L’Algérie a atteint un niveau appréciable dans le processus de numérisation des données, de la gestion en général et a atteint, par là même, un stade avancé dans le processus de transformation numérique, a affirmé, hier, Houari Tagharsi, professeur en économie à l’université d’Alger. Il était ‘L’Invité du matin’, de la Radio Chaine Une. A titre indicatif, il a cité les secteurs de l’Enseignement supérieur et l’Intérieur en grande partie. Aujourd’hui nous disposons d’infrastructure de base, à l’exemple des Data centres (celui Alger opérationnel, celui Blida la réalisation a atteint 70%), ainsi que de cadre législatif capables d’offrir de meilleurs services aux concitoyens, tout en assurant une protection des données personnelles, a-t-il ajouté.
Par Lyes Fettah
Toutefois, des problèmes existent, selon lui, empêchant une numérisation optimale. Il a évoqué le manque de liaisons et de complémentarité entre les secteurs, les lenteurs administratives, ainsi que l’absence d’unification des données.
Pour illustrer cet état de fait, il fait savoir que la Cour des comptes ne peut accomplir ses missions de contrôle de la gestion budgétaire de certains organismes qu’après quelques années en l’absence de procédés numériques, alors qu’avec ces méthodes technologiques elle peut le réaliser à la clôture de l’exercice. Ces problèmes constituent les défis et les missions du Haut-Commissariat à la numérisation.
Pour cet universitaire, aujourd’hui l’un des piliers de l’économie numérique dans notre pays est les Startups, qui viennent en appui aux grandes entreprises économiques et industrielles.
Il estime qu’elles peuvent apporter des nouveautés et numériser davantage les prestations. Il a donné, dans ce sens, les Finances comme secteur attractif (la Bourse, les impôts, les domaines, les banques et assurances…).
La ressource humaine est l’autre élément clé dans la réussite de la mise en œuvre de toute action de numérisation et de pouvoir réussir la transformation à l’échelle nationale.
L’invité de la Radio préconise la création de postes budgétaires, la formation de qualité et les recyclages continus, ainsi que la facilitation de l’intégration la stabilité pour les nouvelles recrues.
Il souligne, par ailleurs, la nécessité d’avoir des centres de données numériques qui rassemblent et qui fournissent, en même temps, la donnée ou l’information fiable sur les différents secteurs, notamment, ceux économiques. Dans le contexte, il a appelé à réaliser une fusion entre le numérique et l’intelligence artificielle.
L’Agriculture national un secteur stratégique
Pour lui, bâtir une économie de la connaissance et, à la fois, numérique passe impérativement par tout cela. C’est ainsi qu’on pourra arriver à la gouvernance électronique et asseoir surtout une réelle souveraineté numérique, a-t-il souligné.
A titre de comparaison, il a avancé qu’aux Etats Unis des recettes et des bénéfices estimés à des trillions de Dollars proviennent chaque année de cette économie. Celle-ci représente 30% Produit intérieur brut en Chine.
Sur un autre plan, il a fait savoir que l’agriculture a accompli d’énormes évolutions avec près de 40 milliards de Dinars de recettes et de près de 20% du Produit intérieur brut sachant que pas moins de 8,5 millions hectares constituent le foncier agricole.
A Adrar, 92 quintaux de récoltes (différentes cultures) dans un seul hectare. Ceci, grâce méthodes intelligente et à l’usage optimal de la numérisation dans l’irrigation, augmentation et la diversification de la productivité, ainsi que la distribution des produits agricoles.
Dans le même sillage l’apport des Startups s’avère indispensable, en encourageant les porteurs de projets à intégrer ce secteur. Ceci permettrait de dynamiser l’industrie agroalimentaire qui couvre une bonne partie des besoins de la consommation nationale et faire augmenter son rendement pour atteindre des niveaux plus élevés.
Enfin, l’orateur recommande l’appui aux agriculteurs notamment, à travers les crédits et la facilitation d’accès au foncier. Il plaide aussi pour l’instauration du couloir vert en vue de faciliter l’importation des engins, des semences et autres intrants.
Il termine par la nécessité d’impliquer davantage le secteur privé 85% de l’économie nationale.
L.F.







