Rien ne va plus dans le secteur du Commerce. Le premier responsable de ce département ministériel, en l’occurrence, Kamel Rezig, fait face à une pression terrible. Il est devenu la cible de toutes les critiques, notamment, suite à l’« échec» de ses services dans la régulation du marché.
Akrem R
Les préparatifs et mesures prises afin de garantir un ramadhan plus au moins «clément», n’ont, en finalité aucun effet sur le terrain. Durant les premiers jours de ce ramadhan, les prix de certains produits très prisés par les Algériens ont atteint des seuils inouïs.
Même les foires dédiées à la vente promotionnelle, annoncées en grandes pompes par son département ministériel, sont peu visibles. D’ailleurs, les ménages se sont montrés mécontents et insatisfaits des produits présentés dans les foires et dont les prix sont loin de toute vente en promotion. Le débrayage des fonctionnaires et agents de contrôle du Commerce ont aggravé la situation, faisant que la mise en place du programme du ministère devient pratiquement impossible, notamment, en matière de contrôle et de lutte contre la spéculation.
En effet, la tutelle est appelée à revoir sa stratégie en réglant le dossier des revendications sociale de ses fonctionnaires avant de s’attaquer à l’organisation de l’activité commerciale, versée dans l’anarchie, dont la sphère informelle est prédominante.
D’ailleurs, c’est ce que les fonctionnaires et les agents de contrôle affiliés à la centrale syndicale UGTA, ont réitéré ont réitéré comme revendications socioprofessionnelles lors d’un sit-in national observé, hier, mercredi, devant le siège du ministère du Commerce. En grève déjà depuis 4 jours, les protestataires, venus des quatre coins du pays, qui se disent marginalisés et délaissés par leur tutelle, ont scandé des slogans hostiles au ministre Kamel Rezig qui «n’a pas tenu à ses engagements». « Ministère sans décision», «Nous demandons une couverture législative et non policière», «Un statut particulier pour les agents de contrôle», peut-on lire sur des pancartes portées par ces fonctionnaires en colère contre leur situation socioprofessionnelle, mais également, contre le silence et le mutisme du premier responsable de ce ministère. « Nous sommes en grève pour la deuxième semaine consécutive. Notre ministre n’a pas bougé et il n’a même pas ouvert le dialogue avec notre syndicat», a déploré le secrétaire général du syndicat des fonctionnaires du Commerce (SNTC) affiliée à l’UGTA, Ahmed Allali. Il a précisé que face au «silence et le désengagement de la tutelle, les travailleurs n’ont pas d’autres choix. D’ailleurs, cette action, «sit-in national», est la meilleure réponse pour nos responsables», tout en soulignant que leurs revendications sont de l’ordre socioprofessionnelle, «loin de toute autre ambition, comme certains veulent le prétendre. Le syndicat exige, dira-t-il, que les promesses du ministre soient tenues».
Le SG du SNTC a rappelé dans ce cadre, que le ministre Kamel Rezig « nous a promis de prendre en charge nos doléances en janvier dernier. Trois mois après, aucune revendication n’a été satisfaite jusqu’à présent, et ce, malgré les efforts que nous avons consentis lors de la période de la pandémie, où nous étions au premier rang pour veiller à l’application des mesures barrières contre la Covid-19 et traquer les commerçants spéculateurs».
Nos salaires varient en 20 000 à 32 000 DA !
Ces fonctionnaires affirment qu’ils sont exposés à de multiples contraintes lors de leurs sorties sur le terrain et également à des menaces de la part de certains commerçants qui osent même agresser physiquement les agents de contrôle ! C’est inadmissible indique le syndicaliste qui interpelle le président de la République, Abdelmadjid Teboune, afin d’intervenir et mettre fin au calvaire des agents de contrôle du Commerce qui perdure depuis des années.
Ahmed Allali, a rappelé, par ailleurs, que quand le président Tebboune avait occupé le poste du ministre du Commerce par intérim, il avait demandé de mettre les moyens nécessaires pour les fonctionnaires, en les renforçant par des moyens humains. Les 9 000 agents de contrôles sont insuffisants pour contrôler les 2,5 millions de commerces répartis à travers le pays. « Les pays qui se respectent accordent une attention particulière au contrôle et à la protection du consommateur. Nous sommes le seul secteur qui n’a pas connu de changements en matière de lois et de pouvoir d’achat des fonctionnaires. Nos salaires varient entre 20 000 à 32 000 DA ! Et avec un régime indemnitaire très faible (5 000 DA de prime de rendement chaque 6 mois), comparativement à celui des impôts, dont la prime peut atteindre les 150 000DA ! Nos missions de contrôle apportent de l’argent au Trésor Public», a-t-il lancé. Il y a lieu de rappeler que les revendications socioprofessionnelles soulevées par l’organisation syndicale, datent de 2018. Elles ont pour objectif d’améliorer les conditions et moyens du travail. Elles portent sur la révision du statut particulier des fonctionnaires du secteur, sur la révision du décret exécutif 205/11 portant régime indemnitaire des corps spécifiques du secteur du Commerce. Ils réclament une promotion à des grades supérieurs, le versement des sommes obtenues du recouvrement des contraventions rédigées par les agents de contrôle dans le compte spécial créé suivant la loi 238-06, portant création de la caisse des recettes complémentaires, et sur la réactualisation de la prime de l’IFRC.
A.K







