compétences nationales et de réduire la facture d’importation des pièces détachées et des composants.
À travers ce nouveau mécanisme, l’Algérie affiche ses ambitions et veut s’inscrire dans les chaînes de valeur mondiales de l’industrie automobile, et ce, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait rejeté depuis son arrivée au palais d’El-Mouradia le modèle de simple assemblage, qualifié d’ailleurs de «gonflage de pneus» et d’une importation déguisée.
Un message clair aux constructeurs mondiaux d’automobiles : ceux qui veulent opérer sur le marché algérien doivent impérativement investir dans la réalisation de véritables usines de fabrication, avec des taux d’intégration appréciables.
Sur ce point, le gouvernement est intransigeant. Le constructeur automobile est appelé, dès le départ, à la constitution d’un réseau national de sous-traitance pour atteindre un taux d’intégration de 40 % dès la cinquième année du lancement de la fabrication de véhicules.
Auparavant, le cahier des charges prévoyait 10 % à la 2e année, 20 % à la 3e année et 30 % à la cinquième année. Un taux certes élevé, mais réalisable au regard des potentialités existantes en Algérie. Les performances enregistrées par le constructeur «FIAT» du groupe Stellantis, dont l’usine a été inaugurée en décembre 2023, sont à méditer.
Ce dernier a réussi, d’ailleurs, à augmenter son taux d’intégration progressivement en atteignant déjà les 20 % fin 2025, et se prépare à l’augmenter à 30 % dès cette année (2026), dépassant ainsi le seuil réglementaire de 30 % prévu pour 2028.
Cette dynamique de production, incluant le ferrage et la peinture, vise à augmenter la fabrication locale de pièces de rechange et le taux d’intégration.
Des exigences claires pour les constructeurs
Ce résultat témoigne de la réussite de la politique du ministère de l’Industrie, qui incite les opérateurs locaux de pièces de rechange à l’amélioration de leur production en s’engageant dans un processus de certification et d’homologation pour inciter les partenaires à utiliser les pièces produites en Algérie.
«Nous envisageons d’atteindre 30%, voire plus, dans les premières années et aller jusqu’à 60 % d’intégration», avait déclaré le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir.
Il est à rappeler qu’en mars 2025, des protocoles d’accord ont été signés entre le ministère de l’Industrie, les constructeurs automobiles en Algérie et le comité de suivi de l’activité de fabrication de pièces de rechange, dont le but est de créer un réseau national de certification de la pièce de rechange.
Cette opération est considérée comme un maillon essentiel pour favoriser le développement de la sous-traitance et des industries de fabrication locales.
Parmi les objectifs de ce réseau : «le renforcement de l’intégration locale en permettant aux constructeurs de recourir aux produits locaux, le respect des clauses du cahier des charges exigeant l’augmentation progressive du taux d’intégration locale, ainsi que la promotion de la filière de fabrication des pièces de rechange, à travers la réunion de toutes les conditions favorables en faveur des fabricants de composants et d’accessoires, tout en leur permettant d’adhérer au système de production nationale et internationale».
Il s’agissait également «d’établir une coopération efficace entre les constructeurs de véhicules et les fabricants de pièces de rechange, en vue d’approvisionner le marché de l’après-vente en produits de haute qualité répondant aux normes techniques requises».
Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, qui s’exprimait le 12 février 2026 devant le Parlement, a indiqué que le développement de l’industrie automobile fait partie des priorités de l’État, en raison de son rôle dans le soutien du pouvoir d’achat et dans la relance de l’activité industrielle. Il a souligné que la production de véhicules de tourisme et utilitaires est encadrée par des conditions strictes prévues par le décret exécutif n° 22-384 du 17 novembre 2022.
À ce titre, cinq demandes d’agrément ont été déposées sur la plateforme de l’Agence algénienne de promotion des investissements (AAPI). Selon les explications fournies, l’examen technique de ces dossiers a conduit à l’octroi de deux autorisations préalables et d’un agrément définitif.
Le seul constructeur ayant obtenu l’agrément est Stellantis El Djazaïr, qui a lancé la production de véhicules de la marque Fiat en décembre 2023. Deux autres constructeurs, à savoir Chery et Hyundai Motors Manufacturing Algeria, sont en attente de l’obtention d’un agrément définitif.
Concernant les deux autres projets automobiles enregistrés auprès de l’AAPI, Yahia Bachir a indiqué qu’ils se trouvent à un stade avancé d’étude et que leur annonce interviendra après l’octroi des autorisations préalables.
H. O.







