La GSMA, l’organisation mondiale représentant les opérateurs mobiles, s’apprête à faire bénéficier des startups africaines d’un fonds de financement stratégique, visant à soutenir les start-ups en Afrique et dans d’autres pays émergents. Selon le site AfriqueITNews.com (aitn), qui rapporte l’information, l’organisation, en effet, vient de lancer cette initiative en faveur des start-up développant des solutions vertes dans les pays à revenu faible et intermédiaire, et dont les régions africaines figurent parmi les cibles prioritaires.
Par Hakim O.
Concrètement, le fonds compte mettre à disposition des start-up sélectionnées des subventions sans prise de participation, comprises entre 100 000 et 200 000 livres sterling (environ 135 000 à 270 000 dollars), assorties d’un accompagnement technique sur une période de 15 à 18 mois.
Quels domaines prioritaires vise le programme ?
Le fonds cible les solutions numériques favorisant :
- la transition énergétique propre ;
- l’inclusion numérique ;
- l’économie circulaire (réparation et reconditionnement d’appareils mobiles) ;
- l’innovation climatique.
Plus en détail, il s’agit notamment de promouvoir :
- l’accès à l’énergie propre pour les communautés hors réseau ;
- des solutions solaires ou hybrides pour alimenter les infrastructures télécoms ;
- le recyclage et le reconditionnement des téléphones mobiles ;
- les modèles d’économie circulaire appliqués au numérique ;
- les technologies mobiles favorisant l’efficacité énergétique.
Outre le financement, les lauréats bénéficieront d’une assistance technique et d’opportunités de partenariats avec des opérateurs mobiles afin de faciliter le passage à l’échelle de leurs services.
Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 6 avril 2026. Les projets devront durer entre 15 et 18 mois et un cofinancement d’au moins 25 % des coûts totaux est exigé de la part de la start-up.
À noter que, parallèlement, la GSMA a lancé en janvier 2025 le GSMA Innovation Fund for Impactful AI, doté de subventions pouvant atteindre 250 000 £, pour soutenir des solutions fondées sur l’intelligence artificielle en Afrique et en Asie.
Infrastructures numériques et enjeux environnementaux
En Afrique, le déploiement massif des infrastructures numériques et l’explosion de la consommation d’équipements génèrent des défis écologiques majeurs.
Le continent fait face à une accumulation rapide de terminaux et d’équipements en fin de vie. L’Afrique pourrait générer 72 millions de tonnes de déchets électroniques d’ici 2030, soit 20 fois plus qu’en 2019, alors que le taux de recyclage formel demeure inférieur à 1 % à l’échelle continentale.
Le développement du réseau physique (tours, câbles, data centers) exerce également une pression environnementale significative. L’exploitation des réseaux consomme d’importantes quantités d’énergie. Dans de nombreuses zones mal alimentées en électricité, les tours télécoms dépendent encore de générateurs diesel polluants.
Par ailleurs, la construction de nouvelles infrastructures (pylônes, fibre optique) peut entraîner la déforestation et la fragmentation des habitats naturels. Le numérique représente aujourd’hui environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En Afrique, la fabrication des appareils — qui constitue 82 % de leur empreinte carbone totale — demeure le principal facteur d’impact.
Quelles solutions face à ces défis ?
Face à ces enjeux, des modèles circulaires émergent. Des entreprises et ONG au Cameroun, au Bénin et dans d’autres pays tentent de structurer des filières de collecte et de valorisation afin de transformer ces déchets en ressources.
D’autres initiatives innovantes voient le jour, comme les poubelles connectées Digital Smart Trash en Côte d’Ivoire ou Rôbalôtô au Togo, qui visent à optimiser le tri et la collecte grâce aux technologies numériques elles-mêmes.
Par ailleurs, un plaidoyer est en cours pour harmoniser les politiques régionales et appliquer plus rigoureusement la Convention de Bâle ainsi que la Convention de Bamako relatives au transfert transfrontalier de déchets dangereux.
H. O.







